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African Business

Fragilisé par sa dette, le Congo est sur la bonne voie

La République du Congo a adopté un train de réformes qui semblent du goût du FMI. Le pays est toujours fragilisé par sa dette mais la croissance économique, bien que grevée par l’inflation, reste bien orientée. Sauf nouveau choc, la question de la dette se fera moins vive.

 

Par Aude Darc

Le gouvernement de la République du Congo est parvenu à un accord avec le FMI (Fonds monétaire international) quant à l’achèvement de la première revue au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Au-delà de cette étape technique, le FMI, par la voix de Pritha Mitra, cheffe de mission, a émis une photographie de la situation du pays. L’économiste constate que « la reprise économique s’accélère mais reste fragile », compte tenu du contexte actuel.

La croissance du PIB réel devrait se renforcer pour atteindre 4,3% en 2022, « sous l’effet de l’amélioration de la production pétrolière, du dynamisme dans les secteurs de l’agriculture et de l’exploitation minière, de la poursuite des opérations de vaccination et du paiement des arriérés intérieurs ». Autant d’éléments qui ont déjà contribué, ces derniers mois, à la réduction des prêts non productifs et à la stabilité du secteur financier.

En revanche, une reprise plus vigoureuse est freinée par la hausse de l’inflation, prévue à 3,5%, en raison de la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et du pétrole. Les cours élevés du pétrole, s’ils se maintiennent, profiteront à l’économie, mais de grandes incertitudes planent sur les projections des prix du pétrole.

En dépit de sa lourde dette, le Congo pourra consacrer une partie de son surplus à financer les filets sociaux, à compenser les reports d’impôts consentis et à aider les ménages à lutter contre l’inflation. L’accélération des mesures visant à faciliter l’accès des petites entreprises au crédit viendra compléter ces mesures, juge le FMI.

Sur le plan des finances publiques, le FMI juge la dette du Congo « viable », évoquant « des opérations audacieuses de restructuration de la dette et la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente ». Néanmoins, la vulnérabilité de la dette reste importante, notamment dans un contexte de forte volatilité des prix du pétrole. Dans l’attente de l’apurement de certains arriérés extérieurs, la dette est classée comme étant « en difficulté ».

L’effort doit être maintenu : « Des progrès dans la passation de marché, la gestion de la dette et des finances publiques, y compris l’investissement public, seront essentiels pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs et extérieurs, et améliorer l’efficacité et la qualité de la dépense publique », explique le FMI.

 

Un délicat équilibre

Le Fonds salue la mise en œuvre de la nouvelle architecture de lutte contre la corruption, ainsi que les réformes de la gestion de la dette ; ces avancées « permettront de consolider les progrès récents en matière de gouvernance et de transparence ».

L’économie est sur le fil du rasoir, prévient le FMI : « La politique budgétaire devra maintenir un délicat équilibre entre le soutien d’une reprise économique robuste et la sauvegarde de la viabilité de la dette. »

Aussi le pays doit-il mieux mobiliser ses recettes et faire la chasse aux « subventions inefficaces » accordées aux entreprises publiques. Ces avancées « essentielles » permettront un assainissement budgétaire progressif tout en augmentant les dépenses d’aide sociale, de santé, d’éducation et d’infrastructures. « Cette priorisation des dépenses favorisera une croissance plus forte, plus inclusive et plus résiliente. »

Dans cette perspective, les réformes en cours de l’administration fiscale doivent être complétées par une intensification du recouvrement des arriérés d’impôts, une suppression significative des exonérations fiscales et douanières, et des mesures concrètes pour augmenter les recettes fiscales liées au pétrole. Le FMI considère que le budget 2022 vise « de manière appropriée » un déficit de 15,3% du PIB non pétrolier.

En dépit de sa lourde dette, le Congo pourra consacrer une partie de son surplus à financer les filets sociaux, à compenser les reports d’impôts consentis durant la pandémie et à aider les ménages à lutter contre l’inflation. L’accélération des mesures visant à faciliter l’accès des petites entreprises au crédit viendra compléter ces mesures. Sachant que le pays devra se doter d’une cagnotte pour faire face aux chocs futurs, conseille le FMI, qui fait allusion à un possible retournement à la baisse des cours du pétrole.

Enfin, le FMI adresse un satisfecit au Congo pour l’exécution du programme prévu avec services « Tous les critères de performance quantitatifs pour fin février 2022 ont été atteints. » Par exemple, la loi anti-corruption a été adoptée par le Parlement en février et promulguée en mars. Le décret d’application reprenant les règles et procédures en matière de conflits d’intérêts a connu un retard et est en cours d’élaboration avec le soutien de l’assistance technique du FMI.

@AB

 

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