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African Business

Greg Davis, directeur financier de Ecobank Group : « Un processus décisionnel plus efficace »

Nous n’avons pas de code postal, de carte d’identité ou de bureau de notation de crédit pour la plupart de ces personnes. Nous avons la responsabilité de définir les conditions requises pour prendre de meilleures décisions en matière de crédit et pouvoir accorder des prêts à ces personnes.

C’est pourquoi nous renforçons notre relation avec nos clients en veillant à effectuer des transactions fluides, qu’ils envoient des fonds à leur famille, qu’ils reçoivent de l’argent d’un autre pays ou qu’ils règlent leurs factures.

Comme M-Pesa ?

M-Pesa a fêté ses dix ans et, si la plateforme devait être lancée sur le marché aujourd’hui, elle s’y prendrait différemment. M-Pesa est un produit très solide, mais il a été conçu pour être utilisé sur un téléphone analogique. Parce que la marque est très réputée, parce que la plateforme compte un grand nombre de clients, dispose d’un excellent produit et d’un très bon modèle commercial, M-Pesa continue de prospérer.

Mais le smartphone offre des opportunités bien différentes ; il permet de proposer aux clients une multitude de produits. Bien sûr, un smartphone haut de gamme coûte cher, mais on trouve des produits bon marché. Et surtout, beaucoup de personnes partagent leur smartphone.

On voit ainsi comment l’ensemble de la population peut accéder aux applications mobiles. Qu’il s’agisse de soins de santé, de services bancaires ou autres, le smartphone est un outil très puissant.

En Afrique, les banques interagissent avec les clients par le biais de leurs agences. Pourquoi Ecobank réduit-elle le nombre de ses agences ?

Bonne question ! Dans beaucoup de pays d’Afrique, seuls 25 % des gens ont un compte bancaire. Le continent est vaste et ouvrir des agences est difficile. Nous avions 1 400 agences ; aujourd’hui, nous possédons 900 agences à travers 33 pays. Mais nous veillons à ce que nos clients aient accès aux bons canaux. Nous devons réduire les coûts pour pouvoir leur offrir ce dont ils ont besoin.

Le modèle bancaire traditionnel n’est utilisé que par 25 % de la population africaine. Les autres doivent aussi effectuer des transactions, épargner et emprunter. Il est important de savoir utiliser efficacement ces canaux et les smartphones pour accéder à ces populations.

Quelle est l’importance des agents ?

Leur présence comme point d’accès est essentielle. C’est pour cela que nous avons établi des partenariats avec Total et OiLibya. Nous avons, grâce à ces deux partenaires, plus de 4 500 points de distribution dans les pays où nous sommes présents. Alors que nous avons réduit le nombre de nos agences, nous avons quadruplé nos points de distribution de cette façon.

Nous voulons continuer à accroître le nombre de nos agents pour que les personnes puissent avoir un point d’accès pour déposer des liquidités, réaliser des transactions et emprunter.

Il existe une forte demande de prêts immobiliers. Quels sont vos projets dans ce domaine?

Il est possible de proposer des prêts immobiliers là où la volatilité des taux d’intérêt est faible. Par exemple, les taux d’intérêt au Ghana sont depuis longtemps supérieurs à 20 %. Il est difficile de proposer un crédit sur dix ou quinze ans avec des taux d’intérêt aussi élevés.

En Afrique de l’Ouest francophone, les taux d’intérêt se situent aux alentours de 4 % ou 5 %. Nous avons donc la possibilité dans ces pays d’aider les gens à acquérir un logement sans leur demander de rembourser leur prêt en l’espace de trois ou quatre ans. Nous travaillons sur ce projet et nous allons proposer des prêts immobiliers, dès 2019. Nous privilégierons les économies qui justifient ce type d’emprunt à long terme, là où nous connaissons les clients, là où nous connaissons le marché de l’immobilier et, donc, là où les taux d’intérêt sont adaptés.

Quelles sont les priorités d’Ecobank pour 2019 ?

L’année 2018 a constitué une étape importante ; c’est la première fois que nous avions pu prévoir que notre rentabilité des capitaux propres serait supérieure à leur coût. En 2019, nous voulons nous rapprocher de notre objectif d’atteindre une rentabilité des actifs corporels supérieure de 5 % au coût des capitaux propres.

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