x
Close
Bonne gouvernance

L’Alliance africaine pour le capital naturel

L’Alliance africaine pour le capital naturel
  • Publiéjuin 8, 2022

Une nouvelle alliance, rejointe par des entreprises privées comme Ecobank ou Equity Group, vise à coordonner les politiques et les pratiques des institutions financières, des entreprises, des régulateurs et des décideurs politiques en vue de la protection des ressources naturelles de l’Afrique.

 

Par Paule Fax

Diverses institutions financières de premier plan rejoignent l’Alliance africaine pour le capital naturel (ANCA), pour en constituer les membres fondateurs, aux côtés de la CEA (Commission économique des Nations unies pour l’Afrique). Elles ont été réunies par le ministère ghanéen de l’Environnement (MESTI) et FSD Africa, une agence financière financée par le Royaume-Uni.

Cette alliance servira de forum de collaboration dirigé par l’Afrique pour mobiliser la réponse de la communauté financière aux risques et opportunités liés à la nature sur le continent. L’ANCA a pour objectif ultime de contribuer à la croissance et à la protection du capital naturel de l’Afrique en faisant passer les flux financiers d’activités destructrices pour des gains à court terme à une gestion à long terme de la nature, pour une croissance économique durable.

« Les solutions fondées sur la nature permettant de protéger et de restaurer les écosystèmes offrent des solutions réalisables pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, et offrent des solutions pour des entreprises durables et résilientes », explique Madeleine Ronquest (FirstRand).

Parmi les membres fondateurs figurent Access Bank, Development Bank of Southern Africa (DBSA), Ecobank, Equity Bank, FirstRand, Investec, Sanlam, Standard Chartered et Zanaco.

FSD Africa agit en tant que coordinateur de l’alliance. Le Cambridge Institute for Sustainability Leadership (CISL) rejoint également l’ANCA comme partenaire en matière de connaissances, tandis que le soutien initial à l’alliance est assuré par la CEA et le ministère britannique de l’Environnement (DEFRA).

L’ANCA collabore également avec le Groupe de travail sur les informations financières liées à la nature (TNFD) afin de faire entendre la voix de l’Afrique dans le développement de son cadre de reporting pour les risques et les opportunités liés à la nature, et participe au programme de test pilote du TNFD. Les créateurs de cette institution annoncent l’arrivée de nouveaux membres, publics et privés, dans les prochains mois.

La nécessité d’intégrer la nature dans les décisions financières est particulièrement aiguë en Afrique, où plus de 60 % du PIB du continent dépend fortement ou modérément de la nature. Pourtant, entre 1970 et 2016, le stock de capital naturel des pays africains a diminué en moyenne de 65 %.

 

Le travail commence

L’ANCA vise à garantir que les politiques et les pratiques des institutions financières, des entreprises, des régulateurs et des décideurs politiques intègrent les risques et les opportunités liés au capital naturel de l’Afrique. Pour ce faire, elle s’appuiera sur trois piliers d’activités Premièrement, influencer les normes mondiales de gestion des risques liés à la nature, afin qu’elles reflètent les contextes africains. Deuxièmement, faciliter l’apprentissage par les pairs pour aider les institutions financières à mieux refléter le lien entre leurs portefeuilles et la nature. Troisièmement, soutenir les approches qui maximisent les opportunités pour une croissance durable.  

L’une des premières activités menées dans le cadre de l’ANCA est le premier programme pilote de pays en développement pour le cadre « bêta » du TNFD, entrepris par un groupe limité de membres fondateurs de l’ANCA. Les résultats de ces pilotes serviront directement à l’élaboration des recommandations du TNFD.

Les membres de l’ANCA se joindront également à d’autres personnalités représentant les secteurs de la finance et de la politique le 23 juin 2022 lors d’un événement historique pour discuter des raisons pour lesquelles le leadership africain sur la nature sera essentiel à son développement économique, les opportunités économiques qui pourraient être débloquées en transférant le capital vers des activités positives pour la nature et les risques de l’inaction et de la destruction continue de la nature.

Rachael Antwi est responsable du programme ESG chez Ecobank : « Nous sommes convaincus qu’une gestion responsable du capital naturel de l’Afrique peut constituer un avantage concurrentiel tout en créant des opportunités fantastiques et en contribuant à la croissance et au développement du continent ». Elle considère que pour un groupe bancaire comme le sien, « le cadre de financement durable est une boussole essentielle pour les activités de financement ».

Voilà pourquoi la banque panafricaine contribue à cette plateforme de connaissances sur les risques et les opportunités liés à la nature, afin « d’orienter les agendas institutionnels vers des résultats positifs pour la nature, et de représenter la voix africaine dans les discussions mondiales sur la nature ».

 

Entre vulnérabilité et opportunités

Un avis partagé par James Mwangi, PDG d’Equity Group : « Nous comprenons que la nature est un atout précieux qui fait tourner nos économies mais qui a aussi un impact significatif sur nos vies et nos moyens de subsistance. C’est pourquoi nous devons sauvegarder cet atout mais aussi trouver des moyens d’utiliser notre capital naturel de manière durable pour la prospérité socio-économique des populations africaines. »    

De son côté, Mark Napier, PDG de FSD Africa, considère que « la dépendance des nations africaines à l’égard de leur riche capital naturel est à la fois une source de vulnérabilité et un avantage concurrentiel ».

Dès lors, « il est clair qu’il faut réaligner les investissements pour offrir à l’Afrique un avenir favorable à la nature ». Pour y parvenir, l’Afrique a besoin que les institutions financières, les entreprises, les régulateurs et les décideurs politiques travaillent ensemble. « L’ANCA a un rôle clé à jouer dans la création des capacités et des conditions permettant au secteur financier de refléter la véritable valeur de la nature et d’adopter une gestion à long terme pour une croissance durable. »

Enfin, pour Madeleine Ronquest, responsable des risques environnementaux, sociaux et climatiques chez FirstRand, « Il existe une relation étroite entre les personnes, l’économie et la nature ». Le capital naturel, la biodiversité et les services écosystémiques sont « à la base de la vie quotidienne et les produits et services de nombreux clients des institutions financières sont susceptibles d’engendrer un risque systémique important dans le système financier ». Plus de la moitié de l’économie mondiale dépend d’écosystèmes fonctionnels qui sont en déclin, par exemple à cause de la déforestation, de la dégradation des sols, de la diminution de la qualité et de la quantité de l’eau, et du déclin et de l’extinction des espèces.

« Cela met en danger les moyens de subsistance et les entreprises. Tout comme les causes de la nature, de la perte de biodiversité et du changement climatique sont interdépendantes, les solutions le sont aussi. » Les solutions fondées sur la nature permettant de protéger et de restaurer les écosystèmes offrent des solutions réalisables pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, et offrent des solutions pour des entreprises durables et résilientes qui gèrent efficacement les risques et les opportunités liés à la nature.  

@NA

 

Écrit par
Paule Fax

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *