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Bénin : Des clignotants au vert

Bénin : Des clignotants au vert
  • Publishednovembre 29, 2021

Une mission du FMI salue la promptitude et l’efficacité du Bénin face à la crise sanitaire. Des questions techniques étant en passe de se régler, rien ne s’oppose à de nouveaux appuis financiers au pays pour soutenir sa croissance de court et moyen terme.

Par Véronique Clara-Véronne

Les nouvelles favorables s’accumulent, pour le Bénin, mais tout risque n’est pas écarté. Élevé au rang de « pays à revenu intermédiaire » durant l’été 2020, le pays se sort plutôt bien de la crise sanitaire et économique en cours. Tel est par le constat du FMI qui souligne « des fondamentaux économiques solides », à l’issue d’une mission effectuée auprès des officiels béninois, à la mi-novembre.

Rien ne s’oppose, aux yeux des experts du FMI, à ce que le Bénin prépare, avec l’appui de l’institution de Washington, un éventuel programme économique. Les travaux en ce sens devraient commencer dès les premières semaines de 2022.

Sur la période récente, ces atouts ont fourni « un espace budgétaire indispensable et un accès continu au financement, ce qui a contribué à contenir les retombées économiques de la crise ».

Le gouvernement renforce la campagne de vaccination, notamment en collaborant avec les communautés locales et en élargissant la capacité de déploiement des vaccins. Un moyen d’affronter une possible résurgence de la pandémie en Afrique de l’Ouest. Toutefois, le niveau de vaccinations (3,7% de la population en octobre 2021) reste modeste, « ce qui rend le pays vulnérable à des vagues potentielles de l’épidémie à l’avenir », prévient le FMI.

Le Bénin a la confiance des bailleurs de fonds. Il a bénéficié, en 2020, du programme triennal, au titre de la FEC (Facilité élargie de crédit), environ 255 millions de dollars, dont 103 millions $ au début de la crise Covid-19. Voici un an, le FMI a approuvé un financement d’urgence de 178 millions $, tandis que le Bénin a bénéficié de l’allocation générale de droits de tirages spéciaux effectuée par le FMI (168 millions $, l’équivalent de 1% du PIB) en août 2021.

Surveiller l’inflation

Il est vrai que le coût de réponse à la crise sanitaire représente 4,5% du PIB, pour la période 2020-2022. Les efforts de lutte contre la pandémie, engagés très tôt, n’ont pas empêché, au contraire, la poursuite de l’investissement public, tandis qu’un « cordon sanitaire » autour des villes les plus exposées à la pandémie a permis une croissance de 3,8% en 2020, l’un des plus élevés pour les pays en développement.

« Une reprise économique robuste est en cours, malgré les revers causés par les phénomènes météorologiques dans le secteur agricole », souligne l’économiste Constant Lonkeng Ngouana, chef de mission du FMI. Entre autres éléments, cette reprise est tirée par la normalisation du trafic des marchandises au port de Cotonou, qui demeure l’un des moteurs de l’économie béninoise.

Une ombre au tableau : si l’inflation a légèrement reculé (-0,1 point à +1,4% en octobre 2021) il faut surveiller la situation des denrées alimentaires, dont les prix ont bondi de 8% en un an, sous l’effet aussi bien de facteurs mondiaux que de phénomènes météorologiques internes défavorables.

Sur le plan institutionnel, la Cour des comptes est désormais opérationnelle ; cette institution remplace la Chambre des comptes, qui œuvrait dans le giron de la Cour suprême. La réforme a entraîné un certain retard en matière de redevabilité des comptes, auprès des organismes internationaux comme le FMI.

Ce dernier se félicite désormais de la publication en ligne des documents relatifs à la passation des marchés publics et des contrats liés aux grands projets, mis en chantier dans le cadre du plan de riposte à la Covid-19. Le gouvernement a promis d’accélérer le travail de l’audit indépendant sur ces dépenses, également retardé en raison de la transition institutionnelle.

Rien ne s’oppose, aux yeux des experts du FMI, à ce que le Bénin prépare, avec l’appui de l’institution de Washington, un éventuel programme économique. Les travaux en ce sens devraient commencer dès les premières semaines de 2022.

Il s’agit pour le pays de prolonger le Programme d’action du gouvernement, entamé en 2016. Le « PAG » a placé la croissance à 5,6% l’an, en moyenne, jusqu’en 2019. Le tout accompagné d’une réduction du déficit budgétaire, ramené à 0,5% du PIB avant la crise sanitaire, et à une dette maîtrise de la dette, de l’ordre de 40%-45% du PIB depuis 2018.

À ce propos, le gouvernement béninois se paiera le luxe, ce 29 novembre, de rembourser par anticipation deux emprunts obligataires, d’échéances 2025 et 2027, pour 233,6 milliards de F.CFA (356,1 millions d’euros)…

@VCV

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Par Véronique Clara-Véronne

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