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African Business

Ilyes Mnakbi (PDG de Tunisair) : « Nous devons changer le mode de gouvernance »

La compagnie tunisienne, après un âge d’or, traverse une période cruciale : restructuration, modernisation de la flotte, difficile expansion… On attend de Tunisair des décisions majeures. Ilyes Mnakbi, son PDG, aborde sans ambages les sujets qui fâchent.

Entretien avec Hichem Ben Yaïche

Comment se porte Tunisair aujourd’hui ?

On ne peut pas nier que Tunisair passe aujourd’hui par une période difficile. Ce n’est plus la même compagnie qu’avant la Révolution. La compagnie qui a rapporté près de 800 millions de dinars tunisiens (233 millions d’euros) à l’État depuis sa création, connaît aujourd’hui un endettement qui atteint environ 1,2 milliard de dinars (350 millions d’euros).

Concrètement quel est votre plan de redressement pour l’entreprise ? Sa situation est-elle soutenable ?

Le plan de redressement sur lequel nous travaillons vient d’être soumis au ministère du Transport. Nous sommes dans l’attente de son approbation par le chef du gouvernement, qui devra trancher sur le montant des aides à accorder à la compagnie pour réaliser le plan de redressement de Tunisair. Nous avons prévu, en premier lieu, le départ à la retraite d’environ 1 200 salariés.

Quelque 900 employés, pour la plupart des bagagistes peu qualifiés, avaient été intégrés à la compagnie au lendemain de la Révolution, ce qui a provoqué une situation de sureffectif. Nous sommes à présent obligés de réviser notre stratégie et de réduire la masse salariale, dans des proportions à peu près identiques à celles d’avant 2011.

Comment expliquer que le modèle économique de la compagnie soit à ce point plombé et que les mesures d’urgence se fassent attendre ?

Tunisair est une compagnie nationale publique. Par conséquent, le gouvernement se doit de l’aider et d’assumer, en quelque sorte, le choix de ses politiques sociales (recrutement massif) et économiques (ouverture de certaines lignes) qu’il lui a imposées.

Nous avons ouvert Niamey en juillet 2016, Conakry et Cotonou respectivement en avril et décembre 2017 ; aussi, nous avons augmenté nos fréquences sur certaines lignes africaines et comme vous le savez, sur le continent, les lignes aériennes ne sont pas toujours rentables.

Il n’en demeure pas moins que sur le plan macroéconomique, le pays profite de l’ouverture de ces lignes. Il convient également de rappeler que les lignes domestiques présentent des déficits chroniques que la compagnie supporte seule.

Comment restructurer la dette ?

Cet endettement représente aujourd’hui 1,2 milliard de dinars, dont la moitié est constituée d’une dette à l’égard de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (OACA). La restitution passera essentiellement par une recapitalisation.

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