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Des entreprises marocaines optimistes

Des entreprises marocaines optimistes
  • Publiéavril 12, 2024

Banques en tête, les groupes cotés marocains affichent des résultats plutôt flatteurs et l’augmentation des dividendes traduit leur optimisme.

 

En 2023, les entreprises marocaines cotées affichent une masse bénéficiaire de 35 milliards de dirhams (3,27 milliards d’euros), en hausse de 10,5%, selon les calculs d’Attijari Global Research. L’essentiel de cette croissance est porté par le secteur bancaire ; en dehors des banques, les bénéfices courants progressent peu (+1%).

Managem souhaite, au fil des ans, raffermir sa position de leader africain sur les activités aurifères et ne pas rater le tournant de la transition énergétique, en se positionnant sur les métaux clefs.

Pour la troisième année consécutive, donc, le secteur bancaire se positionne en tant que premier contributeur à l’évolution des profits du marché des actions. « En dépit de la hausse du coût du risque de 24,7%, en 2023, cette performance résulte d’une part de l’amélioration du PNB agrégé du secteur de 13,1% et d’autre part de la bonne maîtrise des charges d’exploitation. »

La croissance se reflète également sur la hausse des dividendes versés au titre de 2023 (+18,5%). Toutefois, les rendements moyens des actions (3,2%) restent inférieurs aux bons du Trésor à cinq ans, 3,4%. Les secteurs offrant les rendements de dividendes les plus élevés, au-dessus de 4%, sont les sociétés de financement, les télécoms et les assurances. Plus en détails, trente sociétés cotées ont décidé de relever leur coupon 2023, représentant plus de la moitié de la capitalisation de la cote. À l’inverse, six émetteurs ont abaissé leur dividende, quatorze ont maintenu leur coupon stable et quinze ont opté pour la non-distribution ou bien ont décalé cette décision. Enfin, quatre sociétés ont renoué avec les dividendes : Alliances, SMI, Jet Contractors et Risma.

Cette hausse des dividendes rejoint l’optimisme de la direction des entreprises marocaines, affiché lors des diverses publications de résultat. Ces anticipations positives sont alimentées par les investissements annoncés dans le cadre de l’organisation de la CAN 2025, de la Coupe du Monde 2030, des projets relatifs à la lutte contre le stress hydrique et à la transition énergétique.

On sait que l’exercice 2023 a été marqué par une détente visible des prix des intrants à l’international ainsi que la contribution des sociétés cotées au fonds spécial dédié à la gestion des effets du séisme d’Al-Haouz qui a frappé le Maroc en septembre.

 

Augmentation de capital du minier Managem

Selon les calculs d’AGR, les dons octroyés par les sociétés cotées s’élèveraient à près de 1,8 milliard de dirhams (168 millions d’euros), soit 5,1% de la masse bénéficiaire agrégée ; l’ensemble des sociétés bénéficie de la déductibilité fiscale de ces dons. Les sociétés qui adoptent les normes IFRS supporteraient l’intégralité du don au titre de l’exercice 2023, tandis que les émetteurs qui appliquent les normes comptables locales ont la possibilité de l’amortir sur une période de cinq ans.

Bref, 46 sociétés cotées représentant deux tiers de la capitalisation de la cote affichent des profits en hausse contre 26 dont les bénéfices ont accusé une baisse ; ces dernières pèsent 18% de la capitalisation du marché ; sept entreprises ont accusé une perte nette. Et six sociétés cotées dont le poids dans la capitalisation boursière s’établit à 2,5% ont publié un profit warning. C’est-à-dire que leurs résultats futurs seront moindres que prévu jusque-là.

La plus forte baisse est enregistrée dans le secteur minier, en raison du recul des bénéfices du groupe Managem. L’opérateur a pâti de la correction des cours des métaux de base et de la baisse des volumes de production de l’or. Managem, qui prépare une augmentation de capital, considère que l’« année 2024 sera celle de la transition ». Il s’agira de consolider les performances des activités existantes et de finaliser les grands projets du Plan stratégique 2025 « Cela représente un changement significatif pour l’entreprise, avec une expansion de son portefeuille de projets et une augmentation prévue de sa production dans les années à venir », reconnaît le PDG du groupe, Imad Toumi.

Managem souhaite, au fil des ans, raffermir sa position de leader africain sur les activités aurifères et ne pas rater le tournant de la transition énergétique, en se positionnant sur les métaux clefs. Cela inclut des investissements dans le cobalt, le cuivre, le manganèse et les terres rares, y compris dans le volet « transformation ».

Managem entend lever près de 3 milliards de dirhams (280 millions d’euros) sur les marchés ; son actionnaire principal, le fonds Al-Mara contrôlé par la famille royale, entend souscrire à l’opération, à hauteur de 83%.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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