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Burkina Faso : L’agrobusiness dopera la croissance

Après Bagrépôle, le Burkina Faso engage d’importants projets et multiplie les mesures incitatives en vue de donner un nouvel élan à l’agrobusiness. Cette vision, qui invite au partenariat public-privé, suscite l’intérêt des partenaires au développement.

Ouagadougou, Tiego Tiemtoré

Avec un apport de 40 % au PIB et une mobilisation de 80 % de la popula­tion active, le secteur agricole est un pilier majeur de l’économie du Burkina Faso. Des projets importants y sont envisagés afin d’assurer la sécurité alimen­taire et nutritionnelle.

La vision du gouvernement burkinabè, à travers le nouveau Plan national de déve­loppement économique et social (PNDES), consiste à transformer structurellement l’économie nationale, afin de parvenir à une croissance forte, durable, inclusive et créa­trice d’emplois décents.

Le ministère de l’Économie vise une croissance moyenne annuelle de 7,7 % sur la période 2016-2020, grâce à une augmen­tation de la productivité du secteur primaire de 50 %, une meilleure commercialisation des produits agricoles et un accroissement de la part des produits agricoles transformés ; celle-ci pourrait être de 25 % en 2020, contre 12 % en 2015.

Avec 1,5 milliard m3 d’eau et 21 000 hectares de périmètres irrigués, Samandéni doit permettre l’émergence d’un pôle de croissance agro-industriel dans cette zone frontalière de la Côte d’Ivoire et du Mali.

Le Burkina Faso dispose d’un impor­tant potentiel en eaux de surface et eaux souterraines. Sur une superficie estimée à 500 000 hectares de bas-fonds aménageables et 233 500 hectares de terres irrigables, respec­tivement 12 % et 20 % de ces surfaces ont été aménagés, alors que le pays peine à atteindre l’autosuffisance alimentaire. La superficie des terres à potentialités agricoles est évaluée à 9 millions d’hectares dont seulement un tiers est exploité annuellement.

Samandéni et les agropôles

La première expérience de pôle agricole du pays, Bagré (lancé en 2012 au Centre- Est) constitue un poumon économique qui devrait avoir un effet d’entraînement et inspirer la création d’autres pôles de crois­sance et d’agropôles. Perçu comme un pôle de croissance et de compétitivité à vocation agricole, l’agropôle est devenu un leitmo­tiv des autorités.

Sa réalisation permettrait «d’intensifier et de transformer la production agricole sur un périmètre donné par l’aménage­ment d’infrastructures agricoles et industrielles et la mise en place d’une plateforme combi­née d’infrastructures de soutien et de services critiques essentiels pour le développement d’une activité économie dynamique et compétitive portée par le secteur privé », considère Rosine Sori Coulibaly, ministre de l’Économie et des finances. Dans la dynamique de Bagré, place à la création d’agropôles à Samandéni (Ouest) et au Sourou (Centre-Ouest).

Conçu sur le même modèle que le Bagrépôle et d’un coût d’environ 182 milliards de F.CFA (277,5 millions d’euros), le Programme de développement intégré de Samandéni (PDIS) porte les espoirs des popu­lations de la région de l’Ouest. Le barrage, dont la mise en eau est prévue d’ici à fin 2017, sera le troisième du Burkina Faso après ceux de la Kompienga et de Bagré, à l’Est.

Avec 1,5 milliard m3 d’eau et 21 000 hectares de périmètres irrigués, Samandéni doit permettre l’émergence d’un pôle de crois­sance agro-industriel dans cette zone fronta­lière de la Côte d’Ivoire et du Mali. Près de 40 % des parcelles aménagées seront attri­buées aux petits exploitants familiaux, tandis qu’une aire agro-industrielle sera installée à Bama où une superficie de 100 ha est déjà prévue. La mise en service du barrage devrait contribuer à 2 % au PIB et 3 % à la produc­tion nationale de céréales. Il desservira une zone agro-industrielle comprenant des unités de transformation et de conservation, ainsi qu’une zone touristique.

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