Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Les Africains peuvent compter sur leur diaspora

En 2021, les remises migratoires vers l’Afrique subsaharienne ont bondi de 14,1 %. Ils devraient augmenter de 7,1% cette année, prévoit la Banque mondiale. Qui pointe le coût toujours élevé, bien qu’en léger repli, des transferts vers la région.

 

Par Aude Darc

Sur le plan mondial, les envois de fonds enregistrés vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient augmenter de 4,2 % (après +8,6% en 2021) et s’élever à 630 milliards de dollars cette année, calcule la Banque mondiale (BM). La guerre en Europe de l’Est bouscule la donne : la BM s’attend en 2022 à une envolée de plus de 20 % des envois de fonds vers l’Ukraine, principal pays bénéficiaire des remises migratoires en Europe et Asie centrale. À l’inverse, les transferts d’argents vers la Russie vont probablement chuter.

En 2022, les remises migratoires devraient augmenter de 7,1 %, à la faveur de la poursuite du recours aux canaux officiels au Nigeria et de la hausse des prix des denrées alimentaires. Selon la BM, la diaspora enverra « probablement » plus d’argent aux pays d’origine qui subissent actuellement des pressions inflationnistes.

« L’invasion de l’Ukraine par la Russie a déclenché des crises à grande échelle sur le plan humanitaire et migratoire, avec l’afflux de réfugiés notamment, et elle engendre des risques supplémentaires pour une économie mondiale qui doit encore faire face à l’impact de la pandémie », souligne Michal Rutkowski, directeur mondial du pôle Protection sociale et emploi de la Banque mondiale. 

« D’une part, la crise ukrainienne a détourné l’attention politique mondiale d’autres régions en développement et des questions de migration économique. D’autre part, elle a renforcé les arguments en faveur du soutien aux populations d’accueil qui connaissent un afflux massif de migrants, affirme Dilip Ratha, directeur du Partenariat mondial pour le savoir sur le développement et les migrations (Knomad). Cet organisme compile et analyse les données pour le compte de la BM.

 

L’enjeu des frais de transferts

Qui envisage des solutions : « La création d’un mécanisme de financement concessionnel pour les migrations destiné à soutenir les communautés de destination devrait être sérieusement envisagée. Ce mécanisme pourrait également fournir un appui financier aux communautés d’origine qui connaissent une migration de retour liée à la crise sanitaire. »

Selon les données de la BM, le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars était de 6 % au quatrième trimestre de 2021, soit le double de la cible fixée par les ODD (Objectifs de développement durable). C’est vers l’Asie du Sud qu’il est le moins coûteux d’envoyer de l’argent (4,3 %) et vers l’Afrique subsaharienne que les frais sont au contraire les plus élevés (plus de 7,8 %).

Si le conflit en Ukraine est l’occasion d’expérimenter de nouvelles techniques d’accueil des transferts, dans chaque pays, il affecte les systèmes de payements internationaux.  « La réduction des frais de transfert d’argent de 2 points de pourcentage se traduirait potentiellement par des économies annuelles de 12 milliards $ pour les migrants internationaux des pays à revenu faible et intermédiaire », explique Dilip Ratha. 

Les envois de fonds vers les pays en développement de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) ont augmenté de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards $, sous l’effet de fortes hausses vers le Maroc (40 %) et l’Égypte (6,4 %). Une progression qui s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie.

Pour 2022, la BM s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région, autour de + 6 %. Pour les pays en développement de la région MENA, les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61 % en 2021), devant l’aide publique au développement, l’investissement étranger et les flux de placement et d’endettement. Le coût d’envoi de 200 $ vers la région a diminué au quatrième trimestre 2021, à 6,4 %, contre 6,6 % un an auparavant.

 

Soutien face à l’inflation

Les remises migratoires vers l’Afrique subsaharienne ont donc augmenté de 14,1 % pour atteindre 49 milliards de dollars en 2021, après une baisse de 8,1 % en 2021. La croissance des envois de fonds a bénéficié de la forte activité économique en Europe et aux États-Unis. Les transferts enregistrés vers le Nigeria, le plus grand pays bénéficiaire de la région, ont augmenté de 11,2 %, en partie grâce aux politiques visant à canaliser les envois par le biais du système bancaire. Les pays enregistrant des taux de croissance à deux chiffres sont le Cap-Vert (23,3 %), la Gambie (31 %) et le Kenya (20,1 %). En 2022, les remises migratoires devraient augmenter de 7,1 %, à la faveur de la poursuite du recours aux canaux officiels au Nigeria et de la hausse des prix des denrées alimentaires.

En effet, selon la BM, la diaspora enverra « probablement » plus d’argent aux pays d’origine qui subissent actuellement des augmentations extraordinaires des prix des denrées de base. Le coût d’envoi de 200 $ vers la région s’élevait en moyenne à 7,8 % au quatrième trimestre 2021, soit une légère baisse par rapport aux 8,2 % enregistrés il y a un an.

@AB

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Related Posts