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African Business

Ce qu’a dit la ministre Rosine Sori-Coulibaly

L’objectif à moyen terme du programme de coopération monétaire est de créer une monnaie unique et une Banque centrale commune pour la région de la Cedeao. La cinquième réunion de la Task Force présidentielle qui s’est tenue le 21 février 2018 à Accra, a réaffirmé l’engagement politique à réaliser la monnaie unique de la Cedeao en 2020 et l’engagement des pays membres à ratifier et à mettre en oeuvre tous les protocoles et conventions de la Communauté. Elle a adopté la feuille de route révisée pour le programme de la monnaie unique de la Cedeao et instruit l’ensemble des acteurs à mettre en oeuvre la feuille de route révisée.

Quels vos principaux partenaires économiques du Burkina ?

Pour les partenaires bilatéraux, les cinq plus grands contributeurs sur les années 2016 et 2017, sous le critère des conventions de financements signées, sont la France (92,34 milliards de F.CFA), le Danemark (68,44 milliards), le Japon (59,75 milliards), la Suisse (43,03 milliards) et l’Allemagne (38,27 milliards). Leurs contributions ont représenté 70 % des ressources bilaté­rales sur ces deux années. Les partenaires européens restent en tête de liste. Les partenaires nord-américains, notamment le Canada et les États-Unis, sont classés respectivement, 6e et 15e.

Sur la base des décaissements pour le finan­cement des programmes et projets de développe­ment, pour la période 2007-2016, les cinq princi­paux partenaires multilatéraux ont été la Banque mondiale (2 076,98 millions $), l’Union européenne (1 640,50 millions $), la BAD (700,94 millions $), l’Unicef (386,70 millions $), le FMI (271,41 millions $).

Au niveau des partenaires multilatéraux, les cinq plus grands contributeurs en 2016 et 2017, pour les conventions signées, sont la BID (381,61 milliards de F.CFA), la Banque mondiale (367,62 milliards), l’UE (279,63 milliards), la BAD (108,33 milliards), la BOAD (49,75 milliards). Ces cinq bailleurs représentent 92,37 % du volume total des conventions signées auprès des multilatéraux en 2016 et 2017.

Les financements mobilisés sous forme de conventions d’établissement signées avec les ONG et associations de développement s’élèvent à 92,56 milliards de F.CFA.

Quel est à ce jour l’impact de la situation sécuritaire sur l’économie nationale ?

Le terrorisme a eu des impacts négatifs sur les investissements étrangers, en particu­lier dans les secteurs des mines, du tourisme et de l’hôtellerie. Le coût estimé des manques à gagner occasionnés par les attaques de janvier 2016 à Ouagadougou au niveau des hôtels, agences de voyages et restaurateurs, s’élève à près de 883 millions de F.CFA.

Au niveau des finances publiques, la contraction des chiffres d’affaires dans ces secteurs directement touchés (tourisme, hôtellerie, restauration) réduit la percep­tion de taxes sur le tourisme et des recettes de service. Les attaques terroristes renchérissent également les dépenses publiques et privées avec la prise en charge des pertes en vie humaine, des blessés, des dégâts matériels et des aspects sécuritaires.

Des mesures visant au renforcement des moyens sécuritaires ont été prises comme la création d’un comité interministériel, l’opérationnalisation de l’Agence nationale de renseignement, le renforcement des contrôles pour sécuriser les frontières et les villes, le renforcement des mesures de sécurité dans les hôtels ou encore la réactivation de la police de proximité.

En outre, la dotation des ministères en charge de la sécurité, a sensiblement augmenté. En 2017, le montant affecté à la sécurité a augmenté de 19,1 milliards de F.CFA par rapport à 2016.

Selon le rapport Doing Business 2018, le Burkina est classé 148e des pays sur 190 pays et accuse un recul de deux places cette année, après plusieurs années de hausses. Comment y remédier ?

Ce recul de deux places pourrait s’expliquer par l’absence de réformes significatives et réussies dans les domaines du raccordement à l’électricité, de l’obtention de prêts, de la protection des investisseurs minoritaires, de l’exécution des contrats et du paiement des taxes et impôts. Une analyse comparative des scores du Burkina Faso dans chaque domaine montre qu’il n’y a pas eu d’actes véritables qui permettent de lever les lourdeurs et autres désagréments dans l’objectif de rejoindre les meilleures pratiques mondiales et même dans l’Uemoa.

En matière de création d’entreprise, même si de façon générale, le Burkina Faso occupe une place intéressante (74e), il est classé cinquième dans l’Uemoa. On note des efforts au niveau des procédures et des délais pour faciliter la création d’entreprise, les coûts restent. Le coût de la création d’une entreprise au Niger représente 8,3 % du revenu par habitant contre 42,6 % au Burkina Faso.

Nous pouvons y remédier d’une façon générale en nous inspirant des bonnes pratiques d’autres pays plus performants. L’île Maurice et le Rwanda, qui se distinguent par leurs réformes vigoureuses, nous indiquent le chemin à suivre.

Quelles sont les perspectives de croissance ?

En 2018, l’activité économique devrait maintenir son dynamisme. Nous prévoyons une croissance de 6,9 %. Au niveau du secteur primaire, l’activité sera soutenue par la consolidation des actions entreprises en 2017 et par la poursuite des grands chantiers de moder­nisation de l’agriculture. Concernant le secteur secon­daire, il devrait atteindre une croissance de 8,3 %. Quant au secteur tertiaire, il bénéficierait des performances enregistrées dans les secteurs primaire et secondaire et sa valeur ajoutée devrait augmenter de 6,8 % en 2018.

Au niveau de l’emploi, la croissance serait tirée par la consommation finale (6,3 points de contribution à la croissance), l’investissement (2,4 points), les échanges extérieurs s’étant repliés (-1,8 point).

L’inflation, sous l’hypothèse d’une bonne pluvio­sité et de la poursuite des mesures gouvernementales, devrait rester dans la limite de la norme communautaire en 2018, soit en dessous de 3 %.

Néanmoins, je dois reconnaître que les perspectives de croissance restent sujettes à des facteurs de risques tels que les attaques terroristes, la vulnérabilité de l’agri­culture aux aléas climatiques, la persistance des reven­dications sociales, la faible mobilisation des ressources pour le financement du PNDES et la volatilité des cours des matières premières… 

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