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African Business

États-Unis et Chine plombent la croissance

Le FMI ajuste en forte baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2022, à 4,4%. Dans ce contexte, l’Afrique subsaharienne est plutôt épargnée. Le continent devra veiller à ne pas subir l’inflation et les possibles remontés de taux d’intérêt.

Par Véronique Clara-Véronne 

« L’économie mondiale aborde 2022 dans une position plus faible que prévu », constate le FMI. L’organise ajuste en sensible baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2022, mais envisage toujours une croissance solide pour l’an prochain. Les États-Unis et la Chine sont les principaux foyers de ce retard, qui s’observera aussi dans quelques pays émergents ou en développement.

L’Afrique subsaharienne dans son ensemble est à l’abri d’un nouveau choc économique : le FMI prévoit une croissance de 3,7% cette année, soit un simple ajustement à la baisse de 0,1 point. Révision identique pour 2023, année pour laquelle le FMI prévoit une croissance 4%, tout comme en 2021, d’après ses estimations.

Le FMI alerte aussi sur les risques élevés de catastrophes naturelles, face à l’urgence climatique. Et prévient : « Sachant que la pandémie maintient son emprise, une stratégie de santé mondiale efficace s’impose plus que jamais. »

Le FMI prévoit toujours une croissance modeste pour le Nigeria (+2,7%) cette année, et se montre un peu plus pessimiste pour l’Afrique du Sud (-0,3 point à 1,9%). « Les prévisions de croissance de l’Afrique du Sud sont corrigées à la baisse, à la lumière d’un second semestre 2021 moins dynamique que prévu et de perspectives d’investissement dégradées par la morosité persistante du climat des affaires », expliquent les économistes.

À noter un ajustement en hausse des prévisions de croissance pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) à 4,4% (+0,3 point) en 2022 ; la prévision pour 2023 n’est que marginalement revue (-0,1 point à 3,4%).

Alors que se répand le nouveau variant de la Covid-19, Omicron, les pays restreignent à nouveau les déplacements. Du fait de l’augmentation du prix de l’énergie et des ruptures d’approvisionnement, l’inflation est plus élevée et plus généralisée que prévu, en particulier aux États-Unis et dans de nombreux pays émergents et en développement. La hausse du prix des produits alimentaires a contribué à l’inflation, par exemple en Afrique subsaharienne.

La croissance mondiale devrait passer de 5,9 % en 2021 à 4,4 % en 2022, soit un demi-point de pourcentage de moins pour 2022 que prévu en octobre dernier. Voilà qui met à mal les prévisions retenues pour le programme de relance Build Back Better (Reconstruire en mieux).

Ralentissement du commerce mondial

En 2023, la croissance mondiale devrait ralentir et s’établir à 3,8 % (+0,2 point que prévu initialement), juge le FMI qui espère une levée progressive des freins à l’économie, sensible au cours du second semestre 2022. Pour valider ces hypothèses, il faudra que la situation sanitaire s’améliore dans la plupart des pays, à la faveur d’une meilleure vaccination et de traitements plus efficaces.

Reste donc un gros point noir : « la forte inflation » qui devrait persister plus longtemps que prévu. En effet, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les prix élevés de l’énergie devraient se maintenir en 2022. Toutefois, si les anticipations d’inflation restent bien ancrées, l’inflation devrait progressivement diminuer à mesure que les déséquilibres entre l’offre et la demande s’atténuent en 2022 et que la politique monétaire des principales économies produit ses effets.

D’autre part, le commerce mondial devrait ralentir en 2022 et 2023, à l’instar du rythme global de l’expansion. En supposant que la pandémie se calme en 2022, les problèmes d’approvisionnement devraient s’atténuer cette année. Le fléchissement connexe de la demande mondiale de biens contribuera également à combler les déséquilibres. Le commerce transfrontalier des services, en particulier le tourisme, devrait rester modéré.

Quels sont les facteurs de risque, hors ceux liés à la pandémie ? D’un côté, que les pressions salariales, dans les pays développés, couplées à la volatilité des prix de l’énergie, ne viennent accentuer l’incertitude.

D’un autre côté, que le relèvement des taux directeurs par les pays avancés ne vienne mettre en péril la stabilité financière et faire surgir des risques pour les flux de capitaux, les devises et les finances publiques des pays émergents et en développement. Le FMI – cela devient une habitude –, alerte aussi sur les risques élevés de catastrophes naturelles, face à l’urgence climatique. Et prévient : « Sachant que la pandémie maintient son emprise, une stratégie de santé mondiale efficace s’impose plus que jamais. »

@VCV

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