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African Business

Covid-19 : Le FMI en soutien à 19 pays africains

Le Fonds monétaire international vient de dégager une aide d’urgence à 19 pays africains, afin de répondre à la crise sanitaire et économique engendrée par le Covid-19. D’autres mesures sont envisagées ou réclamées par l’institution.

Par LS

Le 14 avril au soir, à Washington, le Fonds monétaire international a annoncé le versement d’une aide d’urgence à 25 pays pauvres, dont 19 pays africains. Le FMI entend aider ces pays à alléger leurs dettes et à faire face à l’épidémie de Covid-19.

La mesure relève du fonds fiduciaire réaménagé d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC). « Nos pays membres les plus pauvres et les plus vulnérables recevront ainsi des dons qui couvriront leurs obligations envers le FMI pour une phase initiale de six mois.

Ce qui leur permettra de consacrer une plus grande partie de leurs faibles ressources financières aux soins médicaux et autres efforts de secours d’urgence vitale », se réjouit Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

La stratégie du FMI repose sur l’aide aux mesures sanitaires, au soutien économique des activités à l’arrêt, à l’appui au système financier et à la préparation de la relance. Sa force de frappe est de 1 000 milliards de dollars.

« Le fonds fiduciaire ARC peut actuellement fournir un allégement du service de la dette sous forme de dons à hauteur d’environ 500 millions $, y compris les 185 millions $ promis récemment par le Royaume-Uni et les 100 millions $ fournis par le Japon comme ressources immédiatement disponibles. D’autres pays, parmi lesquels la Chine et les Pays-Bas, s’apprêtent également à apporter des contributions importantes. »

La directrice générale invite d’autres donateurs à participer à la reconstitution du fonds fiduciaire ainsi qu’« à renforcer davantage la capacité à offrir aux pays membres les plus pauvres un allégement supplémentaire du service de la dette, pendant pas moins de deux ans ».

La Grande dépression ?

Les pays qui bénéficieront d’un allégement du service de leur dette sont les suivants : Bénin, Burkina Faso, Comores, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Niger, République centrafricaine, RD Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Tchad, Togo, Yémen, Haïti, Afghanistan, Îles Solomon, Népal et Tadjikistan.

« Une incertitude extraordinaire règne toujours quant à l’ampleur et la durée de la crise que nous traversons », a déclaré Kristalina Georgieva lors d’une conférence virtuelle organisée par le FMI. « Il est déjà évident que la croissance mondiale sera nettement négative en 2020 », pronostique le Fonds qui publiera ces jours-ci une étude complète.

« En fait, nous prévoyons le pire ralentissement économique depuis la Grande dépression », avec une baisse du revenu par habitant dans plus de 170 pays. Ces sombres perspectives s’appliquent aussi bien aux pays avancés qu’aux pays en développement.

Cette crise ne connaît pas de frontières. Tout le monde est éprouvé. Sachant que les pays émergents d’Afrique et d’Amérique latine « courent un risque élevé ».

Selon les estimations du FMI, les besoins bruts de financement extérieur des pays émergents et des pays en développement s’élèvent à des milliers de milliards de dollars. Or, « ils ne peuvent à eux seuls répondre qu’à une portion de cette demande, ce qui laisse un déficit de financement de plusieurs centaines de milliards de dollars ». Ils ont besoin d’aide en urgence.

Un test de notre humanité

Kristalina Georgieva pointe « une nouvelle encourageante » : tous les pays ont réagi et ce, de manière très coordonnée. Les mesures budgétaires prises par les pays du monde entier se chiffrent à environ 8 000 milliards $. En outre, les pays du G-20 et d’autres ont adopté des mesures massives sur le plan monétaire.

Le FMI, comme la Banque mondiale et comme certains dirigeants tel le président français Emmanuel Macron, demande un moratoire sur le service de la dette des pays les plus pauvres. « Cette crise est un test de notre humanité », conclut la directrice générale du FMI.

La stratégie du FMI repose sur quatre priorités. Premièrement, maintenir les mesures essentielles de confinement et de soutien aux systèmes de santé.

Deuxièmement, protéger les personnes et les entreprises touchées grâce à des mesures budgétaires et financières de grande envergure, ponctuelles et ciblées.

Troisièmement, réduire les tensions sur le système financier et éviter un effet de contagion. Quatrièmement, planifier la relance. Pour ce faire, le Fonds dispose de différents outils de financement ou de prêts, étant riche d’une capacité de prêt de 1 000 milliards.

Le FMI, comme la Banque mondiale et comme certains dirigeants tel le président français Emmanuel Macron, demande un moratoire sur le service de la dette des pays les plus pauvres. « Cette crise est un test de notre humanité », conclut la directrice générale du FMI.

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