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African Business Conjoncture

Conjoncture stable à moyen terme, porteuse à long terme

Conjoncture stable à moyen terme, porteuse à long terme
  • Publiéjanvier 19, 2023

Les économistes de la Banque africaine de développement considèrent que l’Afrique devrait faire mieux que le reste du monde, ces deux prochaines années, en matière de croissance économique. Et le continent présente de meilleures perspectives de développement durable.

 

En 2023, la hausse du PIB réel en Afrique devrait dépasser 4 % en moyenne en 2023 et 2024, soit davantage que les moyennes mondiales de respectivement 2,7 % et 3,2 %. Ces prévisions proviennent du rapport semestriel Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique rendu public ce 19 janvier 2023.

À des degrés divers, les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme, bien qu’elles soient confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux. Le rapport en identifie les risques et appelle à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles, pour y faire face.

« Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale », juge l’économiste Jeffrey Sachs.

En 2022, la croissance moyenne estimée du PIB réel en Afrique a ralenti à 3,8 % en 2022, contre 4,8 % en 2021, dans un contexte de défis majeurs consécutifs au choc Covid-19 et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Malgré ce ralentissement économique, un seul pays affiche une récession, le Soudan du Sud – si l’on excepte la Libye, aux statistiques peu significatives.

Les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme.

Toutefois, le rapport émet une réserve sur les perspectives compte tenu des risques mondiaux et régionaux actuels. Ces risques comprennent la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure. Les changements climatiques – avec leurs effets néfastes sur l’approvisionnement en denrées alimentaires et le risque potentiel d’un changement de politique dans les pays où se tiendront des élections en 2023 –, représentent des menaces tout aussi redoutables.

 

Regards tournés vers le Nigeria

 « Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines », a commenté Akinwumi Adesina. Et le président de la BAD de se prévoir : « Malgré la confluence de chocs multiples, la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022, et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables. »

Source : Banque africaine de développement, janvier 2023
Source : Banque africaine de développement, janvier 2023

 

En 2022, l’Afrique centrale, soutenue par des cours favorables des matières premières, a mené la croissance du continent (+4,7 %), contre 3,6 % en 2021. Ralentissement en revanche en Afrique de l’Ouest (+3,6 % en 2022, contre 4,4 % en 2021), dans le sillage des économies ivoirienne et nigérienne. La BAD veut espérer que les efforts actuels du Nigeria pour rétablir la sécurité dans la région productrice de pétrole porteront leurs fruits en 2023.

Enfin, la croissance a été plus modeste en Afrique du Nord (+4,3% contre 5,4%) en 2022, en raison de la forte contraction en Libye (correction après le bond de 2021) et de la sécheresse au Maroc. « La croissance devrait se stabiliser à 4,3 % en 2023, soutenue par un fort rebond attendu dans ces deux pays et une croissance soutenue ailleurs dans la région », pronostique la BAD.

 

« L’Afrique est l’endroit où il faut investir »

Les cinq économies africaines les plus performantes de la période pré-Covid-19 devraient connaître une croissance de plus de 5,5 % en moyenne en 2023-2024 et retrouver leur place parmi les dix économies les plus dynamiques du monde. Ce sont le Rwanda (7,9 %), la Côte d’Ivoire (7,1 %), le Bénin (6,4 %), l’Éthiopie (6,0 %) et la Tanzanie (5,6 %).

D’autres pays devraient connaître une croissance supérieure à 5,5 % au cours de la période 2023-2024. Il s’agit de la RD Congo (6,8 %), de la Gambie (6,4 %), de la Libye (12,9 %), du Mozambique (6,5 %), du Niger (9,6 %), du Sénégal (9,4 %) et du Togo (6,3 %).Lors du lancement, l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Center for Sustainable Development (Centre pour le développement durable) de l’université de Columbia, les chiffres montrent que les économies africaines sont en pleine croissance et qu’elles progressent de manière constante.

L’économiste est chargé, au nom des Nations unies, de défendre les Objectifs de développement durable. « L’Afrique peut et va atteindre une croissance de 7 % ou plus par an de manière constante dans les décennies à venir. Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale. » Et d’ailleurs, pour Jeffrey Sachs, l’« Afrique est l’endroit où il faut investir ».

Les recommandations de la BAD

 

LS, d’après synthèse de la BAD

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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