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African Business

MultiChoice repousse l’offre de Canal Plus

MultiChoice repousse l’offre de Canal Plus
  • Publiéfévrier 7, 2024

La filiale de Vivendi, qui souhaite former avec le sud-africain MultiChoice un géant international des médias, devra revoir son offre pour obtenir l’assentiment de la direction. Actualisation

 

Le sud-africain MultiChoice a fait savoir à son principal actionnaire Canal + « qu’au prix proposé, l’offre ne fournit pas de base pour un engagement plus poussé ». Rejet donc, mais pas fin de non-recevoir, à la proposition du groupe français de reprendre l’intégralité du capital.

Le groupe Vivendi, maison mère de Canal Plus, avait exposé, le 1er février, dans une lettre adressée à la direction de MultiChoice « une offre indicative non contraignante » : acheter toutes les actions qu’il ne détient pas au capital de son homologue sud-africain. L’opération porte sur environ 1,5 milliard d’euros ; elle vise à renforcer sa position sur un marché international et africain concurrentiel de la télévision à péage.

« Les investissements dans le contenu local et dans le sport seraient plus conséquents, les deux groupes pourraient investir dans une plateforme technologique commune et propriétaire, sur une empreinte géographique plus large. »

Canal Plus est déjà le premier actionnaire de MultiChoice avec une participation de 31,67 % selon les autorités boursières. Le groupe français indique être en mesure de payer probablement 105 rands par action, soit une prime de 40 % par rapport au cours de clôture de l’action de MultiChoice le 31 janvier 2024.

Afin de formaliser son offre – d’une valeur de 31,7 milliards de rands selon les calculs de l’agence Reuters –, Canal Plus prévoit de remettre une lettre d’intention ferme au conseil d’administration de MultiChoice, une fois que les vérifications préalables auront été effectuées.

Un chiffre qui « sous-évalue considérablement le groupe et ses perspectives d’avenir », estime MultiChoice, groupe coté à la Bourse de Johannesbourg et qui opère dans 50 pays d’Afrique subsaharienne. Les dirigeants sud-africains ne ferment donc pas la porte à la filiale de Vivendi, assurant « rester ouvert » à toute offre « à un prix équitable et sous réserve de conditions appropriées ».

Maxime Saada, PDG de Canal Plus, explique sa démarche : « Pour que MultiChoice continue à prospérer en Afrique, il lui faudra une stratégie qui lui permette d’accroître sa taille et de renforcer son expertise locale et mondiale. Notre offre potentielle, si elle aboutit, constituerait une étape importante pour permettre à MultiChoice de réaliser son plein potentiel. »

Au fil des ans, MultiChoice a investi des milliards de rands pour lutter contre la concurrence des géants internationaux de la diffusion en continu tels que Netflix, Amazon et Disney. Netflix, par exemple, a également investi dans le contenu local. Maxime Saada juge en conséquence que l’accord donnerait à MultiChoice les ressources nécessaires pour investir davantage dans les talents et les histoires africaines.

 

Un nécessaire changement d’échelle

Dans le cadre des efforts déployés par MultiChoice pour lutter contre la concurrence, l’entreprise s’est associée l’année dernière à Comcast, NBCUniversal et Sky pour réorganiser le service de streaming Showmax de MultiChoice, qui propose désormais en direct des matchs de football de la Premier League.

Canal Plus a également déclaré qu’elle envisageait une introduction en Bourse à la suite des propositions de sa société mère Vivendi de se scinder en quatre entités, y compris, à terme, une introduction en Bourse en Afrique du Sud.

Cette démarche aiderait Canal Plus à surmonter les obstacles réglementaires, notamment une loi qui interdit aux sociétés étrangères de détenir plus de 20 % des droits de vote d’un radiodiffuseur sud-africain, font observer les analystes financiers.

Depuis trois ans, Canal Plus a augmenté sa participation dans Multichoice jusqu’à en devenir le premier actionnaire, rappelle un communiqué du groupe français. Lequel affirme son ambition : créer une entreprise de médias africaine d’envergure, capable de prospérer au sein d’un marché international de plus en plus concurrentiel, et de proposer à son public une offre toujours plus attractive et plus riche de contenus sportifs, locaux, et mondiaux. Le groupe veut « permettre au continent africain de rayonner auprès d’une audience internationale », promet un communiqué.

Qui considère que les acteurs médias régionaux, doivent rivaliser avec de puissants groupes mondiaux qui disposent de ressources considérables. « Dans un tel environnement, une entreprise ne peut survivre et prospérer que via une stratégie de changement d’échelle. »

Voilà pourquoi, estime la filiale de Vivendi, « rapprocher Canal + et MultiChoice permettrait de créer un groupe d’une taille significative à l’échelle mondiale, et à MultiChoice de prospérer sur le long terme. Les investissements dans le contenu local et dans le sport seraient plus conséquents, les deux groupes pourraient investir dans une plateforme technologique commune et propriétaire, sur une empreinte géographique plus large. »

Canal Plus « croit fortement » en la richesse des industries créatives en Afrique du Sud et est déterminé à y accroître ses engagements. Le groupe « apprécie également » la position « unique » de MultiChoice sur ses marchés et le rôle important qu’elle a joué dans le développement du paysage médiatique africain ces quatre dernières décennies.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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