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Business - Investissements

Akinwumi Adesina en VRP de l’Afrique

Akinwumi Adesina en VRP de l’Afrique
  • Publiéjuillet 25, 2022

Le sommet des affaires États-Unis Afrique a été l’occasion, pour le président du groupe de la Banque africaine de développement, de vanter les mérites de l’Afrique, et plus spécifiquement, du pays hôte, le Maroc.

 

Par Aude Darc

Akinwumi Adesina a effectué une visite de quatre jours au Maroc. Assemblée générale d’Africa50, sommet du business États-Unis Afrique, visite sur le terrain, etc., le séjour a été riche en événements.

Lors d’une entrevue, le 21 juillet, avec le Premier ministre Aziz Akhannouch à Marrakech, le président de la BAD a évoqué l’« excellente relation entre le Maroc et la Banque africaine de développement ». Rappelant : « le Royaume est un partenaire extrêmement apprécié de la banque, avec un large portefeuille d’opérations de premier plan ». Récemment, le Maroc a décidé de contribuer à la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel de la BAD, qui soutient les économies à faible revenu.

« L’Afrique est prête. Les États-Unis sont prêts. Transformons les conversations en engagements, transformons les engagements en investissements ! Construisons ensemble l’avenir », a déclaré Akinwumi Adesina aux investisseurs américains.

Auprès des investisseurs américains, « Dr Adesina » a précisé que l’adaptation au climat et le changement climatique représentaient une énorme opportunité pour les investisseurs avisés. Selon la BAD, l’adaptation au climat en Afrique nécessiterait 3 000 milliards de dollars d’investissements d’ici à 2030. Ce qui, selon lui, représente « une classe d’actifs attrayante » pour les investisseurs dans les infrastructures afin de concilier les rendements financiers avec un impact significatif sur le développement.

Le sommet a répondu à l’appel du président Adesina en faveur d’une augmentation de la production agricole en Afrique afin d’éviter une crise alimentaire imminente du fait de la guerre de la Russie en Ukraine. Le producteur national de phosphates et d’engrais du Maroc, OCP va offrir aux pays africains 180 000 tonnes de nutriments du sol à titre gracieux et 370 000 tonnes à prix réduit, ce qui représente 16 % de la demande africaine d’engrais cette année et un quart des ventes du groupe OCP sur le continent [Lire ICI].

Le président Adesina a visité l’université polytechnique Mohammed VI, l’une des institutions les plus innovantes au monde. Financée par le géant marocain des phosphates OCP Group, l’université est en train de transformer ses laboratoires de recherche et ses incubateurs pour jeunes entrepreneurs sur 70 hectares. Son centre de codage, à la pointe de la technologie à Benguerir, près de Marrakech, entièrement gratuit, fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et est accessible à tous sans prérequis de diplôme ou de connaissances en informatique.

 

Quelques extraits du discours prononcé par Akinwumi Adesina lors du sommet États-Unis Afrique, sous le regard – à distance – de la vice-présidente américaine Kamala Harris.

« Le Maroc est un excellent exemple de la puissance de la vision, du dynamisme et des opportunités qui existent en Afrique. Le Maroc possède la plus grande centrale solaire à concentration du monde, Noor Ouarzazate, qui a été financée par la BAD.

OCP est le plus grand producteur de phosphates au monde. Si vous effectuez une balade au site Tanger Med, vous découvrirez un port de classe mondiale entouré de parcs industriels, où plus de 350 000 voitures de marque Peugeot sont produites chaque année, à destination de l’Europe et du reste de l’Afrique.

Au Nigeria, l’usine d’urée de Dangote est la plus grande usine d’urée au monde, tandis que sa raffinerie de pétrole est la plus grande raffinerie à train unique au monde, représentant un investissement de 20 milliards $.

L’Afrique est prête à devenir une source alternative d’approvisionnement en gaz naturel pour aider à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Le Mozambique est en passe de devenir le troisième plus grand fournisseur de gaz naturel au monde, grâce à un investissement de 24 milliards $. Du Nigeria au Ghana, en passant par la Tanzanie, le Sénégal, le Maroc et le Kenya, l’Afrique dispose désormais de certaines des plus grandes réserves de gaz naturel au monde.

L’avenir des véhicules électriques dépendra de la disponibilité du lithium-ion. L’Afrique possède certains des plus grands gisements de lithium au monde, de la République démocratique du Congo à la Namibie, en passant par le Zimbabwe et le Mali, de quoi rendre l’Afrique compétitive avec la Chine et le Chili dans la course à l’approvisionnement des chaînes de valeur mondiales pour les voitures électriques.

L’Afrique offre également d’énormes opportunités dans le domaine de l’agriculture, puisqu’elle détient 65 % des terres arables non cultivées restantes pour nourrir le monde. Ce que l’Afrique fera en matière d’agriculture déterminera donc l’avenir de l’alimentation dans le monde. La taille du marché de l’alimentation et de l’agriculture en Afrique atteindra le chiffre impressionnant de 1 000 milliards $ d’ici à 2030.

La Zone de libre-échange continentale africaine deviendra la plus grande zone de libre-échange au monde, avec un marché de 3 3000 milliards $, couvrant 54 pays et une population de 1,3 milliard de personnes.

 

Les financements augmentent

Les possibilités d’investissement dans les énergies renouvelables sont immenses, notamment 10 TW (térawatts) d’énergie solaire, 350 GW (gigawatts) d’énergie hydroélectrique, 150 GW d’énergie éolienne et 15 GW d’énergie géothermique. La BAD mobilise 20 milliards de dollars pour développer le projet Desert to Power dans le Sahel, qui alimentera en énergie solaire les économies de onze pays et deviendra la plus grande zone de production d’énergie solaire au monde.

En RD Congo, au Maroc, en Namibie et au Botswana, d’énormes opportunités existent pour l’hydrogène vert, le carburant du futur.

Et les investisseurs prêtent beaucoup d’attention à l’Afrique. Le nombre de fonds de capital-investissement en Afrique est passé de 12 seulement en 1997 à 150 en 2020.

Selon l’enquête menée en 2020 par l’African Private Equity and Venture Capital Association, environ 45 % des commanditaires s’attendent à ce que les rendements en Afrique surpassent ceux des marchés émergents et des marchés développés, au cours des dix prochaines années.

L’initiative Build Back Better World du président Biden peut contribuer dans une large mesure à attirer davantage d’investissements du secteur privé américain en Afrique. Il est temps de se renouveler, de se réengager et de réinvestir en Afrique. Pour ce faire, il est important de fonder les décisions d’investissement en Afrique sur des faits, et non sur la fiction ou les perceptions. »

 

Pour compléter :

Opération séduction vers les États-Unis

Akinwumi Adesina : « L’avenir de l’Afrique est radieux »

 

@AB

Écrit par
Aude Darc

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