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Cemac : une conjoncture porteuse, malgré l’inflation

Cemac : une conjoncture porteuse, malgré l’inflation
  • Publiéjuillet 15, 2022

La Banque centrale des États d’Afrique centrale se montre sereine : la croissance économique est revue en hausse et les indicateurs financiers restent bien orientés. En dépit des tensions inflationnistes, il n’y a pas lieu de toucher aux conditions de crédit.

 

Par Laurent Soucaille

Croissance économique, inflation, mais pas de risque de surchauffe nécessitant une hausse des taux. Ainsi pourrait-on grossièrement résumer les conclusions du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC (Banque centrale des États de l’Afrique centrale). Pour la première fois depuis décembre 2019, cette instance s’est réunie « en présentiel », sous la présidence du gouverneur Abbas Mahamat Tolli, le 14 juillet 2022. Et, une fois n’est pas coutume, les conclusions du CPM ont été communiquées dans la foulée de la réunion…

« L’économie centrafricaine connaît à présent un ralentissement sous l’effet de la hausse des prix à l’importation des denrées alimentaires et du carburant, des pénuries de carburant, et de l’augmentation des frais de transport », prévient le FMI.

L’instance a pris note du contexte international : accélération des tensions inflationnistes, détérioration progressive des perspectives économiques mondiales, liées à la guerre en Ukraine. Ces facteurs « nourrissent actuellement de fortes craintes de récession dans plusieurs pays », relève le banquier central. Qui acte le net ralentissement de l’économie mondiale ; la Banque mondiale prévoit une croissance limitée à 2,9 % cette année, après le rebond de 5,7% enregistré en 2021.

Dans ce contexte, l’Afrique centrale semble défier la tendance. En effet, les économistes de la BEAC ont revu à la hausse les prévisions de croissance de la zone, favorisée par « une évolution plus favorable des termes de l’échange et le dynamisme de tous les secteurs ». À noter que le CPM n’évoque pas, dans son compte rendu, le recul de l’euro, donc du franc CFA, sur les marchés des changes.

Plus spécifiquement, les économistes tablent sur une croissance de 3,5 % en 2022 et de 3,3 % en 2023. Il est vrai qu’en 2021, le rebond (+1,5 %) avait été plus modeste, en Afrique centrale. La BEAC s’attend à une poussée des tensions inflationnistes : 3,8 % en 2022 et 3,6 % en 2023, après une hausse limitée des prix à 1,6 % l’an dernier.

En moyenne, dans la région, la BEAC prévoit d’autre part à un excédent du solde budgétaire, hors dons, à 1,2 % du PIB en 2022. Ce poste pourrait redevenir légèrement déficitaire en 2023. De même, le solde du compte courant devrait afficher un excédent de 4,6% cette année et de 2,2% en 2023, après un déficit de 1,4% en 2021. Enfin, la BEAC s’attend à une augmentation du taux de couverture extérieure de la monnaie et une légère hausse des réserves de change.

En conclusion, « malgré la persistance des risques, particulièrement au plan de la stabilité interne de la monnaie », le CPM a décidé de maintenir inchangés ses principaux instruments de politique monétaire. À savoir un taux des appels d’offres à 4 % et un coefficient de réserves obligatoire de 7 % sur les exigibilités à vue.

En bref : Contexte difficile en Centrafrique, selon le FMI

Une équipe des services du FMI (Fonds monétaire international) s’est rendue à Bangui du 7 au 15 juillet 2022. Son représentant constate : « Alors qu’une reprise économique s’amorçait, l’économie centrafricaine connaît à présent un ralentissement sous l’effet de la hausse des prix à l’importation des denrées alimentaires et du carburant, des pénuries de carburant, et de l’augmentation des frais de transport. »

On peut donc craindre un ralentissement de la croissance et une résurgence de l’inflation. Les autorités centrafricaines ont enclenché un processus de consolidation budgétaire. « Dans ce contexte difficile, des efforts devront être déployés pour que les opérateurs économiques qui fournissent des biens et services à l’Etat soient payés à temps, afin de maintenir leur activité économique et réduire les risques d’aggravation du chômage », fait observer le FMI.

Qui entend suivre le pays dans « les efforts en cours pour harmoniser la loi centrafricaine sur les cryptoactifs avec les engagements régionaux au niveau de la zone Cemac ». Seule allusion à aux velléités du pays de lancer sa cryptomonnaie, le Sango.

« Pour la période à venir, il sera essentiel de déployer des efforts concertés pour mobiliser des ressources concessionnelles auprès de partenaires au développement afin de renforcer la résilience de l’économie aux chocs, de préserver les dépenses publiques en faveur des populations vulnérables, et d’assurer la disponibilité continue des services publics », conclut le FMI. L’institution prolonge de trois mois le programme de référence actuel auprès de la Centrafrique, constatant « de nouvelles avancées sur le plan des réformes structurelles ».

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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