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Comment le Congo peut mobiliser les capitaux privés

Comment le Congo peut mobiliser les capitaux privés
  • Publiéoctobre 2, 2023

La Banque africaine de développement distingue les lacunes et les opportunités de la République du Congo en matière de financement privé en faveur du climat et de la croissance verte. Une jeune population exprime des besoins auxquels des financements nouveaux pourraient répondre.

 

 

« Confrontée à des contraintes de financement persistantes et sévères en dépit de sa richesse naturelle abondante, l’économie congolaise devrait sortir des sentiers battus et essayer d’emprunter des voies innovantes pour financer son développement. » Ainsi la BAD (Banque africaine de développement) aborde-t-elle l’analyse du Congo dans son « rapport pays » de la capacité du pays à mobiliser les capitaux privés pour son développement [Lire la présentation de cette initiative et les grandes lignes de ces rapports ICI].

La gestion des déchets constitue « une nécessité et une urgence », notamment dans les villes, juge la BAD, ainsi que le recours aux technologies propres ; deux sources parmi d’autres d’opportunités de financements privés.

Avec un taux de pression fiscale de 9,8%, le pays doit explorer toutes les voies possibles pour mobiliser les ressources nécessaires à son « ambitieux plan de développement » en considérant son capital naturel et les services écosystémiques qu’il fournit au monde comme des actifs qu’il peut exploiter pour générer des flux financiers supplémentaires, notamment privés, afin de combler les écarts de financement.

La République du Congo serait l’un des pays au monde les plus vulnérables au changement climatique, ce qui nécessite une réaction forte. Certes, le pays, jouit d’un énorme potentiel de croissance verte et d’action en faveur du climat, et affiche un engagement politique ferme à atteindre ses objectifs. « Cependant, les progrès dans ces domaines ont été lents par rapport à d’autres pays d’Afrique », analyse la BAD, notamment dans les segments des opportunités économiques vertes et de l’inclusion sociale.

Performances détaillées du Congo en matière de croissance verte (source : BAD).

 

« Pour que le Congo réalise pleinement ses ambitions en matière de croissance verte et d’action climatique, le secteur privé devra être fortement mobilisé », face à l’ampleur des investissements juge la BAD. En dépit des bonnes volontés, la plus grande partie des flux de financement climatique au Congo sont publics, les financements privés ne représentant que 5,4% du total des financements climatiques. Ils pourraient représenter jusqu’à 75% des besoins, dans un scénario « optimiste », 25% dans un scénario plus prudent.

 

Des services énergétiques alternatifs propres

Sachant, bien sûr, que les investissements publics ont leur rôle, en suscitant des participations privées. Dans ce cadre, le Congo offre diverses opportunités sectorielles d’investissement dans la croissance verte dans différents secteurs, notamment l’agriculture et la sécurité alimentaire, les infrastructures, la santé, l’éducation, les transports, la gestion de l’eau et des autres ressources, etc. La plupart de ces opportunités d’investissement du secteur privé sont motivées par plusieurs facteurs.

Le premier est la recherche de bien-être pour les populations et la réduction des inégalités. La majeure partie de cette population est composée de jeunes et de personnes d’âge moyen, et réside de plus en plus dans des zones urbaines ou urbanisées. Cela ouvre au secteur privé des possibilités d’investissement dans la fourniture de logements urbains abordables et écologiques et de services de transport, d’alimentation et de gestion des déchets.

Le passage d’une économie entièrement basée sur le pétrole à une économie diversifiée, comme le recherche le Congo, suppose une demande accrue de produits comme l’énergie pour les ménages et d’autres utilisations productives. C’est l’occasion pour le secteur privé d’investir dans la fourniture des services énergétiques alternatifs propres, tels que ceux issus des énergies renouvelables.

Dans ce domaine, le Congo recèle un « potentiel considérable », poursuit la BAD, notamment l’énergie hydroélectrique, solaire et éolienne. Les investisseurs privés peuvent financer des projets de développement d’installations d’énergies renouvelables comme les centrales hydroélectriques et les parcs solaires.

Dans l’agriculture, les investissements privés peuvent se focaliser sur le développement de pratiques agricoles durables, telles que l’agroforesterie et l’agriculture biologique, notamment dans les zones agricoles protégées à forte productivité créées au Congo.

Dans le domaine de la protection de la biodiversité, les investissements privés peuvent être dirigés vers des projets tels que l’écotourisme, les corridors écologiques et la préservation des espèces menacées. De plus, pour combler l’« énorme déficit infrastructurel » du Congo, les investissements privés peuvent soutenir la transition vers des modes de transport plus durables, tels que le développement de transports en commun efficaces et du transport fluvial.

Il en est de même dans la gestion des déchets constitue « une nécessité et une urgence », notamment dans les villes, ainsi que dans les technologies propres, sources d’opportunités de financements privés.

 

L’opportunité des nouveaux instruments financiers

Reste au pays à affronter ses défis ou ses lacunes, comme l’absence de politiques et de stratégies claires et solides de croissance verte, l’impossibilité d’emprunter devant le coût élevé du capital et l’accumulation d’une « dette insoutenable ». La BAD déplore également un « faible niveau de compétences dans le pays pour répondre aux besoins de la croissance verte et de l’action climatique ».

Ainsi que l’« inadéquation entre la demande et l’offre de projets commercialement viables pour les investissements du secteur privé ».

Charge au pays de saisir les « opportunités », comme de nouvelles incitations fiscales, 

les instruments de financement mixte ; l’appel aux institutions financières nationales pour combler le déficit de financement des PME ; l’augmentation de l’utilisation des instruments de financement durable tels que les obligations et les financements verts, et les prêts durables. Il s’agit d’exploiter l’« appétit croissant du capital privé et du capital-risque mondial et national pour les marchés d’Afrique » que distingue la BAD.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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