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African Business

Avec le FMI, le Cameroun se dote d’un programme triennal

Le FMI appuiera un programme économique et financier de trois ans, censé placer le Cameroun sur un nouveau chemin de croissance durable. Le pays devra améliorer sa gouvernance et le climat des affaires.

Par Marie-Anne Lubin

Un encouragement, pas un blanc-seing. Les autorités du Cameroun et le Fonds monétaire international se sont accordés sur un programme de moyen terme permettant à l’économie du pays de rebondir. Un plan de 36 mois, dont les détails sont à peaufiner, sera financé par les mécanismes du Fonds, comme la FEC (Facilité élargie de crédit) et le MEDC (Mécanisme élargi de crédit).

 « Le Cameroun a démontré de la résilience face à la pandémie de la Covid-19, mais le pays continue de faire face à des défis importants », résume la mission du FMI, conduite par son représentant à Yaoundé, Amadou Sy.

Mission qui, visiblement, ne tient pas trop rigueur au Cameroun de ne pas avoir pleinement respecté les engagements pris lors de l’octroi d’une Facilité de paiement rapide, en 2020, pour faire face au choc créé par la crise sanitaire ; le pays avait alors reçu quelque 224 milliards de F.CFA (341,5 millions d’euros). Par exemple, le rapport d’audit sur la destination de ces fonds se fait attendre.

Outre l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance, de nouvelles mesures visant à améliorer l’efficacité des investissements et à renforcer l’inclusion financière seront également essentielles pour libérer le potentiel de croissance du Cameroun, juge le FMI.

En 2020, le ralentissement économique a été moins important que redouté, à la faveur des bonnes performances des secteurs agricoles et de la construction. Le déficit du compte courant s’est rétréci à 3,7 % du PIB, en raison à la fois de la baisse des importations et des exportations non pétrolières plus élevées que prévu. L’inflation est restée inférieure à 3%. En outre, « la gestion proactive de la pandémie du Covid-19 par les autorités a contribué à contenir le déficit budgétaire à 3,6% du PIB », signale le FMI.

Qui reconnaît que le Cameroun reste confronté à « des défis et vulnérabilités importants », aggravés par la crise sanitaire. Ce, alors que le pays enregistre une nouvelle vague de contaminations depuis janvier, « suscitant des inquiétudes quant aux perspectives de croissance et à la viabilité externe et budgétaire ». Dans le même temps, « les risques sécuritaires dans certaines régions du pays persistent ».

Réduire les recettes non pétrolières

L’État, appuyé par le FMI, n’est pas resté inactif. À moyen terme, son programme est axé sur la reprise post-Covid-19, « la viabilité macroéconomique et un ambitieux programme de réformes structurelles ».

Le FMI soutient la Stratégie nationale de développement pour 2020-2030 (SND-30), saluant « l’accent transversal » sur les mesures de renforcement de la bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. Le pays doit assurer sa relance économique tout en garantissant sa durabilité, accélérer les réformes pour moderniser ses administrations, mieux mobiliser ses recettes et accroître l’efficacité des investissements.

Il doit également stimuler sa diversification économique et œuvrer à la résilience de son secteur financier. Selon la mission du FMI, l’apport de ce dernier aura également pour conséquence de stimuler les investissements du secteur privé et les financements des partenaires du développement.

 « La politique budgétaire du programme devrait élargir la base des recettes non pétrolières », prévient la mission du FMI. Qui sera attentif aux risques financiers et fiscaux associés aux entreprises publiques, qui doivent faire l’objet d’une série d’audits. Bien sûr, le FMI s’inquiète du « risque élevé de surendettement du Cameroun », à qui il conseille de limiter les emprunts non concessionnels (aux taux de marché) au strict nécessaire.

 « L’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance est essentielle ; de nouvelles mesures visant à améliorer l’efficacité des investissements et à renforcer l’inclusion financière seront également essentielles pour libérer le potentiel de croissance du Cameroun », conclut le FMI. Qui pourrait libérer des décaissements successifs d’un montant global de plus de 375 milliards de F.CFA (572 millions d’euros), croit savoir le magazine Investir au Cameroun.

MALU

EN BREF

Une bonne campagne pour Sodecoton

La Société de développement du coton (Sodecoton), le géant agro-industriel, particulièrement actif dans les régions du nord du Cameroun, a produit 357 000 tonnes de coton au cours de la campagne 2020-2021, achevée le 20 mai. Soit 29000 tonnes de plus qu’en 2019-2020 (+8,8%).

La société précise que 340 000 tonnes ont été transférées dans de bonnes conditions vers les usines d’égrenage. Les investissements réalisés (infrastructures, routes, usines, etc.) permettent de limiter la récolte de coton au moment de la saison des pluies, qui gâchent la production. D’autres investissements seront nécessaires pour encore réduire cette récolte abîmée par les pluies.

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