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African Business

La Sodecoton s’approche de ses objectifs

Le géant camerounais du coton prévoit une nouvelle hausse de sa production annuelle. Les revenus devraient suivre, à en juger par les ventes à terme. Sodecoton, visiblement, entend améliorer ses performances et sa gouvernance, avant un renforcement de ses fonds propres.

Par Paule Fax

La Société de développement du coton (Sodecoton) est l’un des poumons économiques du Cameroun. Notamment, elle fait vivre directement 200 000 producteurs dans les trois régions septentrionales. Aussi ses résultats et ses prévisions sont-ils scrutés avec attention.

Si rien ne semble acquis aujourd’hui face aux velléités d’Advens-Geocoton de monter au capital, Sodecoton ne cache pas son intention de procéder, tôt ou tard, à une opération de recapitalisation, à hauteur de 200 milliards de F.CFA (305 millions d’euros).

Sur ce point, l’heure est à l’optimisme : ses dirigeants prévoient une hausse de 3,6% de la production de coton graines, au cours de la campagne cotonnière 2021-2022 qui s’achève fin mai. Ce qui représente un total de 370 000 tonnes, contre 357 000 tonnes au cours de l’année précédente, qui marquait déjà une forte performance. Le rendement serait de 1600 kg/hectare, soit « le plus élevé d’Afrique en culture pluviale », précise une source interne citée par le magazine Investir au Cameroun.

Sur le plan des résultats, 2021 et 2022 s’annoncent comme des années de retour à une profitabilité certaine, après un exercice 2019-2020 déficitaire. « En effet, les ventes de la fibre de ces exercices ont été effectuées à de très bons prix sur le marché international. »

Des revenus sécurisés, donc. En 2019-2020, l’entreprise avait accusé une perte 4,7 milliards de F.CFA (7,2 millions d’euros). Un simple accident de parcours espère la société qui, après une longue période de déficit, avait repris le chemin de la profitabilité en 2017-2018 et les années suivantes.

Le nouveau record de production prévu pour la campagne 2021-2022 rapproche le groupe de son objectif pour 2025, à savoir franchir la barre de 400 000 tonnes de coton produites. Pour cela, Sodecoton accélère ses investissements dans les domaines de la conservation des graines et leur transformation.

Dans cette perspective, la Sodecoton accélère ses investissements dans le domaine de la transformation. Elle achève la construction de sa dixième usine d’égrenage, à Gouna, et poursuit ses consultations avant de se lancer dans la construction d’une nouvelle huilerie. Un projet de quelque 25 milliards de F.CFA (38 millions d’euros).

Dans l’espoir d’une recapitalisation

D’autre part, on vient d’apprendre, via le rapport d’un organisme de contrôle de la gestion des entreprises publiques, que début 2021, Sodecoton a achevé l’embarquement de tout le stock de coton restant de la campagne précédente. En raison des mesures de restrictions imposées par la pandémie de la Covid-19, l’ensemble des produits n’avait pas pu être livré à temps, ce qui avait pesé sur le chiffre d’affaires net de l’exercice écoulé.

Ces encaissements seront comptabilisés au titre de l’exercice 2021, qui fera donc apparaître, mécaniquement, un chiffre d’affaires plus élevé que d’habitude, au-delà de 150 milliards de F.CFA. Cela constitue néanmoins une bonne nouvelle pour une entreprise lourdement endettée et qui doit faire face à de forts arriérés de paiements.

La Sodecoton vend toujours son coton à terme, c’est-à-dire pour un embarquement qui peut aller jusqu’à 12, voire 14 mois. L’entreprise n’est payée que lorsque le coton part pour sa destination finale. Un retard de livraison entraîne donc un retard de paiement mais ne remet pas en cause la rentabilité et le modèle économique de la société.

La Sodecoton, qui produit également de l’huile raffinée et des tourteaux pour les éleveurs, est contrôlée à 59% par l’État du Cameroun, à 30% par Geocoton et 11% par la SMIC, une entreprise partenaire du pays. De longue date, on prête l’intention au groupe français Advens-Geocoton de monter au capital pour devenir actionnaire majoritaire du producteur camerounais.

Si rien ne semble acquis aujourd’hui dans ce dossier, Sodecoton ne cache pas son intention de procéder, tôt ou tard, à une opération de recapitalisation, à hauteur de 200 milliards de F.CFA (305 millions d’euros). Et, sans nul doute, c’est dans cette optique que ses dirigeants sollicitent aujourd’hui l’appui technique de l’État du Cameroun pour améliorer ses critères de gouvernance.

Sodecoton vient de signer un protocole d’assistance technique avec l’organisme public chargé de contrôler sa gestion et ses pratiques, le Contrôle supérieur de l’État (Consupe). Pour Sodecoton, l’« État ne doit pas seulement agir en aval pour reconnaître des fautes de gestion, il peut aussi agir en amont pour renforcer les capacités techniques de la division d’audit interne ».

D’ici trois ans, terme du protocole, « nous attendons que la gestion de cette entreprise publique soit à la hauteur pour servir les populations, afin de rendre ce qu’on attend d’elle », conclut Rose Mbah Acha, ministre en charge du Contrôle supérieur de l’État.

@PF

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