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Les recommandations de la BAD

Les recommandations de la BAD
  • Publiéjanvier 20, 2023

La Banque africaine de développement préconise l’adoption de mesures fortes pour faire face aux risques auxquels l’Afrique est confrontée. Elles comprennent un mélange de politiques monétaires, fiscales et structurelles et un appel à coordonner l’action.

 

S’inquiétant longuement des conséquences de la hausse des prix des denrées et de l’énergie, les économistes de la BAD (Banque africaine de développement) appellent les pays africains de réagir. Ils établissent une série de priorités, dans le rapport semestriel de conjoncture, publié le 19 janvier 2023.

Ainsi, prônent-ils « un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation », et un resserrement « modéré » dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles. « La coordination efficace des actions budgétaires et monétaires optimisera les résultats des interventions ciblées visant à maîtriser l’inflation et les pressions budgétaires. » 

« Il existe de nombreuses opportunités d’investissements intelligents dans des secteurs clés : agriculture, marchés de l’énergie, minéraux, infrastructures de santé et industries pharmaceutiques, industrie légère, transport et logistique, économie numérique, etc. »

Sur ce point, la BAD considère que lorsque les déficits budgétaires sont importants et dépassent des niveaux viables à moyen terme, « la promotion du rééquilibrage extérieur peut nécessiter une consolidation budgétaire pour éviter un arrêt soudain des flux de capitaux ainsi que des pressions sur la balance des paiements ». Pour autant, les politiques d’assainissement budgétaire visant à réduire les déficits et l’accumulation de la dette ne doivent pas prolonger les effets à long terme de la pandémie, notamment en préservant les investissements en infrastructures favorables à la croissance, les soins de santé et l’éducation.

Conjoncture stable à moyen terme, porteuse à long terme

Bien sûr, les politiques doivent continuer à protéger les ménages vulnérables contre la hausse des prix des denrées alimentaires et du pétrole. Il est évident que les politiques budgétaires ne doivent pas aller à l’encontre des politiques monétaires, lesquelles sont d’ailleurs de plus en plus coordonnées à l’échelle mondiale.

 

Attirer les investissements

D’autre part, la BAD plaide pour un renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain, notamment en ce qui concerne les produits manufacturés, afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies.

Source : BAD, en supposant une Aide publique au développement constante entre 2020 et 2021.
Source : BAD, en supposant une Aide publique au développement constante entre 2020 et 2021.

 

L’essor souhaitable de la ZLECAf implique d’investir dans les infrastructures matérielles et immatérielles, en particulier les centres régionaux de transport et de logistique, et de faire sauter les barrières commerciales et non commerciales qui continuent d’entraver la libre circulation des biens et des services. Par exemple, l’harmonisation et le renforcement des systèmes de paiement transfrontaliers grâce à des avancées technologiques et l’accélération des efforts en faveur d’une stabilité macroéconomique coordonnée présentent des avantages supplémentaires : ils facilitent le commerce et construisent des économies régionales plus intégrées et plus résilientes.

L’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures.

« Les pays doivent accélérer les réformes économiques et structurelles en élargissant les marchés financiers nationaux, en renforçant les capacités de l’administration fiscale et en investissant dans la numérisation et la gouvernance électronique pour améliorer la transparence et réduire les flux financiers illicites », insiste la BAD.

Plus généralement, il faut viser l’amélioration de la gouvernance institutionnelle et l’adoption de politiques susceptibles de mobiliser les financements du secteur privé, en particulier dans le cadre de projets entièrement nouveaux, à l’épreuve des changements climatiques et des pandémies, et mobiliser les ressources de l’Afrique pour un développement inclusif et durable. « Les pays africains doivent inciter les flux d’investissement à revenir sur le continent, en particulier pour les projets de création d’entreprises à l’épreuve du climat et des pandémies. »

 

Gare au surendettement

Et la BAD d’appeler à des « réformes structurelles visant à promouvoir la concurrence, la création de valeur ajoutée orientée vers l’exportation, et l’industrialisation tirée par l’agriculture ». De ce point de vue, le respect des engagements pris, comme la Déclaration de Malabo, paraît essentiel.

Enfin, les économistes s’inquiètent du surendettement en Afrique. Et plaide pour la prise de mesures décisives pour réduire les déficits budgétaires structurels et l’accumulation de la dette publique dans les pays à risque, de ce point de vue. Certes, la coordination mondiale renforcera les initiatives nationales et la réactivation de la défunte Initiative de suspension du service de la dette pourrait donner aux pays endettés une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire pour faire face aux « coûts persistants », juge la BAD, qui fait allusion à une possible résurgence de la pandémie.

Au cours de sa présentation, le 19 janvier, l’économiste en chef de la BAD, Kevin Urama, a fait remarquer que l’Afrique reste une destination favorable aux investissements dans le capital humain, les infrastructures, le développement du secteur privé et le capital naturel.

« L’Afrique a un rôle important à jouer dans la stimulation de la croissance inclusive et du développement durable au niveau mondial. Il existe de nombreuses opportunités d’investissements intelligents dans des secteurs clés : agriculture, marchés de l’énergie, minéraux, infrastructures de santé et industries pharmaceutiques, industrie légère, transport et logistique, économie numérique, etc. Le continent reste une mine d’or pour les investisseurs avisés à l’échelle mondiale. »

Akinwumi Adesina, président de la BAD, Niale Kaba, ministre de la Planification et du développement de Côte d'Ivoire, et Kevin Urama, vice-président de la BAD, le 19 janvier 2023.
Akinwumi Adesina, président de la BAD, Niale Kaba, ministre de la Planification et du développement de Côte d’Ivoire, et Kevin Urama, vice-président de la BAD, le 19 janvier 2023.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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