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African Business

CEA : Une croissance sous contraintes

À quelques semaines de sa prochaine session, la Commission économique pour l’Afrique précise les contours de ses discussions à venir. La crise sanitaire a révélé le besoin d’unifier la stratégie numérique, pour une croissance soucieuse des contraintes climatiques.

Par Paule Fax

La 53e session de la CEA (Commission économique pour l’Afrique) se tiendra du 17 au 23 mars 2021. Les deux derniers jours, elle réunira en Conférence les ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique.

Les jours précédents seront le théâtre de discussions de haut niveau entre spécialistes du développement, experts, économistes, etc. L’événement aura pour thème, « l’industrialisation durable et la diversification de l’Afrique à l’ère du numérique dans le contexte de la Covid-19 ». 

La CEA considère que l’Afrique doit appréhender l’industrialisation et la diversification écologiquement durables comme des moyens de créer des emplois décents pour les jeunes Africains qui entreront sur le marché du travail, d’ici à 2030.

Les préparatifs de cette réunion ont atteint « un stade avancé », fait savoir la CEA, ce 3 février. Le thème choisi illustre la volonté du continent de s’industrialiser et de créer des emplois pour les millions de sa population, en particulier les jeunes qui rejoignent le marché du travail chaque année.

Stephen Karingi est directeur de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la CEA. Il considère qu’avec la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), désormais engagée, le thème retenu « offre aux ministres et aux experts une plateforme pour discuter de la nécessité de garantir l’intégration des stratégies de numérisation ». Ce, alors que les pays africains doivent proposer des cadres politiques et garantir la planification de l’industrialisation.

Pour lui, « la ZLECAf est utile en ces temps difficiles où le continent lutte contre la Covid-19. Il est essentiel que nos gouvernements concluent des accords institutionnels pour la coopération dans l’économie numérique, et prennent des dispositions pour soutenir les capacités numériques et connecter les entreprises africaines. »

L’entrée en vigueur de la ZLECAf marque un tournant unique dans la poursuite de l’industrialisation du continent ; le commerce électronique, un catalyseur clé dans les économies numérisées, est une pierre angulaire de l’infrastructure de l’accord.

L’un des axes de réflexions de la CEA, cette année, tient dans la nécessité pour les pays africains de parvenir à une croissance économique rapide, sans exacerber le coût environnemental du développement. La réflexion conduit à un alignement des stratégies de développement sur les mesures d’atténuation du changement climatique. Bien sûr, l’industrialisation, tout en étant un moteur efficace de croissance pour de nombreux pays développés, a coûté cher au climat mondial.

Durabilité et inclusion

Selon la CEA, les pays africains devront mettre en œuvre des stratégies de développement qui reconnaissent qu’une croissance meilleure, plus sûre et plus inclusive implique une action climatique forte et une utilisation efficace des ressources naturelles.

Le thème choisi illustre également que la voie de développement de l’Afrique doit éviter les erreurs des pays développés et chercher plutôt à adopter sa modernisation grâce à la numérisation et à des activités d’industrialisation moins coûteuses pour la planète.

Alors que la pandémie Covid-19 a gravement affecté l’économie africaine, la poussant à la contraction, pour la première fois en plus de vingt ans (baisse -2% à -5,4% du PIB), elle a souligné la nécessité d’accélérer la numérisation de l’Afrique.

CEA 53è Session 2021

Si la numérisation émergente peut être mise à l’échelle, elle peut être transformationnelle, aidant l’Afrique à s’industrialiser et à se diversifier durablement au sein d’une économie numérique mondiale estimée à plus de 11 500 milliards de dollars.

La CEA considère que l’Afrique doit appréhender l’industrialisation et la diversification écologiquement durables comme des moyens de créer des emplois décents pour les 170 millions de jeunes Africains qui devraient entrer sur le marché du travail d’ici à 2030. Il s’agit de mieux bâtir à partir de la crise sanitaire et d’assurer la résilience aux chocs futurs.

Pour leur part, les délibérations de la Conférence porteront sur la manière dont les pays peuvent tirer parti de l’innovation technologique rapide pour favoriser une croissance économique plus forte et promouvoir la durabilité et l’inclusion, dans le contexte de l’action urgente nécessaire pour compenser l’impact du Covid-19 sur les économies et la trajectoire économique de l’Afrique. Rendez-vous le 17 mars.

PF

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Written by Par Paule Fax

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