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African Business

Cameroun : Camtel devient le quatrième opérateur de téléphonie mobile du pays

L’opérateur de téléphonie Cameroon Telecommunications clarifie sa situation juridique et réglementaire. Surtout, Camtel vient de recevoir trois nouvelles concessions, dont celle de la téléphonie mobile. Un bouleversement pour l’entreprise et le secteur.

Par Laurent Soucaille

L’opérateur historique de téléphonie au Cameroun a reçu, le 13 mars 2020, trois conventions de concession du gouvernement. Elles concernent la téléphonie fixe, le transport, et surtout le mobile.

La ministre a invité les dirigeants à saisir cette nouvelle opportunité pour offrir un service de qualité en mettant un accent sur « une gestion régulée du segment de transport, une gestion équitable des autoroutes qu’empruntent tous les autres opérateurs ».

L’information a été officialisée par la ministre des postes et télécommunications, Minette Libom Li Likeng. Si Camtel va continuer le développement du téléphone fixe et l’exploitation de la fibre optique, la grande innovation est bien l’obtention d’une licence pour le développement du téléphone mobile, qui lui permet de devenir nouvel opérateur de téléphonie mobile et de déployer la 4G.

Avec l’entrée de Camtel, le marché camerounais de la téléphonie mobile compte désormais quatre opérateurs, qui se partageront plus de 19 millions d’abonnés, soit un chiffre d’affaires supérieur à 600 milliards de F.CFA (910 millions d’euros).

Un marché loin, pourtant, d’être arrivé à maturité. Jusque-là, il se partageait entre les filiales de trois grandes multinationales, la sud-africaine MTN (près de 8 millions d’abonnés à fin 2018), le français Orange (près de 7 millions d’abonnés) et le vietnamien Nextell (près de 5 millions d’abonnés).

Judith Yah Sunday, directrice générale de Camtel, a qualifié ce pas d’« historique ». Désormais, sa société devient l’un des acteurs du développement de l’économie numérique au Cameroun.

 

Ce qui, selon elle, participe du vœu du chef de l’État de voir intégrer les professionnels du numérique dans le fonctionnement des services publics et de l’économie du Cameroun. Cette attribution s’accompagne de nouveau défis, dont un de taille : devenir rentable.

Pour le ministre des Finances, ces attributions constituent, à cet égard, un « nouveau relais de croissance ». Attendant de l’opérateur de meilleures performances financières, Louis Paul Motaze considère que Camtel « doit participer à la création des richesses ». Aussi demande-t-il à la société de rentabiliser sa situation stratégique.

Pour la ministre des postes et télécommunications, ce repositionnement est « une étape majeure » qui va renforcer la productivité de l’opérateur. Elle prescrit la culture du résultat, de la performance ainsi que le respect du cahier de charges.

Minette Libom Li Likeng a invité les dirigeants à saisir cette nouvelle opportunité pour offrir un service de qualité en mettant un accent sur « une gestion régulée du segment de transport, une gestion équitable des autoroutes qu’empruntent tous les autres opérateurs ».

La ministre appelle ainsi à une réorganisation interne de l’entreprise, par unité de production. L’une des autres prescriptions du cahier des charges, remis le 13 mars, est d’étendre la connectivité dans les zones rurales. Pour Minette Libom Li Likeng, cette étape devrait assurer un service de qualité et à des coûts abordables aux consommateurs.

Ces nouvelles missions vont au-delà du CtPhone, une technologie mobile sur CDMA et non sur GSMA déployée par l’entreprise il y a une quinzaine d’années, en partenariat avec Huawei (Chine) qui ne couvre que les villes et quelques zones périurbaines.

Sur la base du nouveau cahier des charges, les conventions de concession devraient permettre à l’opérateur de se déployer à travers le pays en fournissant un service de qualité, d’autant qu’il reviendra à l’ART (Agence de régulation des télécommunications) de s’assurer de la conformité de ses activités, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, en raison d’un flou juridique.

Selon certains observateurs de l’économie du Cameroun, cette attribution de l’État signifie de facto que ce dernier n’a pas l’intention de placer Camtel sur la liste des entreprises à privatiser. Charge à l’opérateur de devenir rentable, dans un marché qui, réparti entre quatre opérateurs, devient davantage concurrentiel et doit mieux répondre aux besoins des consommateurs.

Avec ses nouvelles missions, l’opérateur historique régularise sa situation sur le plan juridique et réglementaire, en sa qualité de fournisseur de services de communications électroniques. Un processus déjà engagé avec la signature, par le président Paul Biya, en 2019, des textes réorganisant cette entreprise créée en 1998.

ENCADRE

Camtel fait face au vandalisme

Dans un entretien paru le 16 mars dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, Judith Yah Sunday, directrice générale de Camtel, révèle des cas de vandalisme sur son réseau de fibre optique qui ont affecté la qualité de l’Internet, ces dernières semaines dans le pays.

La situation est d’autant plus préoccupante qu’à l’observation de la société, ces actes de vandalisme sur la fibre optique semblent avoir été orchestrés dans «l’optique de priver de communications l’État, ses démembrements ainsi que les représentations diplomatiques accréditées au Cameroun».

Selon elle, Camtel a rapidement pris des mesures urgentes pour rétablir les services : «Pour mettre un terme définitif à cette recrudescence de vandalisme, nous avons sollicité le concours des autorités en charge de la sécurité territoriale pour mener des actions coercitives. La diligence et la célérité avec laquelle ces actions ont été entreprises ont porté leur fruit et nous observons depuis quelques semaines une certaine accalmie. »

Au cours des vingt premiers jours du mois de janvier 2020, apprend-on, le réseau de fibre optique de Camtel a été vandalisé 19 fois. Ce qui correspond à pratiquement une coupure de la fibre toutes les 24 heures.

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