x
Close
African Business

COP28 : du soutien pour les initiatives africaines

COP28 : du soutien pour les initiatives africaines
  • Publiédécembre 4, 2023

Lancée lors de la précédente COP, l’initiative AGIA reçoit des soutiens de poids, permettant le financement de projets d’investissements respectueux du climat. Des projets encore trop peu financés par le marché des obligations vertes, que l’Afrique tente de développer.

 

Plusieurs signes montrent que les choses avancent, à la COP28, en faveur de l’Afrique. Par exemple, de nombreuses institutions et gouvernements ont envoyé un signe de soutien, que l’on espère suivi d’autres, en faveur de l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA). Déjà 175 millions de dollars ont été collectés en faveur de cette initiative, ce qui contribuera au financement de projets d’infrastructure transformateurs respectueux du climat sur le continent.

La Global Green Bond Initiative favorisera l’afflux de capitaux privés provenant d’investisseurs institutionnels vers des projets climatiques et environnementaux dans les pays partenaires de l’UE, améliorant leur accès au capital.

Ces nouveaux engagements feront également progresser l’AGIA vers sa première clôture de 500 millions de dollars de capital mixte pour la préparation et le développement de projets à un stade précoce. L’Alliance est un partenariat scellé entre l’Union africaine, la Banque africaine de développement, Africa50 et d’autres partenaires. Elle vise à débloquer jusqu’à dix milliards de dollars de capitaux privés pour des projets d’infrastructures vertes et à stimuler l’action mondiale pour accélérer la transition juste et équitable de l’Afrique vers l’objectif de zéro émission nette de CO2.

Parmi les signataires du protocole d’intention figurent, outre les institutions citées, la France, l’Allemagne, le Japon, la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique), de la BOAD (Banque ouest-africaine de Développement), et le Three Cairns Group, une organisation philanthropique.

Svenja Schulze, la ministre allemande de la Coopération économique et du développement, a salué « cette importante initiative menée par l’Afrique », rejoignant son engagement « en faveur de l’objectif de 1,5 °C et sa détermination à accélérer le zéro émission nette en Afrique ».

« Ce jour marque une étape importante vers notre objectif commun d’une transition verte juste et équitable en Afrique. Soutenant l’engagement en faveur des infrastructures vertes, nous prévoyons de contribuer jusqu’à 26 millions d’euros à l’AGIA à partir de 2024 », a-t-elle ajouté.

 

Un grand fonds

 « Dans le cadre de l’engagement pris hier par le Premier ministre Fumio Kishida, le Japon fournira dix millions de dollars à l’AGIA pour aider l’Afrique à opérer une transition juste et équitable vers le zéro émission nette et à atteindre l’objectif de 1,5 °C. Nous encourageons les autres donateurs à contribuer à cette importante initiative », a appelé Tomoyoshi Yahagi, directeur général adjoint des Finances du Japon.

« En comblant le déficit de financement de la préparation et du développement de projets d’infrastructures vertes, l’AGIA jouera un rôle déterminant dans la transition de l’Afrique vers le zéro émission nette  », a déclaré Emmanuel Moulin, directeur général du Trésor français.

« Nous avons besoin de financements du secteur privé à grande échelle pour lutter contre le changement climatique et combler l’énorme déficit d’infrastructures de l’Afrique de manière durable et résiliente au changement climatique. En travaillant ensemble et en mettant en commun nos ressources à travers l’AGIA, nous sommes déterminés à accélérer ces efforts », a précisé le président de la BAD, Akinwumi Adesina.

L’« AGIA est en passe de devenir le plus grand fonds africain axé sur le développement de projets, ce qui est un élément essentiel pour intensifier la mise en œuvre de projets verts bancables et aider le continent à atteindre ses objectifs en matière de climat. Cette première levée de fonds, qui voit la participation d’organisations africaines et internationales de premier plan, est un signe fort de la confiance que les investisseurs lui accordent », s’est félicité Alain Ebobissé, directeur général d’Africa50, gestionnaire d’AGIA.

« Dans le cadre de notre plan stratégique Djoliba 2021-2025, nous nous sommes engagés à ce qu’environ 25 % de nos nouveaux financements visent au renforcement de la résilience de nos pays membres face au changement climatique. Notre intérêt pour l’AGIA reflète cette ambition et sera conforme à notre approche stratégique de mobilisation de ressources climatiques accrues dans notre région », a affirmé Serge Ekué, président de la BOAD.

 

Dynamiser le marché des obligations vertes

Selon Françoise Lombard, directrice générale de Proparco, l’AGIA constitue « une initiative qui vise à libérer le potentiel de l’Afrique en matière d’infrastructures vertes en ciblant l’une de ses principales contraintes : le manque de projets bancables existants dans ce domaine. La structure mixte innovante de l’initiative permettra à l’AGIA de mobiliser et de canaliser des ressources publiques et privées vers la préparation et le développement de projets, qui sont les étapes les plus risquées de tout projet d’infrastructure ».

En effet, « des capitaux propres plus tolérants à l’égard du risque et disponibles à un stade précoce sont essentiels pour augmenter le nombre de projets liés aux énergies propres et au climat à travers le continent  », a salué Mark Gallogly, le cofondateur du Three Cairns Group.

D’autre part, la BAD a signé un accord de partenariat conjoint avec la coalition d’institutions de financement du développement de la Global Green Bond Initiative pour une collaboration en matière d’assistance technique. L’objectif est de promouvoir les marchés d’obligations vertes en Afrique. L’engagement de l’Afrique sur le marché des obligations vertes représente actuellement moins de 1 % des plus de 2 200 milliards de dollars d’émissions d’obligations vertes communautaires en 2022.

La coalition Global Green Bond Initiative comprend la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Cassa Depositi e Prestiti d’Italie, l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement, la banque de développement allemande KfW, Proparco (AFD), ainsi que le Fonds vert pour le climat.

L’Initiative favorisera l’afflux de capitaux privés provenant d’investisseurs institutionnels vers des projets climatiques et environnementaux dans les pays partenaires de l’UE, améliorant leur accès au capital grâce à l’assistance technique fournie aux émetteurs d’obligations vertes dans les marchés émergents et les économies en développement, et en attirant les investisseurs privés par l’intermédiaire d’un fonds dédié dérisqué, qui agira comme investisseur phare dans les obligations vertes émises dans les EMDE. L’impact attendu pourrait atteindre 15 à 20 milliards d’euros d’investissements verts.

Pour renforcer davantage le volet d’assistance technique de Global Green Bond Initiative, la coalition travaille également avec des partenaires stratégiques, notamment des banques de développement régionales telles que la BAD, pour soutenir l’émission d’obligations vertes, le développement et l’identification de réserves de projets verts, ainsi que le développement de cadres d’obligations vertes crédibles et cohérents.

@AB

Écrit par
Paule Fax

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *