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Des ambitions marocaines intactes dans l’hydrogène vert

Des ambitions marocaines intactes dans l’hydrogène vert
  • Publiéseptembre 29, 2023

Conventions de partenariats en série, volonté politique intacte, terrains engagés, le Maroc envisage avec enthousiasme la production d’hydrogène vert, pour réduire le coût de production de son industrie et exporter.

 

Le Maroc réaffirme ces jours-ci ses ambitions dans l’hydrogène vert. Il est vrai qu’un récent salon professionnel a permis au Royaume d’afficher quelques prometteurs projets dans une industrie qui fait figure de relais de croissance. Pionnier dans les énergies renouvelables, le Maroc a pour objectif, à terme, d’exporter cette précieuse énergie vers l’Europe et de jouer les synergies afin de diminuer le coût de la production d’engrais, notamment, accentuant ainsi son avantage comparatif dans le domaine.

Les énergies propres fournissent 38 % de l’électricité produite actuellement au Maroc ; le pays ambitionne d’atteindre 52 % en 2030.

Marrakech a accueilli le World Power-to-X Summit », les 19 et 20 septembre 2023. Il en est ressorti quelques initiatives intéressantes. Comme un accord entre Huawei & GEP et Iresen (Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles) pour le développement de projets de recherche dans les énergies renouvelables et du stockage d’énergie. Ainsi qu’un partenariat entre le conseil régional de Guelmim Oued Noun et l’Iresen, à travers des coopérations de recherche liées au développement durable. Et la mise en œuvre de programmes de formation professionnelle dans le domaine la chaîne de valeur de l’hydrogène vert au Maroc et en Afrique, ainsi que de programmes de recherche. Et enfin une convention entre Eco-Stream Nederland B.V et le Cluster Green H2, qui a pour objectif de développer conjointement l’industrie de l’hydrogène vert au Maroc.

Tout cela n’est pas le fruit du hasard. Le Maroc a rédigé une précise Stratégie nationale de l’hydrogène vert, réaffirmée à chaque occasion depuis le printemps. Ainsi, fin juillet, le roi Mohammed VI a-t-il appelé son gouvernement à « une mise en œuvre rapide et qualitative » de l’« offre Maroc » dans ce domaine. « Il faut valoriser les atouts dont dispose notre pays et répondre au mieux aux projets portés par les investisseurs mondiaux dans cette filière prometteuse. »

En effet, ce gaz récupéré par électrolyse de l’eau, produit à l’aide d’énergie renouvelable, représente un grand espoir dans les efforts planétaires de réduction des émissions carbone. Il contribuera, à terme, à décarboner les grandes industries gourmandes en énergie, comme la sidérurgie, la cimenterie, les engrais, la chimie, etc.

 

Des coûts réduits

Le Maroc vise le premier rang au Maghreb, même si le secteur est « embryonnaire et les grands projets mondiaux ne verront pas le jour avant trois à cinq ans », nuance à l’AFP Samir Rachidi, directeur de l’Iresen.

Pourtant, le ministère de l’Economie a réservé environ 1,5 million d’hectares du domaine public pour accueillir huit sites de production d’hydrogène et d’ammoniac verts. Et la presse spécialisée se fait régulièrement l’écho de projets d’investisseurs australiens, indiens, allemands, français ou britanniques.

Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du développement durable prend la parole lors du World Power-to-X Summit, tenu à Marrakech.
Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du développement durable prend la parole lors du World Power-to-X Summit, tenu à Marrakech.

 

Le Maroc se jette dans cette filière après avoir fortement investi, ces 15 dernières années, dans les énergies propres qui fournissent 38 % de l’électricité produite actuellement ; le pays ambitionne d’atteindre 52 % en 2030.

Toutefois, il faudra au pays s’assurer d’une électricité peu coûteuse, tandis que d’autres pays comme la Mauritanie ou l’Égypte se lancent également.

Pour Samir Rachidi, il faut aussi établir « une chaîne de valeur industrielle qui commence par les usines de dessalement d’eau de mer (pour l’électrolyse), le stockage d’électricité, jusqu’au transport et la commercialisation de l’hydrogène ».

Le Maroc a programmé d’ajouter sept stations de dessalement à son parc de douze usines, afin d’affronter en parallèle le stress hydrique qui menace son agriculture, autre secteur clef.

Pour le pays, l’hydrogène vert est crucial également car cette énergie peut servir à la production d’ammoniac, base des engrais agricoles azotés issu des réserves de phosphates.

Dans ce contexte, le géant OCP compte produire en 2027 un million de tonnes d’« ammoniac vert » (à partir d’hydrogène vert), et le triple en 2032.

La croissance verte alimente les ambitions de l’OCP

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En bref

Le prêt attendu du FMI est débloqué

 

Comme il l’avait laissé entendre après le tremblement de terre du 8 septembre, le Fonds monétaire international a accordé un prêt de 1,3 milliard de dollars au Maroc afin de permettre au pays de financer sa transition écologique ainsi que de renforcer ses capacités à faire face aux catastrophes naturelles et climatiques. Ce prêt de 18 mois était envisagé avant le séisme.

Cet accord doit « permettre au Maroc de faire face à ses vulnérabilités face au climat, soutenir sa résilience face au changement climatique et être en mesure de saisir les opportunités de décarbonation » de son économie, précise le FMI.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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