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Conjoncture

Maroc : croissance attendue de 1,8% au deuxième trimestre

Maroc : croissance attendue de 1,8% au deuxième trimestre
  • Publiéavril 13, 2022

Après une hausse de 1,2% au premier trimestre 2022, l’économie marocaine devrait confirmer sa résilience le trimestre suivant. Ce, en dépit d’une sensible baisse des revenus agricoles et d’une hausse modeste de la consommation des ménages.

 

Par Laurent Soucaille

La croissance économique du Maroc a atteint 1,2% au premier trimestre 2022, selon le Haut-commissariat au Plan (HCP). Cette moyenne masque une hausse de 3,3% des secteurs secondaire et tertiaire, et un repli de 12,1% des activités agricoles.

Le HCP prévoit une croissance « plus soutenue » des activités hors agriculture au deuxième trimestre, à la faveur d’une reprise confirmée des branches tertiaires. Compte tenu d’une baisse de 12,9% de la valeur ajoutée agricole, la croissance de l’économie nationale se situerait à 1,8%, au deuxième trimestre 2022. Un chiffre que l’on se gardera de comparer au rebond de 15,2% au même trimestre de 2021. « Les performances économiques enregistrées en 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire », commente d’ailleurs le Centre marocain de conjoncture (CMC).

Pour le Centre marocain de conjoncture, les chiffres clefs du Maroc sont «  révélateurs de la capacité de l’économie marocaine à s’adapter aux changements qui s’opèrent dans son environnement et à saisir les opportunités qui s’offrent à elle pour améliorer ses performances, ses structures productives ».

Sans surprise, le HCP rappelle que l’économie mondiale, au premier trimestre, a été confrontée à une nouvelle dégradation de la situation sanitaire qui aurait prolongé les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. L’éclatement du conflit russo-ukrainien et les sanctions économiques qui en ont découlé ne font que renforcer ces perturbations. Cette situation pèse sur l’évolution des échanges commerciaux mondiaux et induit un ralentissement de la demande étrangère adressée au Maroc, qui affiche néanmoins une hausse de 2,5%, en variation annuelle, au premier trimestre 2022.

Sur le front de l’inflation, les prix des matières premières énergétiques auraient bondi de 80% en un an, et ceux des produits alimentaires de 24,5%, sur fond de l’escalade des cours internationaux des céréales.
C’est aussi dans un contexte de hausse des prix que le volume des exportations nationales de biens et services affiche une croissance de 5,6% au premier trimestre 2022. Cette évolution aurait été portée, principalement, par l’augmentation des ventes extérieures de phosphates et de ses dérivés.

 

Un rythme « jamais atteint » d’inflation

Pour leur part, les importations des biens, en valeur, auraient affiché une hausse de 37%. Une seule raison : la facture énergétique du Maroc. Les importations de produits finis, notamment dans l’automobile, sont en recul.

Au premier trimestre 2022, la demande intérieure affiche une sensible décélération par rapport à 2021, demeure le principal support de l’activité. Surtout grâce à la demande des administrations publiques, d’ailleurs, car la consommation des ménages n’a progressé que de 0,8%, en raison du renchérissement des prix des produits agricoles.

En variation annuelle, les prix à la consommation auraient évolué « à un rythme jamais atteint depuis 2008 », affichant une hausse de 3,6%, avec une hausse de 5,3% des produits alimentaires. Toutefois, le HCP veut croire en la « résilience de l’activité économique » du Maroc, en voulant pour preuve la croissance de 1,2% de l’activité économique.

À noter, pour en finir avec le premier trimestre, le rebond confirmé de l’activité dans l’hébergement et de la restauration, dans le sillage de l’amélioration de la situation épidémiologique au Maroc et de la réouverture des frontières aériennes, entamée le 7 février.
Enfin, la croissance de la masse monétaire a ralenti, Bank Al-Maghrib ayant réduit le volume de ses financements aux banques.

Au deuxième trimestre, les mêmes causes (pandémie, conflit en Ukraine, hausse des prix des matières premières, etc.) entraîneront probablement les mêmes effets. Dans ce contexte, la demande étrangère adressée à l’économie nationale afficherait une hausse de 3,1%, en variation annuelle, prévoient les conjoncturistes du HCP. Qui prévoient « une légère accélération » de la demande intérieure. Laquelle serait portée par la poursuite de l’affermissement des dépenses publiques, alors que les dépenses des ménages resteraient affectées par le maintien des fortes pressions inflationnistes.

Dans ce contexte, on peut s’attendre à une croissance économique hors agriculture de 4,1% au deuxième trimestre 2022. L’activité serait particulièrement portée par les branches tertiaires. Dans le secteur secondaire, les activités minières renoueraient avec une croissance positive.

En revanche, l’agriculture est attendue en recul de 12,9%. D’où la hausse du PIB limitée à 1,8%, en variation annuelle.

Évoquant les chiffres clefs du Maroc, le CMC juge qu’ils sont «  révélateurs de la capacité de l’économie marocaine à s’adapter aux changements qui s’opèrent dans son environnement et à saisir les opportunités qui s’offrent à elle pour améliorer ses performances, ses structures productives et éviter à la population marocaine de voir son niveau de vie se détériorer ».

@LS

Écrit par
Laurent Soucaille

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