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Commerce

Afreximbank réduit l’impact de la crise ukrainienne

Afreximbank réduit l’impact de la crise ukrainienne
  • PubliéApril 6, 2022

La guerre en Ukraine modifie la donne pour le commerce en Afrique. Ruptures d’approvisionnement en pétrole, gaz, produits de première nécessité, chute du tourisme, etc. Afreximbank lance un programme destiné à soulager le financement d’urgence.

Par Paule Fax

 

Le Conseil d’administration d’Afreximbank (Banque africaine d’import-export) a approuvé le lancement d’un programme de financement du commerce destiné à l’ajustement des pays d’Afrique face à la crise ukrainienne. Il est baptisé Ukraine Crisis Trade Financing Programme for Africa (UKAFPA). Il s’agit d’un programme de lignes de crédit que la banque met en œuvre pour affronter les impacts de la crise ukrainienne sur les économies et les entreprises africaines. Il est doté d’un montant de 4 milliards de dollars.

Afreximbank constate que la guerre en Ukraine, déclenchée le 24 février 2022, ne cesse d’avoir d’importantes répercussions sur l’économie mondiale. Compte tenu de l’importance de la Russie et de l’Ukraine en tant que pays exportateurs de pétrole et de gaz, de matières premières et de céréales, l’éclatement du conflit a des répercussions plus larges. Et ce, notamment, sur les économies africaines, en particulier celles qui dépendent fortement des importations de céréales, d’engrais et de carburant.

« Afreximbank a une nouvelle fois montré la voie à suivre en permettant au continent de s’attaquer de manière frontale à l’impact de la crise grâce à des solutions de financement adaptées aux points de pression spécifique auxquels sont confrontés nos pays membres », se félicite le président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall.

Le programme a cinq objectifs prioritaires. Premièrement, le financement de l’ajustement des coûts de réorganisation des importations, afin d’aider les pays à faire face aux augmentations immédiates des prix à l’importation dans l’attente d’un ajustement de la demande intérieure.

Deuxièmement, le financement du rachat de pétrole et de métaux. Il s’agit de refinancer des prêts jugés « surdimensionnés » dans le contexte actuel de prix élevés du pétrole et des métaux. L’opération permet ainsi de libérer de la trésorerie pour répondre à d’autres besoins urgents, comme les importations de produits alimentaires et d’engrais et l’augmentation du coût du service de la dette.

Troisièmement, la stabilisation des recettes d’exportation des produits de base pour aider les pays et les entreprises à structurer et à conclure des contrats dérivés aux prix – élevés – des produits de base et à stabiliser les recettes d’exportation futures.

 

Des demandes supérieures à 15 milliards $

Quatrièmement, le financement du déficit des recettes touristiques. Le programme s’adresse aux banques centrales des économies dépendantes du tourisme afin de couvrir les déficits de recettes en devises résultant d’une baisse des arrivées touristiques.

Enfin, cinquièmement, une ligne de crédit d’accélération des recettes d’exportation sera déclenchée. Elle permettra à ceux qui l’activent l’achèvement de projets d’exportation importants en accélérant l’accès aux devises pour l’importation d’équipements, de technologies et d’expertise essentiels à l’achèvement du projet.

L’UKAFPA « est une réponse à l’appel urgent lancé par les États membres de la Banque en faveur d’une intervention d’urgence », commente Afreximbank qui fait valoir quelques expériences réussies dans ce domaine. Les demandes de financement conformes à l’UKAFPA reçues de toute l’Afrique dépassent déjà les 15 milliards $, précise l’établissement. Qui voit là « une certaine urgence » à répondre à ces demandes pour éviter des conditions sociales catastrophiques à travers l’Afrique et réduire le risque qu’elles se transforment en défis politiques.

Benedict Oramah, président d’Afreximbank

 

Afreximbank travaillera avec les banques et institutions partenaires pour répondre de toute urgence aux besoins des pays africains en matière de sécurité alimentaire, d’approvisionnement en carburant et de prévention des pénuries d’engrais et d’intrants agricoles. La banque redoute sur ces questions « un contexte de regain de nationalisme économique à l’échelle mondiale ».

Au-delà du financement, Afreximbank prévoit de collaborer avec la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il s’agira de lancer le groupe de coordination de la chaîne d’approvisionnement intra-africaine, dont l’objectif sera de permettre l’alignement de la production aux besoins de consommation en veillant à ce que les produits fabriqués en Afrique soient priorisés pour répondre aux besoins africains.

« Cette initiative contribuera énormément à prévenir l’anxiété et les bouleversements sociaux qui pourraient résulter des pénuries alimentaires imminentes et des coûts élevés des engrais et des produits pétroliers », commente le président d’Afreximbank, Benedict Oramah.

 

Renforcer la résilience

De son côté, le président du Sénégal, Macky Sall, a exprimé son soutien à une initiative qui rappelle les précédentes : « Je me félicite de l’énergie renouvelée des institutions africaines qui ont conduit notre réponse coordonnée et réussie à la pandémie. »

L’Afrique est maintenant confrontée aux défis socioéconomiques engendrés par un contexte mondial conflictuel. « Afreximbank a une nouvelle fois montré la voie à suivre en permettant au continent de s’attaquer de manière frontale à l’impact de la crise grâce à des solutions de financement adaptées aux points de pression spécifique auxquels sont confrontés nos pays membres », se félicite le président en exercice de l’Union africaine. Macky Sall « souhaite que l’UKAFPA joue un rôle majeur dans le renforcement de la résilience en matière de nutrition et de sécurité alimentaire sur le continent africain ».

Enfin, Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA, salue l’opération : « Cette nouvelle ligne de crédit arrive à point nommé et aidera les pays à renforcer leur résilience face à un nouveau choc exogène. » À son sens, les lignes de crédit approuvées par Afreximbank constituent « des outils essentiels pour continuer à renforcer l’architecture financière continentale », au moment où les pays cherchent à reconstruire leurs économies et à tirer parti de la ZLECAf.

@PFax

 

Écrit par
Paule Fax

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