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African Business

Dix propositions de « Dr Adesina » pour l’Afrique

Dix propositions de « Dr Adesina » pour l’Afrique
  • Publiémai 31, 2024

La Banque africaine de développement et l’Union africaine vont proposer des instruments de financement pour promouvoir la paix et renforcer la sécurité, révèle Akinwumi Adesina.

« L’intégration africaine est l’affaire de tous ! » Ainsi s’est exclamé le président de la BAD (Banque africaine de développement), à l’occasion de l’une des dernières réunions de haut niveau organisée par son institution à l’occasion de ses Assemblées générales, le 30 mai 2024.

« Dr Adesina » a décliné une dizaine de propositions : renforcer les appuis au secrétariat exécutif de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) ; développer les corridors régionaux (route, rails) qui sont « fondamentaux » pour l’intégration régionale et la mise en œuvre de la ZLECAf ; développer les lignes de transport électriques ainsi que la production énergétique.

De son côté, Njuguna Ndung’u, secrétaire de cabinet du Trésor national du Kenya, a exhorté les gouverneurs à « approfondir les discussions » sur l’augmentation du capital exigible de la BAD.

Sur ce point, la Banque mondiale et la BAD se sont engagées à fournir de l’électricité à 300 millions de personnes d’ici 2030, soit la moitié de ceux qui en sont actuellement privés. La BAD mise également sur son programme Desert-to-Power pour fournir de l’électricité d’origine solaire à 250 millions de personnes supplémentaires.

Outre la prise en charge des jeunes à travers la création d’emplois grâce au développement du secteur manufacturier et agricole – principaux pourvoyeurs d’emplois –, Akinwumi Adesina a préconisé le développement de l’économie numérique. Ce qui inclut, à son sens, l’intelligence artificielle, les Datacenters. En outre, il souhaite le développement des zones spéciales agroalimentaires pour exploiter l’énorme potentiel agricole du continent ; le développement du secteur manufacturier à travers la création de valeur ajoutée grâce aux industries de transformation ; le développement du paiement numérique et l’investissement dans les Fintech. Enfin, il préconise le développement du marché de capitaux et la création d’un marché aérien pour réduire les coûts « exorbitants » au niveau interafricain, afin de renforcer l’intégration régionale.

 

De nouveaux instruments pour la Paix

Outre ces pistes de réflexion, Akinwumi Adesina a rappelé qu’il n’y avait pas de développement sans sécurité. La BAD prépare, en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, des instruments de financement pour promouvoir la paix et renforcer la sécurité. Elle compte investir dans la reconstruction d’infrastructures (écoles, barrages, routes) détruites durant les conflits, ainsi que dans l’éducation, la santé et dans le renforcement des capacités et des institutions de sécurité.

Chileshe Mpundu Kapwepwe
Chileshe Mpundu Kapwepwe

 

« L’absence de sécurité augmente le niveau de risque perçu chez les investisseurs. Nous discutons avec l’Union africaine de la mise en place d’une facilité pour soutenir les communautés économiques régionales et l’architecture de sécurité africaine », a-t-il précisé.

Deux autres chantiers avancent : la création d’une agence de notation africaine indépendante et la création d’un mécanisme africain de stabilité pour aider les pays à faire face aux chocs économiques.

Parmi les nombreuses interventions durant cette réunion, notons celle de Chileshe Mpundu Kapwepwe. La secrétaire générale du Marché commun de l’Afrique orientale et australe a insisté sur le renforcement des capacités « pour produire et commercer sur place en Afrique ». Tandis qu’Alain Ebobissé, président du fonds Africa50, et Serge Ekué, directeur général de la Banque Ouest-africaine de développement, ont noté que les institutions africaines de financement du développement sont capables de mobiliser elles-mêmes des moyens de financement sans intervention extérieure, au profit de certains grands projets intégrateurs.

Alain Ebobissé, le 30 mai 2024.
Alain Ebobissé, le 30 mai 2024.

 

Pour la directrice générale du Nepad-AUDA, Nardos Bekele-Thomas, il faudrait davantage de synergies pour une mutualisation des expériences en matière d’intégration. Et Hannan Morsy, secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, saluant la canalisation des droits de tirage spéciaux du FMI vers les banques multilatérales de développement, a indiqué que son institution était disposée à coordonner les discussions sur la réforme de l’architecture financière mondiale. Une priorité, pour la BAD.

 

Renforcer l’architecture financière mondiale

Au cours des Assemblées générales, les dirigeants africains ont rejoint l’appel à l’action de la BAD pour réformer l’architecture financière mondiale. Par exemple, le Kenya, pays hôte, contribue à hauteur de 20 millions de dollars au guichet de financement concessionnel de la Banque ; il s’engage à augmenter sa contribution en fonds propres.

Le président du Kenya, William Ruto, a souligné la nécessité d’un changement : « Il est impératif de transformer l’architecture financière internationale pour donner à l’Afrique une chance équitable de transformer son immense potentiel en opportunités de surmonter les multiples défis et de se développer de manière inclusive et durable. »

William Ruto, le 27 mai 2024 à Nairobi.
William Ruto, le 27 mai 2024 à Nairobi.

 

De son côté, Njuguna Ndung’u, président du Conseil des gouverneurs du Groupe de la BAD et secrétaire de cabinet du Trésor national du Kenya, a exhorté les gouverneurs à « approfondir les discussions » sur l’augmentation du capital exigible de la BAD. « Cela protégera durablement la notation triple A de la BAD contre les chocs extérieurs récurrents, y compris la dégradation de la notation de ses actionnaires triple A, et lui permettra de maintenir sa trajectoire de prêt et de préserver sa position en tant que prêteur stratégique et première institution de financement du développement en Afrique. »

 

AD, à partir de comptes rendus de la BAD.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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