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Des réformes bienvenues en Algérie

Des réformes bienvenues en Algérie
  • Publiédécembre 15, 2023

Les perspectives à court terme de l’économie algérienne sont favorables, mais l’inflation demeure élevée, juge le FMI. L’institution, saluant les réformes économiques et monétaires engagées, appelle le pays à diversifier davantage son économie.

 

Une mission du FMI (Fonds monétaire international) dirigée par Chris Geiregat vient d’achever ses travaux avec un sentiment partagé, à l’égard de l’Algérie. Une économie qui a plutôt bien résisté aux chocs de ces dernières années reste néanmoins sensible aux tensions inflationnistes.

Les perspectives économiques à moyen terme sont tributaires des réformes visant à diversifier l’économie, et assurer une croissance inclusive, tirée par le secteur privé, ainsi que la création d’emplois. La persistance d’une inflation élevée, la volatilité des prix des hydrocarbures et les effets du changement climatique constituent des risques majeurs.

« La mission encourage les autorités à poursuivre la voie des réformes en éliminant les barrières administratives et en l’améliorant la flexibilité des marchés des produits et de l’emploi. »

La photographie est de qualité : la croissance économique devrait atteindre 4,2 % en 2023 grâce à une croissance robuste dans les secteurs des hydrocarbures, de l’industrie, de la construction et des services. Le solde des transactions courantes de la balance des paiements devrait enregistrer un excédent pour la deuxième année consécutive en dépit de la baisse des prix des hydrocarbures. Les réserves internationales sont à un niveau confortable, équivalent à 14 mois d’importations à fin octobre.

Les augures à court terme sont globalement favorables. La croissance devrait rester robuste en 2024, et l’inflation devrait se modérer. Le solde des transactions courantes de la balance des paiements devrait enregistrer un léger excédent du fait de la baisse supplémentaire des prix des hydrocarbures et d’une hausse modérée des importations. Le déficit budgétaire devrait se creuser davantage en 2024 du fait de la hausse des dépenses salariales, des transferts budgétaires, et des dépenses d’investissement public. Néanmoins, ce déficit serait partiellement financé à travers le retrait des recettes des hydrocarbures accumulées.

Toutefois, les risques demeurent, surtout ceux résultant de l’inaction. L’inflation pourrait demeurer élevée et la volatilité des prix des hydrocarbures pourrait avoir un impact sur la croissance et les recettes budgétaires. La persistance de déficits budgétaires élevés éroderait la marge de manœuvre budgétaire, provoquant un resserrement des contraintes de financement et une hausse de la dette publique. Plus spécifiquement, poursuit le chef de la mission du FMI, l’« économie algérienne est hautement vulnérable aux effets du changement climatique, tel qu’illustré par les épisodes récents de sécheresse ».

 

L’outil négligé du taux d’intérêt

Et le FMI de déduire que les perspectives économiques pourraient s’améliorer grâce à la poursuite des réformes visant à diversifier l’économie – et donc réduire sa dépendance aux hydrocarbures –, à établir une croissance plus forte et soutenable et à stimuler la création d’emplois. Ces réformes nécessiteraient une mise en œuvre continue du Plan d’action du gouvernement, une hausse de l’investissement privé, une amélioration du climat général des affaires, un plus grand développement des marchés financiers domestiques et la recherche de nouvelles opportunités pour les exportations hors hydrocarbures.

Au plan budgétaire, l’adoption d’un cadre de moyen terme pourrait contribuer à protéger la politique budgétaire de la volatilité des recettes des hydrocarbures et d’autres chocs. L’élaboration de plans de financement à moyen terme aiderait à diversifier les sources de financement – telles que les produits d’épargne à long terme – et à réduire ainsi la dépendance à l’égard du secteur bancaire domestique.

Bien sûr, le pays n’est pas resté inactif ces dernières années. Le FMI « salue les progrès continus » enregistrés en matière de réforme des finances publiques, citant l’introduction du budget programme et la création de contrats de performance pour les gestionnaires, « qui devraient améliorer la transparence et la redevabilité en matière d’exécution budgétaire ».

Face à l’inflation, la Banque centrale garde une marge de manœuvre pour augmenter ses taux d’intérêt, un outil trop peu utilisé, suggère le FMI. Qui en revanche, se félicite de l’adoption de la nouvelle loi monétaire et bancaire qui vise à stimuler l’innovation et l’inclusion financières – comme la création des institutions bancaires numériques ou islamiques. Le dispositif vise aussi à moderniser les outils à la disposition de la Banque centrale en matière de supervision financière et de gestion des crises, et à réformer son organisation.

 

Mieux accompagner le secteur privé

Le FMI suggère également une amélioration des outils d’analyse et de prévision, y compris une mise à jour de l’indice des prix. Le tout dans la perspective d’une gestion « proactive ».

Chef de mission du FMI, Chris Geiregat est reçu par le ministre du Commerce et de la promotion des exportations, Tayeb Zitouni, le 12 décembre 2023.
Chef de mission du FMI, Chris Geiregat est reçu par le ministre du Commerce et de la promotion des exportations, Tayeb Zitouni, le 12 décembre 2023.

 

Les autorités algériennes ont mis en œuvre plusieurs initiatives pour améliorer le climat des affaires, diversifier l’économie et promouvoir les investissements privés, reconnaît le FMI. La nouvelle loi relative à l’investissement vise à soutenir l’initiative privée et sera mise en œuvre par une nouvelle agence de promotion de l’investissement. Les banques algériennes ont commencé récemment à établir des filiales à l’étranger pour accompagner les entreprises exportatrices. Les autorités mettent en œuvre une vaste stratégie de numérisation pour améliorer la prestation de services, la gouvernance et la transparence. « La mission encourage les autorités à poursuivre la voie des réformes en éliminant les barrières administratives et en l’améliorant la flexibilité des marchés des produits et de l’emploi », conclut l’économiste du FMI.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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