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African Business

La tunisienne Simac en charge des agents du Cameroun

Le gouvernement camerounais a choisi l’entreprise informatique Simac pour rebâtir son système de gestion des paies et des carrières de la fonction publique, Sigipes. La fin, peut-on espérer, d’une série de déboires pour cette solution logicielle.

Par Laurent Soucaille

Ce vieux dossier qui empoisonne le Cameroun, serait-il enfin en voie de règlement ? La SSII tunisienne Simac est chargée par le gouvernement de piloter la seconde génération du « Système informatique de gestion des personnels de l’État ».

« Au cours d’un processus de sélection extrêmement rigoureux, nous avons tenu à deux principales choses : d’abord la transparence dans le processus, puis le respect scrupuleux des règles en matière de passation des marchés publics », explique le ministre de la Fonction publique.

Sigipes avait été créé en 1994 mais a connu de nombreux déboires, notamment avant le passage à l’an 2000. Sa relance en 2014 s’était soldée par un échec. Cette application a pour fonction de servir à la gestion de carrière des personnels de l’État camerounais (agents de la Fonction publique et contractuels), sous les instructions du ministère de la Fonction publique (Minfropa). La première version avait été conçue en partenariat avec la société camerounaise ASI.

Pour mettre en œuvre « Sigipes II », Simac (Société de l’informatique de management et de communication) a été choisie de préférence à Involys et AGIRH. Il en coûtera 4,2 milliards de F.CFA (6,4 millions d’euros) au donneur d’ordre, a précisé la commission interne formée par le ministère, qui a rendu sa conclusion le 17 mai. L’entreprise camerounaise Afreetech se chargera de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, disposant d’un an supplémentaire pour s’assurer de la fiabilité du projet.

Simac est loin d’être une inconnue. Depuis 35 ans, la SSII tunisienne œuvre à la transformation digitale des administrations publiques et des entreprises privées. Elle développe sa solution de gestion de la paie et des ressources humaines, Open PRH. Cette solution, éditée en français et en anglais, garantit la sécurité, la dématérialisation et la gestion des temps. Elle offre des possibilités d’interface avec des terminaux comme les pointeuses numériques et permet l’utilisation de la biométrie. 

Un processus rigoureux

Les choses sont allées assez vite, puisque l’appel à manifestation d’intérêt avait été lancé le 25 août 2020. Les premières auditions de la commission interne se sont déroulées à la mi-décembre, via un « dialogue compétitif ». Joseph Le, ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, explique ce dialogue compétitif avait pour but de permettre aux membres du comité de bien comprendre les solutions proposées, et de cerner les éléments d’adaptation nécessaires.

Il faut répondre aux besoins présents et futurs de l’administration, sans faire traîner les procédures. Chacune des trois entreprises a donc présenté ses solutions pour bâtir l’architecture de Sigipes II. Au terme de différentes autres étapes, Simac a donc été retenue pour réaliser le travail présenté en deux ans. « Nous arrivons au terme d’un processus de sélection extrêmement rigoureux au cours duquel nous avons tenu à deux principales choses : d’abord la transparence dans le processus et le respect scrupuleux des règles en matière de passation des marchés publics », s’est félicité le ministre.

Cette fois, à entendre les membres du gouvernement, Sigipes II sera bien mis en œuvre, même si du travail reste à faire avant la phase délicate d’effectivité du projet. En 2014, le consortium camerounais CAC-CBL Consulting, n’avait pas respecté ses engagements, en partie en raison de dissensions entre ses membres. En mars 2017, le Premier ministre d’alors, Philémon Yang, avait commandé un audit pour sortir de cette situation qui aurait fait perdre au Cameroun plusieurs milliards de francs CFA. Sans compter les 7,6 milliards de F.CFA attribués par l’Union européenne.

Le gouvernement répète depuis trois ans que le projet Sigipes II n’a de commun avec le précédent que le nom. Aujourd’hui, l’État du Cameroun utilise conjointement deux applications, le défaillant Sigipes I et le procédé Antilope (Application nationale de traitement informatique et logistique du personnel de l’État).

Mission de Sigipes II : être hautement sécurisé, flexible, intégré, capable d’assurer les applications liées à la fois à la carrière et aux finances et, être capable de prendre en charge l’ensemble des administrations ainsi que les structures décentralisées.

LS

 

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