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Capital-Risque

Un nouveau fonds pour les futures licornes

Un nouveau fonds pour les futures licornes
  • Publiéfévrier 2, 2022

La fondation suédoise Norrsken a levé 110 millions de dollars pour son fonds de capital destiné à financer les jeunes pousses et les entreprises en développement, en Afrique. De l’amorçage à la phase de développement, le soutien sera aussi technique.

Par Véronique Clara-Véronne

L’intérêt de la Norrsken Foundation pour l’Afrique ne se dément pas. La fondation suédoise s’est associée à trente fondateurs de licornes et à quelques investisseurs chevronnés en capital-risque et en capital-investissement pour lancer un fonds de 200 millions de dollars destiné aux start-up africaines. Voici deux mois, la fondation avait ouvert sa Norrsken House à Kigali (Rwanda), destinée à accueillir progressivement, d’ici l’an prochain, des milliers d’entrepreneurs.

Autre originalité, le fonds entend intervenir sur l’ensemble du spectre du capital-risque, de la phase de projet et d’amorçage à la phase de développement, précédant la sortie du capital. Cette méthode permet de soutenir à coup sûr les champions technologiques de demain.

Le fonds, baptisé Norrsken22 African Tech Growth Fund, a atteint sa première clôture de 110 millions $. La fondation Norrsken s’est associée à Hans Otterling, associé chez Northzone, une équipe d’investissement dirigée par Natalie Kolbe, précédemment responsable mondiale du capital-investissement chez Actis en Afrique du Sud, son collègue d’Actis Ngetha Waithaka au Kenya, et Lexi Novitske, fondatrice d’Acuity Venture Partners au Nigeria.

Niklas Adalberth (Fondation Norrsken) résume : « L’Afrique compte 1,2 milliard d’habitants, dont 60 % ont moins de 25 ans. Au cours de la prochaine décennie, cette jeune génération axée sur le numérique changera non seulement l’avenir de l’Afrique mais aussi du monde. »

Voilà qui vient confirmer la bonne santé du capital-risque en Afrique. Ce type de financement sur le continent a atteint un niveau record, en 2021, à plus de 4 milliards $, plus que ce que les start-up ont levé au cours des deux années précédentes. La croissance et les transactions à un stade avancé telles que les tours de table de plus de 100 millions de dollars des licornes Andela, Flutterwave, Chipper Cash, OPay et Wave et d’autres sociétés ont largement propulsé cette croissance.

Toutefois, notent les professionnels, la plupart de ces transactions importantes sont souvent financées par des sociétés de capital-risque internationales, car les investisseurs locaux ont tendance à se concentrer sur les cycles de pré-amorçage aux séries A, avec des fonds de taille modeste.

Des professionnels chevronnés

Les promoteurs du fonds partent aussi d’un constat : il manque quelque chose dans la chaîne du financement. « Les investisseurs viennent avec leur capital, qui est précieux, bien sûr, mais ils ne viennent pas avec les connaissances locales pour aider ces entreprises à se développer à travers le continent. Et c’est le chaînon manquant que nous cherchons à débloquer avec ce fonds », explique Lexi Novitske à la revue spécialisée TechCrunch.  

Norrsken22 se présentera donc comme une entreprise purement « africaine » qui permettra aux start-up de débloquer des partenariats importants pour augmenter leurs revenus, trouver les meilleurs talents et faciliter les plans d’expansion.

Autre originalité, le fonds entend intervenir sur l’ensemble du spectre du capital-risque, de la phase de projet et d’amorçage à la phase de développement, précédant la sortie du capital. Cette méthode permet de soutenir à coup sûr les champions technologiques de demain, justifie un participant au tour de table.

L’associé Hans Otterling considère que les yeux se tournent vers l’Afrique en tant que prochain épicentre de la révolution numérique. « La technologie permet aux entreprises émergentes de dépasser les anciennes façons de faire des affaires, explique le gérant de Northzone, selon qui des leaders émergent mais le manque de capital de croissance les freine. »

Norrsken22 bénéficiera de l’appui de ses partenaires, réunis au sein d’un conseil, pour soutenir les start-up dans les technologies de la finance, de la santé et de l’éducation, ainsi que les entreprises en quête de nouveaux marchés et soucieuses de la gestion des stocks.

Pour l’heure, quelques pays sont privilégiés : Nigeria, Ghana, Kenya et Afrique du Sud. D’autres pays semblent l’intéresser comme l’Égypte. Parmi les membres de ce conseil, on retrouve des personnalités comme Olugbenga « GB » Agboola, co-fondateur de la Fintech nigeriane Flutterwave.

On relève aussi la présence de Nonkululeko Nyembezi, président de la Bourse de Johannesbourg, Arnold Ekpe, ancien directeur général du groupe Ecobank ; Phuthuma Nhleko, ancien directeur général de MTN. Ce conseil consultatif aidera les entreprises à passer d’un stade à l’autre de leur développement. Bref, à passer du projet au statut de « licorne ».

@VCV

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Par Véronique Clara-Véronne

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