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African Business

Étienne Giros (Président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique – CIAN) : « Les Français doivent jouer davantage groupés en Afrique »

Travail de modernisation, participation aux débats d’idées par la publication de livres et lancement d’un baromètre annuel des leaders d’opinion africains… le CIAN se veut une force de propositions et d’actions. Étienne Giros, son président délégué, explique ses choix.

Entretien avec Hichem Ben Yaïche

Depuis votre arrivée à la tête du CIAN, cette maison est sans cesse « bousculée ». Comment expliquez-vous cette volonté de moderniser les entreprises françaises travaillant en Afrique ?

Je ne sais pas si le CIAN a été bousculé, ou s’il a besoin de l’être, mais il est vrai qu’une certaine dynamique nous anime. Cette dynamique est à la fois la cause et la conséquence de notre foi et notre enthousiasme pour le continent africain.

Nous continuons à penser que l’Afrique représente un relais de croissance pour la planète et que les entreprises françaises ont un rôle clé à y jouer, dans la mesure où elles possèdent un savoir-faire, une histoire, une manière spécifique de travailler, et une globalité dans la relation qui leur confère un avantage sur les autres acteurs mondiaux. Bien entendu, la condition du succès est que nous jouions groupés !

Vous vous engagez désormais dans une forme de soft power : vous avez publié des ouvrages sur le numérique, sur les diasporas, etc., vous venez de créer un baromètre sur la perception de l’univers africain (lire encadré). Pourquoi ces choix ?

Votre question est pertinente. Effectivement, il est permis de se demander pourquoi le secteur privé français – représenté en l’occurrence par le CIAN – a besoin de connaître l’avis des leaders d’opinion ou pourquoi il a besoin d’être de plus en plus visible et d’exercer un soft power.

Sur le fond, je dégagerai deux raisons simples : la première est que l’Afrique est une opportunité pour les entreprises françaises qui ont une place prépondérante à y jouer, et qu’il est de l’intérêt de notre pays que l’Afrique se développe – pour beaucoup de raisons aisément compréhensibles : fixer les populations, lutter contre les îlots de pauvreté, et surtout remplir notre devoir par rapport à ce continent que nous aimons tous –, en y attirant les entreprises.

Et pour ce faire, nous devons expliquer l’Afrique aux entreprises, c’est-à-dire leur décrire un contexte qui leur donne envie d’y aller. Lorsque le CIAN parle de l’Afrique, lorsqu’il mesure l’avis des leaders d’entreprises et lorsqu’il s’intéresse aux diasporas, je pense qu’il contribue à rendre l’Afrique attirante pour les entreprises.

Nous contribuons d’ailleurs, par la même occasion, à rendre les entreprises attirantes vis-à-vis des pouvoirs publics. La deuxième chose importante, c’est qu’il faut que le climat des affaires soit positif.

Il n’est pas possible d’attirer les investisseurs lorsque l’avenir est incertain ou lorsqu’on se dit que l’on sera mal accueilli ; par exemple si les juridictions ne sont pas impartiales, que la réglementation fiscale change tout le temps ou que l’État n’est pas, finalement, en faveur des entreprises.

Notre rôle est donc d’améliorer le climat des affaires. De ce point de vue, oui, le CIAN joue un rôle de soft power.

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