Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Conseils aux créateurs d’entreprises

Les entrepreneurs africains sont confrontés à des obstacles bien connus, dont l’accès au capital n’est pas le moindre. Souvent, l’environnement bancaire est conçu pour prêter à l’État et non aux petites entreprises. Les taux d’intérêt sont généralement à deux chiffres et les banques demandent des garanties importantes avant d’octroyer un crédit à une start-up. Les prêts sont ainsi souvent inaccessibles à ces entreprises. 

Le capital-investissement est également difficile à trouver. Des réseaux d’investissement et des sociétés de capital-risque se développent, mais ils sont loin de répondre à la demande. 

Outre ces difficultés de financement, les petites entreprises doivent faire face aux mêmes problèmes de manque d’infrastructures et de personnel que les grandes entreprises. À la différence que les coûts associés pèsent bien plus sur les petites entreprises que sur les grandes. Dans l’ensemble, le coût de création d’une entreprise en Afrique subsaharienne s’élève à 56,2 % du revenu par habitant, contre 14,6 % en Asie du Sud et 27,7 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique, selon le rapport Doing Business 2014 publié par la Banque mondiale. Tony Elumelu compte travailler avec les gouvernements pour instaurer un environnement plus favorable aux start-up. « Nous envisageons une collaboration avec l’Union africaine pour créer des pôles de TIC dans les villes. On pourrait également avoir un pôle agricole. Les gens qui ont de bonnes idées pourraient aller dans ces pôles qui proposent une multitude de ressources. »

La Fondation Elumelu accompagnera 10 000 start-up africaines qui formeront la prochaine génération de pionniers. 

Pour autant, il est plus aisé aujourd’hui pour les entrepreneurs africains, d’étendre leur entreprise. « Prenons le cas de notre banque. Nous avons débuté au Nigeria. Aujourd’hui, nous sommes présents dans 19 pays d’Afrique. Le marché africain n’est pas aussi fragmenté qu’auparavant », analyse Tony Elumelu qui fait observer : « Les zones et les unions économiques sont plus actives et aident davantage les entreprises. Les dirigeants africains commencent à se montrer plus ouverts. »

Il a fallu plusieurs années avant qu’UBA obtienne une licence bancaire pour s’implanter au Ghana. À présent, grâce à la Cedeao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest), les entreprises peuvent plus facilement s’installer au-delà de leurs frontières. « Il existe davantage de libéralisme économique sur le continent et une volonté d’aider les entreprises africaines à prospérer. Jadis, on se méfiait des entreprises. Mais cela change. Les gens commencent à se rendre compte que les entreprises créent de la valeur ajoutée », poursuit-il. « Je pense que les futurs entrepreneurs seront confrontés à moins de difficultés. Ils suivront leur voie et s’adapteront. »

Les candidatures pour le programme d’entrepreneuriat, qui sont venues de 52 pays, ont permis à la Fondation de bien comprendre ce qui stimule – et ce qui freine – les entrepreneurs sur le continent. Connaître l’environnement et les facteurs de réussite en Afrique est un élément important de sa stratégie visant à créer un ensemble d’entreprises durable.

Aux États-Unis et en Europe, les positions des écoles de commerce sur les manières de réussir en tant qu’entreprise – et sur le sout- ien que les institutions privées et publiques peuvent apporter – influent souvent sur les priorités que les start-up se fixent. Il est essentiel de constituer des bases de connaissances et délivrer des formations spécifiques aux environnements dans lesquels évoluent les entrepreneurs africains pour aller au-delà des programmes comme celui d’Elumelu, qui sont limités dans le temps et en budget, et créer une dynamique. « Nous possédons les talents. Mais créer une entreprise est différent en Afrique, en Chine ou en Amérique. Nous avons besoin d’informations et de connaissances sur les entreprises africaines, d’études de cas », précise Tony Elumelu, qui entreprend actuellement des démarches pour monter sa propre école de commerce. « Pourquoi les entreprises ont-elles réussi ? Pourquoi ont-elles échoué ? » Pour sa part, Tony Elumelu recommande : « Mon conseil aux chefs de petite entreprise est le suivant : gérez bien votre affaire ». « Si vous gérez bien votre affaire, elle prospérera. Si vous voulez devenir Steve Jobs… progressez étape par étape », conclut-il.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts