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African Business

Onze entrepreneurs inspirants

Investisseurs et Partenaires coédite un recueil de portraits d’entrepreneurs africains, engagés dans la réponse aux besoins des Africains dans leur quotidien. Des expériences personnelles destinées à faire école.

Par Laurent Soucaille

« Onze portraits inspirants d’entrepreneurs engagés. » Tel est le propos de Nathalie Madeline, autrice de Bâtisseurs d’Afrique. Tous ont en commun d’avoir été, un jour ou l’autre, soutenu par Investisseurs et Partenaires, la société de Capital Equity particulièrement active en Afrique.

Heureusement, au-delà de cet angle promotionnel, l’ouvrage est riche d’aventures humaines remarquables. Ces entrepreneuses et entrepreneurs – deux femmes seulement ici présentées –, ont d’autres points communs.

« L’ouvrage tourne autour d’une valeur qui me semble essentielle : le partage », écrit Salif Traoré, alias A’Salfo, du groupe Magic System, qui signe la préface. « Des entrepreneurs qui partagent leurs parcours de vie, leurs réussites, leurs déconvenues. »

Notamment, celui non pas d’avoir eu l’invention géniale, l’idée absurde à laquelle ne croyait, mais au contraire d’avoir cerné un marché, d’avoir entendu la demande africaine. Et d’avoir cru possible d’engager les moyens humains et matériels pour y répondre.

Voilà pourquoi on retrouve ces entrepreneurs dans des marchés comme celui de l’accès à l’eau, à l’électricité, aux médicaments, à l’énergie, sans oublier l’agro-business. Avec un défi pour ses promoteurs, nourrir l’Afrique – et parfois exporter hors du continent –, sans épuiser les ressources.

Dans de nombreux cas, ces réussites professionnelles passent par la création ou l’adaptation à un écosystème particulier. On y apprend comment réussir, à Madagascar, à fédérer une kyrielle de producteurs d’holothuries, un mets surtout prisé des Chinois.

Il s’agit de créer un marché rentable qui ne met pas en péril la vie sauvage de cet animal, à l’aspect peu attirant mais essentiel à l’équilibre de nos océans. Prises de marché, contacts, échange de service, et même surveillance quasi-policière des éleveurs sont au programme. Le tout, en résistant aux groupes chinois qui auraient bien raflé la mise sans assumer les risques.

Le rôle de tous les acteurs

Projets sociaux et projets économiques se côtoient. L’un ne va pas sans l’autre : répondre à un marché, c’est aussi rechercher la rentabilité. Loin des clichés véhiculés par la littérature sur l’entrepreneuriat « dépassement de soi, sens de l’effort, offrir le bonheur aux autres… », nous voyons que créer une entreprise, c’est avant tout savoir convaincre, savoir concevoir un business plan, savoir s’entourer et savoir animer une équipe.

Bien sûr, nous retrouvons aussi, comme le souligne Jean-Michel Severino, « l’envie de créer, et plus encore que celle d’être indépendant, et celle de contribuer ». Pour certains, le projet social est prédominant, explique le président de I&P, pour d’autres, il accompagne un projet qui est d’abord économique. « Mais l’envie d’impacter positivement son environnement est universelle. »

À l’heure où l’Afrique réfléchit à ses « chaînes de valeur » et à construire une zone de libre-échange qui ne soit pas une zone de libre prédation, cet ouvrage recadre, en creux, les rôles respectifs du marché, de l’entrepreneur, des institutions, de l’éducation, de l’Etat.

Tous nos entrepreneurs, ou presque, ont eu à affronter une administration exagérément tatillonne. « Pourquoi donc le Gabon exige-t-il des normes spécifiques là où la norme ISO est internationalement reconnue ? », s’agace Folly Koussavo, promoteur de Trianon Homes, une société immobilière. Voire, parfois, un État peu scrupuleux sur l’honnêteté de ses agents ; il faut faire avec, comme à Madagascar.

Des soutiens financiers bienvenus

Bâtir une Afrique moderne, c’est recevoir le meilleur des expériences acquises ailleurs, en matière de diplômes et de rigueur de travail, et avoir toujours à l’esprit les spécificités d’un marché africain. « Tracer une route entre deux mondes », écrit ainsi Nathalie Madeline, au sujet de Bagoré Bathily, fondateur de la Laiterie du Berger, au Sénégal.

Des rêves plein la tête dans les dunes, diplômes et expériences professionnelles acquis au Canada, en France, l’intuition que l’on peut créer une industrie du lait en Afrique, un business plan solide et convaincant, la recherche de partenaires financiers, etc.

« L’ouvrage tourne autour d’une valeur qui me semble essentielle : le partage », écrit Salif Traoré, alias A’Salfo, du groupe Magic System, qui signe la préface. « Des entrepreneurs qui partagent leurs parcours de vie, leurs réussites, leurs déconvenues. »

Chaque portrait s’achève sur le rôle qu’Investisseurs & Partenaires peut jouer auprès d’un entrepreneur. Conseils et soutiens financiers se côtoient. Ainsi, Mamadou Sanankoua, patron de Conergies, société ivoirienne de climatisation, se félicite des conseils de gestion : « Les premières années, Conergies se concentrait sur le développement du chiffre d’affaires, sans regarder prioritairement la marge nette. I&P nous a fait comprendre que la situation pouvait nous mettre en danger. »

Une fois le développement assuré, le capital-investisseur cède ses parts (ici à EDF) afin de favoriser une nouvelle étape pour la société, qui n’est désormais plus une jeune pousse…

ENCADRE

Bâtisseurs d’Afrique

11 portraits inspirants d’entrepreneurs engagés

Nathalie Madeline

Éditions Eyrolles.

Prix : 18 euros (édition numérique : 13 euros) 

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