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African Business

Du capital d’amorçage pour l’énergie renouvelable

La société financière Eiffel investment Group, en partenariat avec Finergreen Paris, entend lever jusqu’à 200 millions de dollars, au premier semestre 2022, pour financer des centrales productrices d’énergie renouvelable. Elle estime les besoins du marché africain à 600 millions $ par an.

Par Kimberly Adams

Le spécialiste du financement de la transition énergétique Eiffel Investment engage une stratégie panafricaine de financement des infrastructures.

Elle constitue un fonds qui proposera aux producteurs d’énergies renouvelables un capital de démarrage (bridge) qui leur permettra de chercher des capitaux de longue durée tout en commençant leurs activités.

« Les enjeux d’électrification et de transition énergétique de l’Afrique seront centraux dans les vingt ans à venir, pour l’Afrique bien entendu, et pour l’Europe et le monde également », rappelle Fabrice Dumonteil, PDG d’Eiffel Investment Group.

Selon les calculs de la société et de son partenaire Finergreen, cette stratégie permettra l’alimentation en électricité renouvelable de l’équivalent de deux millions de personnes.

Elle étend au continent africain le programme de dette bridge d’Eiffel Investment Group, qui a financé ces cinq dernières années plus de 1 900 projets de production d’énergie renouvelable, en Europe et au-delà.

De son côté, Finergreen, leader du conseil financier dédié à la transition énergétique, compte trois bureaux en Afrique (Abidjan, Nairobi, Le Cap) et une quinzaine de professionnels dédiés au marché africain.

En Europe, la stratégie déployée offre aux développeurs d’énergie renouvelable le moyen d’amorcer la mise en construction de leurs centrales, en parallèle avec la levée de capital permanent. Une soixantaine développeurs indépendants en a bénéficié, en cinq ans.

En Afrique, Eiffel Investment Group constate la « demande soutenue » de financement de ce type. En effet, la levée du capital auprès des investisseurs internationaux, des institutions multilatérales, des banques de développement et des partenaires locaux est souvent longue et complexe. Tandis que l’indisponibilité du capital au moment où les projets sont prêts à construire contribue au ralentissement du déploiement des énergies renouvelables. À ce jour, aucune solution financière similaire n’est à la portée des développeurs, estiment les promoteurs de ce projet, en dépit d’une forte demande.

Un besoin palpable

Toutefois, des financements bridge ont déjà été apportés, dont, récemment, un prêt relais de 3 millions d’euros octroyé à ManoCap Energy pour déployer des projets solaires au Ghana et en Sierra Leone, et de nombreuses opportunités sont à l’étude.

Dans ce cadre, Eiffel Investment Group prévoit de lever un fonds dédié d’une taille cible de 200 millions de dollars, pour un marché « très dynamique » qu’elle estime à plus de 600 millions $ par an. Le fond s’appuiera sur des investisseurs publics et privés institutionnels. Déjà, la BEI (Banque européenne d’investissement) a engagé des consultations en vue d’un investissement de 30 millions $. D’autres investisseurs privés et publics européens et internationaux de premier plan étudient le dossier. La société espère boucler sa première levée de capitaux durant le premier semestre 2022.

Pierre-Antoine Machelon, responsable de l’activité Transition énergétique précise : « Nous souhaitons accompagner les développeurs que nous finançons déjà, et d’autres, dans leurs projets en Afrique. » La plateforme d’Eiffel Investment Group (environ 75 professionnels, dont les trois quarts en investissement) a été renforcée pour ce projet.

Alors qu’aujourd’hui plus de la moitié de la population du continent Africain n’a pas accès à l’électricité, le déploiement d’infrastructures de production d’énergies, en particulier renouvelables, est un enjeu crucial pour les prochaines décennies. Au-delà de la capacité à accélérer le déploiement des projets, les financements bridge apportés ont vocation à générer de nombreuses externalités positives, en matière d’emplois et de conditions de vie des habitants.

Dans leur démarche ESG Climat, les équipes ont à cœur de mesurer les bénéfices extra-financiers générés par les financements apportés en Afrique : ainsi seront suivis la quantité d’électricité renouvelable produite, les tonnes de CO2 équivalent évitées, le nombre de personnes alimentées en énergie, ou encore le nombre de projets éducatifs et sociaux soutenus à l’occasion de la mise en exploitation des projets financés. La protection de la biodiversité sera également surveillée.

Fabrice Dumonteil, PDG d’Eiffel Investment Group, conclut : « Notre ambition d’avoir un impact toujours plus grand à travers nos investissements trouve ici une illustration particulièrement forte : tant les enjeux d’électrification et de transition énergétique de l’Afrique seront centraux dans les vingt ans à venir, pour l’Afrique bien entendu, et pour l’Europe et le monde également. »

@KA

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