Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

L’enjeu de l’évaluation des villes

Le continent africain se prépare à une croissance démographique sans précédent, doublée d’une poussée urbaine spectaculaire qui devrait exercer une pression sur ses villes, grandes et petites. Dès lors, le besoin de données est essentiel, explique CGLU Afrique.

 

Par Aude Darc

La société CitiIQ a conçu une norme mondiale innovante de mesure des villes. Ses travaux sur soixante villes seront présentés, du 17 au 21 mai, au Sommet Africités qui se tiendra à Kisumu, au Kenya, du 17 au 21 mai, sous l’égide de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique).

CitiIQ utilise une méthodologie factuelle pour évaluer 35 éléments essentiels, baptisés « considérations », au sein des cinq dimensions des besoins fondamentaux, de la compétitivité, des opportunités, de l’habitabilité et de la trajectoire à venir. À l’aide d’un tableau de bord en ligne intuitif, les mesures d’une ville sont facilement accessibles aux utilisateurs. Lesquels doivent consentir à un abonnement annuel à ce service en ligne.

Parmi les soixante premières villes concernées par une « notation », citons Alger, Oran, Tripoli, Nouakchott, Rabat, Casablanca, Tunis, Cotonou, Ouagadougou, Abidjan, Accra, Lomé, Dakar, Niamey, Bamako, Bangui, N’Djaména, Brazzaville, Kinshasa, Libreville, Yaoundé.

La notation des grandes villes vient aussi souligner l’importance d’une telle mesure pour les villes intermédiaires d’Afrique. La collecte de données précises et cohérentes est essentielle pour la croissance et le développement des villes africaines, considère CGLU. La confiance des investisseurs locaux, régionaux, nationaux et internationaux s’accroît sensiblement lorsque les progrès dans le temps peuvent être déterminés de manière fiable. C’est pourquoi, jugent les partenaires, les villes intermédiaires doivent établir des mesures de données précises pour répondre à leurs besoins, ce qui est fondamental pour renforcer leurs capacités de croissance. Un système de notation cohérent accélérera la croissance de cultures de données efficaces pour les villes intermédiaires.

Jean-Pierre Elong Mbassi, le secrétaire général de CGLU Afrique, explique : « Nous avons spécifiquement choisi le thème du Sommet Africités pour mettre l’accent sur le rôle des villes intermédiaires africaines dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. »

Jean-Pierre Elong Mbassi

 

Des villes efficaces

La ville de Kisumu, au Kenya, qui accueille ce sommet, est précisément un exemple de « ville intermédiaire ». Elle est la troisième plus grande ville du Kenya, avec une population de 409 000 habitants selon le recensement qui date déjà de 2009.

CitiIQ utilise une large gamme d’outils technologiques et d’expertise pour collecter des données pour les villes qui sont traitées via son algorithme global de mesure des villes. Des scores comparables sur 100 sont produits pour les 35 considérations les plus importantes de n’importe quelle ville. Les données alimentent un tableau de bord qui illustre facilement les scores et permet aux clients d’explorer dans le détail les données des 114 indicateurs de ville utilisés.

« De plus en plus, la santé et le bien-être des habitants du monde dépendent de l’efficacité de leur ville », explique Don Simmonds, président de CitiIQ. « Les maires sont confrontés à d’immenses défis et bénéficient grandement lorsque des données complètes et comparables. »

Les travaux de CitiIQ permettent de distinguer le rôle essentiel que jouent les villes intermédiaires ; dans le monde, elles accueillent plus de la moitié de la population urbaine mondiale. Souvent mal desservies, ces villes jouent un rôle clé dans la localisation des ODD, l’autonomisation de la gouvernance locale et la cohérence des politiques qui relient les priorités d’ordre supérieur aux priorités locales des citoyens.

Des données précises, fréquentes et accessibles pour les gouvernements locaux et leurs citoyens favorisent une prise de décision plus efficace.

En Afrique, 56 villes ont une population de 500 000 à 1 million d’habitants, 85 villes ont une population de 300 000 à 500 000 habitants, 380 villes ont une population de 100 000 à 300 000 habitants, et 564 villes ont une population de 50 000 à 100 000 habitants. « Ces 1.086 villes ont besoin d’une infrastructure de données solide pour rendre leur développement efficace au cours des prochaines décennies », commentent les partenaires.

CGLU Afrique compte parmi ses membres 51 associations nationales de gouvernements locaux de toutes les régions d’Afrique, ainsi que de 2 000 villes et territoires de plus de 100 000 habitants. À ce titre, l’organisation représente près de 350 millions de citoyens africains.

@NA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Related Posts