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African Business

Vers une croissance limitée de l’Afrique en 2021

Sur le plan financier, le continent présente des risques limités, estime un panel d’économistes réunis par l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique. La crise a surtout fragilisé les plus fragiles, qu’il faudra soutenir en priorité.

Par Aude Darc

L’Afrique devrait renouer avec la croissance en 2021, mais certains pays ne retrouveront pas de sitôt leurs niveaux de production de 2019. En revanche, le risque de défaut de paiement reste limité à un nombre restreint de pays et ne devrait pas s’étendre à l’ensemble de la région. Tel est le sentiment des économistes et analystes financiers réunis par l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA).* 

Manuel Moses, le nouveau directeur général de l’ACA, a insisté sur l’importance des partenariats pour aider les économies africaines à se relancer suite à la crise sanitaire. Pour sa part, l’ACA entend apporter un soutien accru aux économies les plus vulnérables.

Les performances saluées du Sénégal n’auraient pas été possibles, si le gouvernement n’avait pas mis en œuvre un programme de résilience économique et sociale de 1,7 milliard $ dès le début du mois d’avril 2020, ce qui représente 7% du PIB.

L’entreprise a l’intention d’accroître rapidement le nombre de ses adhérents durant les mois qui viennent. Ce, avec le soutien des partenaires tels que la BEI (Banque européenne d’investissement) et la BAD (Banque africaine de développement).

Contrairement aux chocs économiques précédents qui ont surtout impacté les pays fournisseurs de matières premières, l’une des caractéristiques majeures de l’impact de la pandémie est qu’elle a particulièrement touché un éventail plus important de pays, y compris des économies plus diversifiées et celles dépendant des secteurs du tourisme et de l’aviation.

Le FMI estime qu’il faudra nécessairement mobiliser 345 milliards de dollars au cours des trois prochaines années pour aider les pays à se rétablir complètement des effets économiques de la Covid-19. De son côté, l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20 ne permettra de fournir aux pays éligibles que 6,5 milliards $ jusqu’en juin 2021.

De plus, la myriade de sources de financement non traditionnelles, en provenance du Moyen-Orient et de l’Asie, complique encore le problème de la dette.

La vigilance reste de mise

Les analystes rejoignent ces prévisions, qui ne leur semblent pas surprenantes. En effet, les pays susceptibles d’être les plus solides sont ceux qui, comme le Sénégal et l’Ouganda, implémentaient déjà des politiques fiscales et monétaires saines. Tandis que les pays déjà vulnérables avant la pandémie devraient connaître une aggravation de leur situation, avec un degré d’endettement atteignant 60 % du PIB en 2020 contre 40 % en 2015.  

Au plan sanitaire, la vigilance reste de mise, même si l’Afrique a évité une crise sanitaire majeure. Le Dr Robert Besseling (Pangea-Risk) a fait remarquer que, jusqu’à présent, la pandémie semble avoir eu plus d’impact en Afrique du Nord et en Afrique Australe. Cependant, les taux quotidiens d’infection montrent que l’Afrique dans son entièreté, les pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est y compris, est de toute évidence en proie à une seconde vague.

Sur le plan financier, les intervenants ont noté que les actions de notation ont été restreintes et concentrées là où les risques sont les plus importants et urgents, c’est-à-dire dans les pays les moins dynamiques.

En 2021, six pays Africains devraient enregistrer une dette publique brute dépassant 100 % du PIB, alors que dans l’ensemble, le poids de la dette devrait augmenter puis se stabiliser au-dessus de 60 % du PIB d’ici 2022.

Les pays les plus vulnérables sont bien connus des marchés et connaissaient déjà des problèmes avant la pandémie. Étant donné la nature isolée des défauts de paiement actuels, la tendance générale ne montre aucune menace de propagation ou de contamination régionale.

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