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African Business

Akinwumi Adesina (BAD) : « L’Afrique avance à grands pas »

L’Afrique regorge de bonnes nouvelles et offre toutes les raisons de nous réjouir. La Banque africaine de développement travaille à libérer le potentiel du continent, rappelle Akinwumi Adesina, son président.

Cela fait trop longtemps qu’en parlant de l’Afrique, on évoque des images négatives – des guerres et des conflits. On a tendance à taire les bonnes nouvelles. Pourtant, l’Afrique regorge de bonnes nouvelles et offre toutes les raisons de nous réjouir ! Nous travaillons à libérer tout le potentiel du continent.

L’Afrique doit briller de mille feux !

La grande richesse de l’Afrique n’est pas constituée seulement de son sous-sol. Elle se trouve plutôt dans sa jeunesse. Aujourd’hui 250 millions, les jeunes Africains seront 840 millions d’ici à 2050. L’Afrique deviendra ainsi le plus jeune des continents, si l’on tient compte du vieillissement démographique des autres parties du monde.

Les besoins de l’Afrique dépassent largement les résultats obtenus et il nous reste un long chemin à parcourir pour assurer un accès universel à l’électricité, à la sécurité alimentaire sur le continent, à l’intégration de l’Afrique, à l’industrialisation du continent et à l’amélioration de la qualité de vie des populations.

L’action que nous menons auprès de ces jeunes Africains sera décisive dans la répartition du travail dans le monde. Le continent deviendra l’atelier dynamique du monde, doté d’une force de travail, compétente et réactive, capable de se diriger vers la quatrième révolution industrielle.

Aujourd’hui, des millions de jeunes Africains n’ont pas de travail et un grand nombre d’entre eux prennent de grands risques pour traverser la Méditerranée à la recherche d’un avenir moins sombre en Europe. Pourtant, l’avenir des jeunes Africains n’est pas en Europe ; il doit s’établir dans une Afrique plus prospère. Nous devons relever le défi d’une croissance plus rapide des économies, de manière à créer des opportunités d’emplois pour les jeunes.

L’Afrique doit relever la tête, voir grand et se développer avec fierté. C’est pourquoi la BAD (Banque africaine de développement) poursuit une grande initiative, nommée « Des emplois pour les jeunes en Afrique », qui vise à aider les pays africains à créer 25 millions d’emplois en faveur des jeunes.

Nous électrifions le continent

En collaboration avec la Fondation Rockefeller, Microsoft, Facebook, LinkedIn et Safaricom, nous avons entrepris de créer 20 centres de codage informatique à travers l’Afrique pour générer des compétences de pointe ; cette initiative aidera de jeunes africains à créer eux-mêmes des emplois. Nous sommes déterminés à créer un monde où les futurs Bill Gates et Steve Jobs ne viendront plus uniquement de la Silicon Valley, mais aussi d’Afrique. Et cela a déjà commencé.

Outre les métiers de l’informatique, la Banque accompagne également l’entrée des jeunes dans l’agro-industrie. L’Afrique compte 65 % des terres arables disponibles dans le monde, soit suffisamment pour nourrir la planète à l’horizon de 2050.

La façon dont le continent va gérer son potentiel agricole sera déterminante pour l’alimentation dans le monde. Pour autant, l’agriculture doit devenir un secteur attractif pour les jeunes. C’est pourquoi la Banque a investi 300 millions de dollars dans des programmes visant à les encourager à se lancer dans une carrière agricole.

Je pense que les futurs millionnaires et milliardaires de l’Afrique viendront du monde agricole, car c’est là que réside sa grande richesse, qui n’attend que d’être libérée et de briller.

Justement, afin de briller, l’Afrique doit fournir de l’électricité à tous. Elle ne peut pas se développer dans l’obscurité. Or, quelque 600 millions d’Africains sont encore privés d’électricité.

C’est pourquoi la Banque a investi considérablement pour électrifier l’Afrique. Nous avons lancé des investissements de 12 milliards $ en production et transmission d’énergie électrique, avec pour objectif de mobiliser 45 à 50 milliards $ supplémentaires pour accélérer l’accès à l’électricité, au profit de millions de d’Africains.

La lumière de l’Afrique est visible quand on contemple le peuple africain, son esprit d’entreprise, sa créativité et ce qu’accomplissent ses populations. Hélas, de cela, on ne parle guère.

On oublie de parler de ses avancées, de sa lutte pour triompher des obstacles, de la volonté qui est la sienne de se lever chaque matin, animée du désir d’agir et pas seulement de suivre. Sait-on que l’Afrique compte 26 lauréats du prix Nobel, y compris du prix Nobel de la paix ?

Les espoirs qu’il nous est permis de fonder sont ressentis par ceux qui investissent en Afrique. Où se trouvent, aujourd’hui, six des dix économies à la croissance la plus rapide au monde. Elle est également la deuxième destination, après l’Asie, des investissements étrangers. Cette année, près d’un pays africain sur deux bénéficiera d’une croissance supérieure à 5 %. Ce taux dépasse largement la moyenne mondiale de 3 %.

En novembre 2018, la BAD a décidé de présenter l’Afrique, devant les investisseurs internationaux, comme un lieu privilégié pour s’y engager. Nous avons organisé le tout premier Forum de l’investissement en Afrique, à Johannesburg (Afrique du Sud).

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