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African Business

Des logements pour tous à Luanda

Luanda est aujourd’hui l’un des plus grands centres de construction sur le continent africain. On y voit partout des grues et des bétonneuses. Les tractopelles s’activent comme des fourmis…

Environ trois quarts des 4,3 millions d’habitants de Luanda vivent dans des bidonvilles, appelés musseques. Ils habitent des quartiers sans accès à l’électricité, à l’eau propre, et sans canalisations d’évacuation. Pourtant, Luanda est la ville la plus chère au monde pour les expatriés, avec des loyers mensuels entre 10 000 et 18 000 $ pour un logement moderne de cinq pièces.

Le gouvernement dirige activement le développement urbain de Luanda, y compris dans les quartiers résidentiels.

Pour réduire le déficit de logements, de nouvelles villes sont bâties, généralement à la périphérie des plus grandes cités du pays, en particulier autour de Luanda, comme Km 44, Capari, Kilamba Kiaxi, Cacuaco et Zango, qui sont en cours de construction ou en projet.

Actuellement, le projet de Kilamba Kiaxi, situé à une vingtaine de kilomètres du centre de Luanda, est le plus avancé. Malgré l’insuffisance de logements, la plupart des appartements de Kilamba Kiaxi sont restés vides pendant plus d’un an en raison des prix trop élevés.

En février 2013, le gouvernement a décidé de réduire le prix des petits appartements. De 125 000 $, leur prix a été fixé à 70 000 $ afin d’attirer davantage de gens, qui ont alors profité de la formule location-vente proposée par l’État.

Kilamba Kiaxi est à présent une ville dynamique dotée d’excellentes routes, d’écoles, de terrains de sport et d’autres services. Les phases deux et trois, avec la construction de commerces, feront de Kilamba une ville autonome et permettront de désengorger Luanda. Actuellement, le loyer mensuel d’un appartement de cinq pièces avoisine 150 $.

Les résidents n’ont pas le droit de vendre ou louer leur appartement sans autorisation mais il semble que cela soit pratiqué malgré tout.

D’autre part, de nombreux acheteurs potentiels se sont plaints de l’uniformité des propriétés, mais les premiers acquéreurs ont personnalisé leur logement, peignant les murs de différentes couleurs et ajoutant des extensions, tandis que d’autres ont ouvert des magasins.

Kilomba est aujourd’hui une ville vivante et animée.

Le rôle prédominant de l’État

Le gouvernement dirige activement le développement urbain de Luanda, y compris dans les quartiers résidentiels.

Dans le cadre du Programme national d’urbanisme et d’habitat, le gouvernement prévoit que le secteur privé finance seulement 12 % des nouveaux logements, le reste étant confié à l’État. Ce chiffre semble exclure les quartiers d’habitat spontané mais – à moins que le cours du pétrole demeure très bas – le gouvernement prendra tôt ou tard la responsabilité de coordonner de vastes programmes de logements.

Le programme d’auto-construction par lequel l’État fournit les infrastructures de base (approvisionnement en eau, traitement des eaux usées, électricité) ainsi que des conseils constitue un volet important du plan du gouvernement visant à offrir un logement à chaque famille angolaise.

Cette tâche devrait être quelque peu facilitée par les résultats du premier recensement national réalisé depuis l’indépendance. L’impressionnant exercice de logistique a eu lieu l’an dernier et les 7 millions de questionnaires complétés sont toujours en cours de traitement mais l’Institut national des statistiques estime la population angolaise à 24 millions d’habitants, un chiffre relativement faible par rapport à la superficie du pays.

Les résultats définitifs donneront des détails sur la structure de la population, le type de logement occupé, le lieu d’emploi et les moyens de transport, facilitant la planification à long terme.

Le gouvernement angolais affirme que la plupart de ces projets de logements sociaux sont destinés à offrir une compensation aux gens qui perdent leur logement informel. Reste à voir combien de ces logements seront effectivement donnés gratuitement mais il est indéniable que des centaines de milliers de logements à bas coût ont été construits.

Le programme de Zango à la périphérie sud-est de Luanda permettra à lui seul de loger 200 000 personnes. Les logements sont simples, sur un seul étage, et semblent s’être inspirés de propriétés similaires en Afrique du Sud, où des millions de logements à bas coût ont été réalisés par l’État afin d’accueillir des gens résidant dans les bidonvilles. L’Angola a choisi la même solution que l’Afrique du Sud pour résoudre ce problème.

En novembre, la Banque industrielle et commerciale de Chine a accepté d’accorder un prêt de 120 millions $ afin de contribuer au financement de la Phase 1 du projet Futungo de Belas à Luanda, de 150 millions $.

Le programme en trois phases prévoit la réalisation de logements, d’hôtels, d’installations sportives et de locaux commerciaux sur une période de dix ans. Les fonds seront utilisés pour la construction de l’immobilier mais aussi d’infrastructures d’électricité, d’eau et de traitement des eaux usées. 

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