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African Business

Des patrons optimistes

Les dirigeants africains font preuve d’optimisme, à court terme et dans la perspective de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange. Ils s’attendent, révèle une enquête du PAFTRAC, à une croissance de leur activité et à une facilitation accrue du commerce intra-africain.

Par Véronique Clara-Veronne 

Une vision optimiste du commerce africain, à court et moyen terme. C’est ce qui ressort de l’enquête publiée ce 14 décembre 2021 par le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (PAFTRAC). Mené par IC Publications et Botho Emerging Markets Group, l’enquête d’opinion s’est adressée, dans 46 pays africains, à des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs représentatifs du continent.

Les PDG considèrent que les principaux défis à la reprise économique de l’Afrique sont le manque d’accès au financement, l’impact continu de la pandémie sur les opportunités économiques, et un ralentissement ou un manque d’investissements et de dépenses du secteur public.

Les dirigeants sont convaincus que leur entreprise sera en croissance en 2022. Une majorité est également optimiste quant aux perspectives de leur activité, de leur industrie et de la croissance économique au cours des 12 à 18 prochains mois.

En outre, 86,7% des personnes interrogées estiment que le commerce intra-africain augmentera, à la faveur de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).

Seulement 2,2% considèrent qu’elle aura un effet négatif. Parmi ceux qui s’attendent à un résultat positif, 87,3 % estiment que le libre-échange aura un impact modéré ou élevé.

Ils sont 71% à prévoir que la ZLECAf les encourage à investir dans l’expansion de leurs entreprises au niveau régional. Plus de la moitié (57%) juge également qu’elle ouvrira de nouveaux marchés pour exporter au niveau régional et fournira les cadres nécessaires pour augmenter leurs exportations régionales (62%).

Les quatre principales destinations d’exportation en Afrique sont l’Afrique du Sud (27 %), le Ghana (25 %), le Kenya (25 %) et le Nigeria (19 %).Un peu plus de la moitié des personnes interrogées s’attendent à ce que la ZLECAf encourage la création de pôles industriels régionaux.

Les atouts du numérique

L’étude a demandé aux personnes interrogées si le libre-échange était favorable, du point de vue de onze critères majeurs du commerce. La réponse est – largement – positive dans tous les cas. Les critères les plus favorisés par le libre-échange seraient la demande régionale, la compétitivité, la diversification des exportations, et les liaisons de transport.

Le panel se montre plus sceptique quant aux effets de la ZLECAf dans la lutte contre le commerce illicite et la corruption. « Malgré un sentiment généralement positif envers la ZLECAf, il semble que beaucoup ne la considèrent pas comme une panacée pour d’autres problèmes liés au commerce qui doivent nécessiter une coopération régionale supplémentaire », commente PAFTRAC.

Évoquant la numérisation du commerce international (actes de transferts, lettres de crédit, etc.), les dirigeants interrogés saluent l’avantage que les nouveaux outils procurent en matière d’accélération et de simplification du commerce. Cependant, déplorent-ils, un manque de normalisation réglementaire et technologique ralentit le processus dans de nombreux cas, tandis que les entreprises doivent supporter le coût du remplacement de la technologie existante.

Commentant l’enquête, Pat Utomi, le président de PAFTRAC, juge que « le sentiment positif exprimé par les participants à l’enquête démontre le potentiel de la ZLECAf et l’empressement du secteur privé africain à tirer parti des opportunités d’accès aux marchés qu’offre la zone de libre-échange ».

Cependant, poursuit-il, « l’accès aux informations commerciales, aux infrastructures adéquates et au financement du commerce apparaît comme des contraintes clés qui doivent être levées pour que les PME africaines puissent profiter des opportunités commerciales intra-africaines ».

Le besoin d’une plateforme commune

Interrogé sur la manière dont il apprend l’information relative au commerce africain, le panel est sans appel : presque toutes les personnes interrogées utilisent Internet comme source principale.

Ils passent par des moteurs de recherche, les médias sociaux, le courrier électronique ou de sites Web officiels pour trouver des informations sur les réglementations et les procédures relatives au commerce intra-africain. C’est pourquoi ils considèrent que les promoteurs de la ZLECAf doivent favoriser ces canaux.

PAFTRAC étude

PAFTRAC étude

Les dirigeants usent beaucoup moins d’autres ressources de recherche non en ligne, notamment les communications des autorités gouvernementales ou régionales (CEDEAO, CAE, etc.), les médias et les acteurs du secteur privé. « Cela démontre l’importance d’avoir une plateforme centrale, en ligne et facilement accessible qui peut consolider toutes les informations liées à la ZLECAf », commentent les éditeurs de l’étude.

D’ailleurs, un peu plus des trois quarts des personnes interrogées estiment qu’une plateforme en ligne pour connecter les acheteurs et les vendeurs dans différents pays et continents aiderait leurs entreprises à tirer davantage profit de la ZLECAf, tandis que les deux tiers sont favorables à la création d’un centre de ressources en ligne pleinement opérationnel pour agir en tant que un guichet unique.

Enfin, revenant sur les questions relatives à la conjoncture, l’étude révèle que les PDG africains considèrent que les principaux défis qui auront un impact négatif sur les perspectives de reprise économique de l’Afrique sont le manque d’accès au financement (64%), l’impact continu de la pandémie sur les opportunités économiques (61%) et un ralentissement ou un manque d’investissements et de dépenses du secteur public (48%).

Si la crise sanitaire n’est pas la plus grande menace à leurs yeux, plus de 70% des dirigeants redoutent les facteurs politiques et les effets fiscaux ou de financement. Parmi les facteurs spécifiques à leur industrie, les répondants citent une concurrence agressive, un accès limité aux matières premières et des coûts élevés pour exercer leur activité.

@VCV

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