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Ilyes Mnakbi (PDG de Tunisair) : « Nous devons changer le mode de gouvernance »

La compagnie vit donc, en quelque sorte, aux crochets de l’État…

Pas vraiment ! Nous avons tiré profit d’une saison touristique fructueuse qui a bien fait grimper notre chiffre d’affaires. Pour autant, la rentabilité ne suit pas puisque nous sommes accablés par des charges salariales et d’exploitation énormes qui nous laissent encore une fois dans le négatif.

Le recours aux aides de l’État demeure indispensable pour sortir de cette situation de crise et mettre à exécution notre restructuration. Nous voulons que notre pays nous soutienne pour sauver la société et la repositionner au rang des compagnies les plus performantes, comme elle l’était avant la révolution.

Comment faire face à ces contraintes majeures ?

Comme je viens de l’évoquer, malgré cette situation, les chiffres de l’année 2018 représentent un record exceptionnel pour Tunisair. Jusque-là, 2008 constituait une année de référence.

À cette époque, nous jouissions d’une stabilité économique et un trafic soutenu par une activité touristique appréciable. La compagnie disposait alors d’une flotte de 32 appareils. Elle n’en compte plus, aujourd’hui, que 28. Et le trafic touristique n’est pas revenu à ses niveaux d’avant la révolution.

Pourtant, 2018 a été une année record pour Tunisair, depuis 1948, avec 3 816 190 passagers et 1,568 milliard de dinars (457 millions d’euros) de chiffre d’affaires. C’est une première pour Tunisair ! Malgré nos difficultés, nous avons connu 22 mois consécutifs de croissance de l’activité globale. C’est une performance inédite pour la compagnie.

Comment comptez-vous moderniser l’entreprise et lui donner les moyens dont elle a besoin ?

Aux difficultés financières que nous rencontrons, s’ajoutent des difficultés de gestion et administratives. Jusqu’à présent, le mode de gouvernance de Tunisair demeure inapproprié pour une compagnie aérienne évoluant dans un contexte concurrentiel de plus en plus féroce.

On nous demande de nous aligner sur les standards internationaux de l’industrie et, notamment, sur ceux des compagnies européennes qui ne connaissent pas les mêmes contraintes ni les mêmes difficultés financières que nous.

Nous devons, avant tout, changer le mode de gouvernance de la compagnie afin que les dirigeants et le conseil d’administration puissent jouir de plus de souplesse et de marge de manœuvre  dans le respect total de la loi et des réglementations en vigueur.

L’image de Tunisair est écornée par les retards, une mauvaise qualité de services, etc.

Plusieurs facteurs, aussi bien endogènes qu’exogènes à Tunisair, ont altéré les niveaux de ponctualité à Tunis Carthage, tombés très bas, puisqu’ils étaient à 55%  en 2016, avant de passer à 44 % en 2017 ; ils ont encore chuté à 42 % l’année dernière ! Parmi ces facteurs, on peut citer le manque de ressources, aussi bien matérielles qu’humaines, le manque d’appareils.

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