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L’avenir des stations est électrique, pour OLA Energy

L’avenir des stations est électrique, pour OLA Energy
  • Publisheddécembre 27, 2021

OLA Energy est une société pétrolière et gazière à croissance rapide présente dans 17 pays africains avec un réseau de 1 280 stations. Son directeur de la stratégie, Motasim El Alem, nous présente les projets de son entreprise. 

Rencontre avec Omar Ben Yedder

Motasim El Alem est dans le secteur depuis assez longtemps pour éviter des prédictions incertaines ou de se contenter de réactions instinctives.

Ce Libyen formé aux États-Unis dirige la stratégie d’OLA Energy (anciennement Oil Libya), une entreprise qui s’est transformée ces dernières années en un important distributeur de pétrole opérant dans 17 pays et dans 60 aéroports africains.

Son activité a traditionnellement été de vente de carburant dans les stations d’essence desservant les voitures, les camions et les transporteurs aériens.

« Une grande partie de la population africaine utilise la biomasse pour cuisiner de nos jours. C’est terrible pour l’environnement, c’est terrible pour les gens, et en fait ce n’est pas bon marché. La meilleure alternative pour ceux qui utilisent la biomasse est d’utiliser le GPL. »

La vente au détail a longtemps été l’apanage de sociétés pétrolières internationales telles que BP, Shell et Exxon.

Toutefois, explique Motasim El Alem, les majors se retirent de la vente au détail depuis de nombreuses années maintenant, et pas seulement en Afrique : « En Amérique, 1% des stations-service seulement appartiennent aux majors. »

Les marges sont plus réduites, explique-t-il : « Le gros des marges est dans l’exploration, elles sont un peu plus faibles dans le raffinage, encore plus faible dans la logistique, et enfin des cacahuètes du côté de la distribution ! »

C’est sur ces cacahuètes (et plus) qu’OLA Energy concentre ses efforts et où elle investit de manière agressive, en grande partie parce que la firme voit le marché évoluer différemment.

Depuis le changement de marque en 2018, la société a investi plus de 200 millions de dollars dans la vente au détail et dans sa croissance sur le continent. Avec 1 280 points de vente, elle fait aujourd’hui partie des « Big 4 » africains aux côtés de Total, Shell/Vivo et Engen.

Motasim El Alem voit une opportunité pour une expérience de vente au détail plus sophistiquée et diversifiée dans les stations-service que celle fournie par les majors.

Répondre au besoin en bornes électriques

Pourtant, des défis se profilent à l’horizon pour les secteurs pétroliers et gaziers, en particulier dans l’abandon attendu de longue date de la consommation de combustibles fossiles.

Comment cela affecte-t-il la viabilité à long terme du modèle d’affaires d’OLA ? Motasim El Alem estime que l’Afrique ne dépendra plus des voitures d’occasion de l’étranger pour ses besoins automobiles.

Nous assisterons à une forte augmentation sur le continent des modes de transport à deux et trois roues ainsi que des petits véhicules pour la distribution de marchandises légères, dont beaucoup seront alimentés à l’électricité.

Pourtant, le responsable juge que l’offre de bornes de recharge en bordure de route combinée à une expérience de vente au détail convaincante continuera d’être attrayante pour les usagers de la route.

Le changement de marque de Oil Libya reflète la nouvelle réalité d’un monde qui tourne lentement le dos aux combustibles fossiles.

C’est pourquoi Motasim El Alem affirme que l’entreprise adopte la stratégie zéro carbone approuvée par les gouvernements, notamment en utilisant des panneaux solaires pour alimenter ses points de vente.

Opportunités dans le GPL

L’entreprise envisage également d’offrir des solutions d’énergie renouvelable aux entreprises opérant dans des régions éloignées. Le projet pilote qu’il dirige est celui d’une société minière.

Pour amortir le projet, il faut 20 à 25 ans, alors qu’un projet minier nécessiterait de l’électricité pendant six ou sept ans ou la durée de la concession. OLA peut se permettre d’investir dans l’installation, de facturer l’entreprise cliente pendant sept ans, puis de déplacer l’installation vers un autre client.

Une autre activité qu’OLA développe est le gaz de pétrole liquéfié (GPL), qui, selon El Alem, contribuera à réduire les émissions à moyen terme. « Une grande partie de la population africaine utilise la biomasse pour cuisiner de nos jours.

C’est terrible pour l’environnement, c’est terrible pour les gens, et en fait ce n’est pas bon marché. La meilleure alternative pour ceux qui utilisent la biomasse est d’utiliser le GPL. Elle est moins chère, plus propre et peut être livrée à domicile. »

Il constate qu’en Afrique du Nord, en raison de la disponibilité du GPL, on consomme environ 50 kg de gaz par personne et par an; en Afrique subsaharienne, c’est plus près de 5 kg par an, « d’où l’opportunité de développer le marché, ainsi que de réduire les émissions nocives. »

Aujourd’hui, après Total et Shell, OLA possède le plus grand réseau de vente au détail en Afrique. Et Motasim El Alem d’affirmer que la société continuera d’investir massivement dans une présence physique à travers le continent.

Cette large empreinte et ce vaste réseau donnent un avantage stratégique pour développer de nouveaux produits et offres. « Nous apportons de nouveaux produits et de nouvelles solutions en Afrique. »

@OBY

 

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Par Omar Ben Yedder

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