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African Business

Des efforts d’investissement accrus vers le continent

Des efforts d’investissement accrus vers le continent
  • Publiéjuin 18, 2024

Les dirigeants du G7 réaffirment leur soutien à un programme d’infrastructures de plusieurs milliards de dollars pour l’Afrique, notamment au corridor de Lobito.

 

Les dirigeants du G7 réunis lors de leur sommet dans les Pouilles, en Italie, ont réaffirmé leur soutien à des projets d’infrastructure de plusieurs milliards de dollars dans toute l’Afrique afin de réaliser le potentiel économique et la transformation du continent, relate un compte rendu de la BAD (Banque africaine de développement). À cette occasion, le président de la BAD en a d’ailleurs profité pour rappeler les priorités du continent aux grands dirigeants de la Planète.

Le Fonds multidonateurs cible des investissements à fort impact et alignés sur le climat dans des secteurs stratégiques clés, à l’appui d’entités souveraines en Afrique.

Le président américain Joseph Biden et la présidente en exercice du G7, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, ont coprésidé une réunion ad hoc en marge du sommet afin d’examiner le Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PGII) et ses liens avec le plan Mattei pour l’Afrique récemment dévoilé par l’Italie.

L’Italie se joint aux efforts des États-Unis et de l’Union européenne pour promouvoir le développement durable le long du corridor de Lobito, s’engageant à renforcer la collaboration et à mobiliser une contribution globale supplémentaire pouvant atteindre 320 millions de dollars en investissements pour soutenir l’infrastructure ferroviaire principale et les projets secondaires connexes, en vue de créer des synergies supplémentaires avec l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA).

Le corridor de Lobito est un tronçon d’infrastructure ferroviaire qui serpente à travers des régions riches en minerais et en pétrole de l’Angola, de la RD Congo et de la Zambie. Il relie l’Afrique centrale et l’Afrique australe et donne accès à l’Afrique de l’Est et à l’océan Atlantique.

Toutefois, Akinwumi Adesina a averti que l’Afrique a un déficit de financement des infrastructures de 68 à 108 milliards $ par an. « Il faut y remédier pour réaliser l’ambition de l’Afrique, fortement soutenue par le G7, de devenir une grande puissance économique mondiale. »

 

Une alternative en faveur des infrastructures

Akinwumi Adesina et Georgia Meloni au cours du sommet du G7.
Akinwumi Adesina et Georgia Meloni au cours du sommet du G7.

À l’appui de l’objectif du Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement de mobiliser 600 milliards $ d’investissements dans les infrastructures des économies émergentes, une coalition d’investisseurs américains a engagé à nouveau des milliards de dollars d’investissements privés dans des infrastructures de grande envergure dans les marchés émergents, alignées sur les priorités du PGII.

Le secteur privé italien s’est également joint aux nombreuses voix qui appellent à une augmentation des investissements en Afrique. Dans le cadre de cet engagement, le Plan Mattei pour l’Afrique a lancé de nouveaux instruments financiers, avec l’appui de la BAD, ouverts aux contributions des partenaires internationaux.

De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que l’initiative du PGII n’avait que deux ans et qu’elle était née en réponse à la pandémie et à la crise alimentaire provoquée par la guerre de la Russie en Ukraine.

« À l’époque, nous avons uni nos forces et déclaré que nous avions besoin d’un programme d’investissement majeur pour les infrastructures à l’étranger. Le PGII était né. L’Union européenne contribue à hauteur de 300 milliards $ par le biais du Global Gateway, et c’est fantastique que le plan Mattei nous rejoigne maintenant. Nous voulions créer une alternative pour les investissements dans les infrastructures. Ce n’est pas seulement la puissance de feu financière qui est impressionnante, mais le PGII est durable : il est bon pour la planète et pour les finances d’un pays », a-t-elle souligné.

La réunion a d’ailleurs confirmé l’engagement de lancer et d’accroître les investissements autour des corridors économiques du PGII à l’échelle mondiale, y compris les corridors en Asie, en Afrique et celui reliant l’Europe à l’Asie à travers le Moyen-Orient.

Enfin, l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA), a reçu le soutien des membres du G7. L’Italie, par exemple, appui cette initiative à hauteur de 45 millions $.

Outre le corridor de Lobito, Akinwumi Adesina a énuméré toute une série d’autres projets soutenus par la BADe pour changer la face de l’Afrique. Il s’agit notamment du financement, à hauteur d’un milliard de dollars, du corridor de transport de 1 110 km qui relie l’Éthiopie à Nairobi et à Mombasa, multipliant par cinq les échanges commerciaux entre ces deux pays.

 

Un fonds spécial multidonateurs

Il a également cité le financement du corridor ferroviaire central qui relie la Tanzanie, la RD Congo et le Burundi, pour un montant de 3,2 milliards $, par le biais de la titrisation. Ainsi que le financement, à hauteur de 213 millions $, de la ligne de transport d’énergie reliant la Mauritanie et le Mali et du pont de Rosso reliant le Sénégal et la Mauritanie.

Cela étant, a reconnu le président de la BAD, « le manque de projets bancables, qui est lié à une insuffisance de facilités de préparation de projets » reste un défi majeur.

En marge de la réunion du G7, on a appris la création d’un fonds spécial multidonateurs pour servir le plan Mattei pour l’Afrique et le processus de Rome sur la migration et le développement.

Le Fonds cible des investissements à fort impact et alignés sur le climat dans des secteurs stratégiques clés, à l’appui d’entités souveraines en Afrique. Grâce à son caractère multidonateur, « il sera en mesure d’attirer d’autres partenaires internationaux afin d’unir leurs forces et de mobiliser des financements », juge-t-on du côté de la BAD.

Une réunion du sommet du G7, en juin 2024.

 

L’Italie a promis un financement d’environ 130 millions $ sous forme de prêts à des conditions hautement concessionnelles et de dons, ainsi qu’un engagement supplémentaire des Émirats arabes unis. Le Groupe de la BAD s’est engagé à au moins égaler les contributions du Fonds pour chaque projet avec ses propres ressources.

@AB

 

Écrit par
Paule Fax

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