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African Business

De nouvelles forces pour les systèmes alimentaires

Le FIDA et ses partenaires créent une coalition pour renforcer le financement de systèmes alimentaires durables et équitables par les banques publiques de développement. L’heure est venue pour eux de réorienter les investissements vers de nouveaux objectifs.

Par Aude Darc 

Des investissements considérables seront nécessaires si l’on veut créer des systèmes alimentaires durables et équitables qui profitent aux populations les plus vulnérables du monde. Quelque 350 milliards de dollars par an devraient être investis au cours des dix prochaines années pour concrétiser cette ambition. 

Les banques publiques de développement peuvent contribuer à financer ces investissements et à générer des retombées exponentielles sur le plan social et économique, selon le Fonds international de développement agricole. Le FIDA fédère la création d’une coalition de partenaires en vue d’exploiter ce potentiel.

« Les banques publiques de développement investissent déjà sensiblement dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture. En exploitant et en réorientant ces investissements afin d’appuyer la transition vers des systèmes alimentaires plus équitables et plus durables, nous pourrions véritablement changer la donne », a déclaré Gilbert F. Houngbo, président du FIDA.

La première action concrète de la coalition sera la création d’une plateforme destinée aux banques de développement, qui leur permettra de partager leurs meilleures pratiques et leur savoir-faire, de faciliter la coopération technique et de mettre en place des partenariats innovants.

L’organisme onusien tient jusqu’au 28 juillet 2021 une conférence préparatoire au Sommet des Nations unies sur l’agriculture et l’alimentation. « Il faut que les banques de développement mènent une action forte, commune et résolue à l’échelle mondiale, afin que les systèmes alimentaires profitent à tous, en particulier aux personnes les plus pauvres des zones rurales qui produisent une grande partie de notre nourriture. »

Les principaux partenaires du FIDA sont l’Agence française de développement (AFD) et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP). L’enjeu est connu : faire en sorte que les systèmes alimentaires fournissent des aliments nutritifs pour tous, assurent des moyens d’existence décents aux personnes qui les font fonctionner, et préservent l’environnement et la biodiversité.

Pour cela, des investissements seront nécessaires afin de transformer la manière dont nous cultivons, transformons, vendons et consommons les aliments. La transformation des systèmes alimentaires nécessitera des investissements de l’ordre de 300 à 350 milliards $ par an au cours de la prochaine décennie. Dépense vite rentabilisée : les retombées économiques pourraient atteindre 5 700 milliards $ par an !

Pour une transition durable et équitable

« Le système financier mondial a des ressources qui permettraient de s’attaquer aux inégalités générées par le fonctionnement des systèmes alimentaires, tout en réduisant leur impact négatif sur la planète », a déclaré Gilbert Houngbo. « Nous avons particulièrement besoin d’acteurs puissants ayant la volonté politique et la détermination nécessaires pour promouvoir ce nouvel agenda politique et le poids financier pour le réaliser. »

De leur côté, « les banques publiques de développement peuvent et doivent aller plus loin pour lutter contre l’insécurité alimentaire et favoriser une transition durable et équitable, conformément aux objectifs de développement durable et à l’accord de Paris », a expliqué Rémy Rioux, directeur général de l’AFD. Qui a invité « tous les acteurs concernés, dans le cadre du mouvement Finance en commun, à contribuer à l’intensification des investissements verts et inclusifs ». 

Actuellement, les banques de développement qui investissent dans l’alimentation et l’agriculture dans le cadre de leur portefeuille représentent près des deux tiers du financement officiel de l’agriculture. Dans une étude à paraître prochainement, l’Institute of New Structural Economics et l’AFD estiment que leurs investissements annuels atteignent 1 400 milliards $.

La future coalition réunira non seulement des banques publiques de développement, mais aussi des pouvoirs publics, des instituts de recherche, des entreprises du secteur privé et des organisations de la société civile, qui collaboreront au renforcement de la capacité des banques à réorienter, à optimiser et à accroître leurs financements en faveur d’investissements sociaux et verts, et à favoriser les petits producteurs ruraux travaillant dans certains des pays les plus pauvres du monde.

À cette fin, de nombreuses banques publiques de développement, juge l’organisme onusien, doivent réorienter leurs investissements, améliorer leur gouvernance, leur ciblage, leur évaluation et leur gestion des risques, et mieux suivre et rendre compte de leur impact environnemental et social.

Beaucoup doivent également mettre au point des instruments plus attrayants en vue de stimuler les investissements du secteur privé, ainsi que des produits financiers accessibles et abordables destinés aux producteurs ruraux et aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires.

« La coalition promue par le FIDA représente une première étape concrète dans le renforcement de la capacité des banques publiques de développement à fournir des financements abordables et des capitaux à long terme en vue de la transformation des systèmes alimentaires », a précisé Antonella Baldino (Cassa Depositi e Prestiti).

La première action concrète de la coalition sera la création d’une plateforme destinée aux banques de développement, qui leur permettra de partager leurs meilleures pratiques et leur savoir-faire, de faciliter la coopération technique et de mettre en place des partenariats innovants.

La coalition prévue s’appuie sur les travaux du Sommet Finance en commun organisé par la France en novembre dernier, au cours duquel les banques ont convenu de renforcer leurs investissements afin d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat et les objectifs de développement durable. En juin, dans la déclaration de Matera, les ministres chargés des affaires étrangères et du développement du G20 ont souligné l’importance de ces travaux.

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