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African Business

Comment relancer la quête des Objectifs de développement durable

Comment relancer la quête des Objectifs de développement durable
  • Publiéavril 26, 2024

Tandis que la charge de la dette s’accroît et que s’intensifie la nécessité d’une transition économique juste et durable, les pays africains ont besoin d’une architecture financière renouvelée.

 

On ne s’étonnera pas que le dixième Forum régional africain pour le développement durable, qui se tient à Addis-Abeba (Éthiopie) soit le théâtre d’appels vibrants à la mobilisation internationale.

Dès les premières heures des travaux, vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, a déclaré qu’il est urgent d’agir pour accroître les flux de capitaux vers les pays en développement, en particulier en Afrique, afin de faire de la relance des ODD (Objectifs de développement durable) une réalité. Elle a également exhorté la communauté internationale à soutenir l’Afrique dans ses efforts visant à concrétiser sa vision du développement.

Pour sa part, le Bénin a donné la priorité à la mécanisation agricole pour s’assurer que les gens n’aient pas à effectuer de travail très pénible dans les fermes et soient capables d’obtenir de meilleurs résultats.

Les participants à cette réunion de la CEA (Commission économique en Afrique) ont pris connaissance d’un rapport mettant en exergue les défis mondiaux et ceux de l’Afrique. Lesquels, conclut ce document, rendent caduques les stratégies de l’approche Business as usual non durables, considérant qu’une nouvelle approche transformatrice est nécessaire.

Pour que cela se concrétise, les pays africains ont besoin de plans et de stratégies de développement holistiques qui réorientent fondamentalement leurs systèmes de production, de consommation, de gouvernance, de technologie, de capital humain et financier.

C’est à ce prix que le potentiel de l’Afrique se réalisera, par une croissance accélérée, inclusive et durable, juge le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Getete. Lequel a plaidé en faveur « de mécanismes de financement innovants, associés à des réformes de l’architecture financière mondiale », pour ouvrir de nouvelles voies d’investissement durable et de croissance inclusive en Afrique.

Le Secrétaire exécutif de la CEA a également noté que les défis climatiques en Afrique réduisent les budgets jusqu’à 5 % du PIB par an, dans un contexte où les besoins en infrastructures et en matière de changement climatique sont élevés et dont le coût est estimé entre 68 et 108 milliards $ par an.

 

Une fenêtre d’opportunité

« La ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) offre une opportunité unique de stimuler l’agro-industrie et de renforcer la sécurité alimentaire, pierre angulaire de la résilience face à des défis multiformes », considère Claver Gatete.

Lors de la présentation du rapport, l’économiste Zuzana Schwidrowski a souligné que l’Afrique dispose d’une « fenêtre d’opportunité » pour entreprendre une transition offrant un impact majeur et guidée par un récit et des besoins informés par l’Afrique. « Des facteurs tels que la jeunesse de la population, les terres arables, les ressources renouvelables, les énormes gisements de minéraux stratégiques et les avantages des technologies émergentes pour les retardataires permettent au continent de façonner la transition durable au niveau mondial. »

Présentation du rapport Investir dans une Transition juste et durable en Afrique, le 24 avril 2024.
Présentation du rapport Investir dans une Transition juste et durable en Afrique, le 24 avril 2024.

 

Bien sûr, cette transition qui réponde aux besoins de l’Afrique et agisse comme un système économique qui englobe la durabilité environnementale, l’atténuation sociale et l’industrialisation verte, doit être bien définie et comprise.

Elle nécessite des changements fondamentaux au niveau des systèmes économiques (en particulier de production et de consommation), de gouvernance et de technologie. Ces changements doivent être motivés par une utilisation efficace des ressources naturelles, le développement d’infrastructures durables, une industrialisation à faible émission de carbone et des systèmes agroécologiques résilients.

En matière de financement, juge la CEA, l’architecture financière mondiale nécessite également un changement de paradigme. C’est pourquoi l’institution « suggère » aux décideurs politiques africains d’adopter une vision et des stratégies tournées vers l’avenir « qui maximisent les avantages que le continent tire des opportunités économiques et technologiques émergentes et d’utiliser les mécanismes continentaux ».

Et Amina Mohammed de considérer que le service de la dette en Afrique « atteint un niveau record en raison des chocs extérieurs, ce qui ne laisse que très peu d’espace budgétaire, voire rien, pour investir dans le développement durable ». Il est vrai que le service de la dette « a représenté l’année dernière le chiffre stupéfiant de 47,5 % des recettes publiques en Afrique subsaharienne. Il s’agit des principales dépenses consacrées aux services essentiels, ainsi qu’aux investissements destinés aux domaines de l’éducation et de la santé pour l’avenir du continent ».

 

Il est temps d’agir

Selon Amina Mohammed, au moins 500 milliards $ par an sont nécessaires pour accroître le financement abordable à long terme du développement, parallèlement aux réformes structurelles au sein même des institutions et des règles qui constituent l’architecture financière mondiale.

Et recommande aux pays africains d’élargir leur espace budgétaire en exploitant stratégiquement leurs ressources naturelles. « Cela peut être réalisé en développant les minéraux stratégiques, en comptabilisant le capital national, en réduisant les flux financiers illicites et en tirant parti du rôle stratégique du continent. »

« Compte tenu de l’ampleur du défi que représente le changement climatique, ainsi que la montée des inégalités et de la pauvreté, il n’y a pas de temps à perdre. Il est grand temps d’agir », commente la secrétaire exécutive adjointe Hanan Morsy (photo ci-contre).

Les pays africains devraient déployer efficacement la planification du développement comme outil de transformation pour renforcer la résilience et le développement durable à une période de crises incessantes,

« La planification du développement en Afrique est désormais influencée à la fois par les ODD et par l’Agenda de l’Afrique, l’Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons », résume le secrétaire exécutif adjoint de la CEA.

« Ces programmes ont tous les deux placé la durabilité, l’utilisation éthique et responsable de la technologie, l’action climatique, l’investissement, l’industrialisation ainsi que le développement centré sur l’homme au cœur du programme de développement, et ont chargé les planificateurs du développement de revoir leurs priorités et leurs paradigmes de développement pour les aligner par conséquent ».

 

Stratégies globales et stratégies pays

Sachant que les pays africains ont d’autres feuilles de route, en fonction de leurs spécificités (dette, situation géographique, etc.) et qu’ils doivent respecter les grands engagements sur le Climat.

Par exemple, en tant que pays fragile, la Somalie a besoin d’une vision de développement à long terme pour l’allégement immédiat de la dette et l’embargo sur les armes d’Al Shabaab, a reconnu le directeur exécutif du Conseil exécutif national somalien, Hassan Hosow. « Cela nécessitera un engagement politique, un leadership national et des arrangements institutionnels appropriés. »

Pour sa part, le Bénin a donné la priorité à la mécanisation agricole pour s’assurer que les gens n’aient pas à effectuer de travail très pénible dans les fermes et soient capables d’obtenir de meilleurs résultats.

Pour garantir la mise en œuvre de la mécanisation agricole, le gouvernement organise des formations dans les écoles de formation agricole qu’il a créées. Et a réservé une Zone industrielle spéciale de plus de 10 000 hectares ; 75 % de la superficie est destinée à la transformation du textile et de l’habillement. Un exemple de planification du développement.

 

AD, d’après différents comptes rendus de la CEA.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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