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Banque mondiale : Notre réponse est très rapide, assure David Malpass

Le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, salue le moratoire des pays du G20 vis-à-vis des pays les plus endettés. La Banque mondiale réunit ce vendredi 16 avril son Comité de développement, qui devrait annoncer une batterie d’aides concrètes.

Par Laurent Soucaille

David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, interrogé par France 24, a considéré, jeudi 16 avril : « La récession est grave, nous le voyons déjà dans les chiffres communiqués par les pays développés et par les premières indications des pays en développement, nous faisons face à la pire crise depuis celle des années 1930.

David Malpass observe que « les pays développés souhaitent vraiment aider les pays en développement », l’argent est investi dans les infrastructures. Elles sont nécessaires : nous voyons que les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont à disposition les équipements pour faire face à la situation.

Dans les pays en développement, la situation est problématique, certaines entreprises privées vont mettre la clef sous la porte et les États auront de plus de mal à payer leurs fonctionnaires ».

La santé, l’éducation et l’alimentation sont les priorités de la Banque mondiale. « Nous souhaitons aider d’ici à la fin du mois d’avril, notre réponse est très rapide » face à la pression exercée par ces besoins vitaux des populations, notamment des enfants. La Banque mondiale a déjà engagé des programme dans une centaine de pays.  

La décision du G20 de suspendre la dette de nombreux pays pauvres est « extrêmement importante », les pays endettés auraient dû payer d’énormes capitaux aux pays développés et à la Chine, jusqu’à 20 milliards de dollars par an.

Ce type de flux dégagé pourrait se poursuivre. « Il faudra en faire davantage », considère David Malpass. La sortie de capitaux en direction des pays en développement a été très importante mais il faut un changement de dynamique pour attirer de nouveaux capitaux face aux pertes actuelles.

Un gel de la dette est utile, car il a un effet immédiat, puisqu’il prend effet à l’échéance du 1er mai. « Pour de nombreux pays, voire pour plusieurs dizaines d’entre eux, le moratoire devrait se poursuivre et se transformer en programme d’annulation de la dette. »

Certains pays étaient déjà trop endettés avant la pandémie. Bien souvent, les populations ne voient pas leurs besoins satisfaits, à cause des contraintes d’endettement. Il faudra engager un processus de réflexion sur ce mécanisme d’endettement de certains pays. « Certaines opérations engagent deux gouvernements, les populations n’en voient pas la couleur ! »

Pour le moment, il n’est pas question d’annulation de la dette, mais le monde doit faire face à cette situation au fur et à mesure que la crise évolue.

Notre priorité est de fournir un maximum de capitaux : David Malpass confirme le chiffre de 50 milliards de dollars aux pays par l’IDA (Association internationale de développement), qui s’adresse aux pays les plus pauvres, notamment en Afrique. Au fur et à mesure, il faudra passer à la vitesse supérieure.

Quel est le point de départ de l’allégement ? Les créanciers bilatéraux, c’est-à-dire des États qui peuvent emprunter sur les marchés et qui ont les moyens de maîtriser leurs propres dépenses (Europe, États-Unis, Japon, etc.) se sont très vite mobilisés.

Si les autres prêteurs (institutions internationales comme la Banque mondiale, le FMI, les banques de développement, etc.) semblent temporiser, c’est qu’ils ont des actionnaires, des conventions bancaires et qu’ils doivent rendre des comptes.

Si les prêts ne sont pas remboursés, quelle est leur raison d’être ? Il faudra pourtant que le moratoire décidé par le G20 démarre effectivement dès le premier mai. Plusieurs pays (France, Chine…) soutiennent les initiatives de la BM et du FMI.

La Banque mondiale avait facilité, il y a trois ans, la création d’un fonds fiduciaire privé alimenté par des « obligations pandémie », à hauteur de 300 millions $.

L’Allemagne et le Japon, notamment ont placé dans ce fonds et les obligations auraient dû être débloquées, en cas de pandémie, mais cela n’a pas été le cas, ce qui est décevant.

La Banque mondiale avait facilité, il y a trois ans, la création d’un fonds fiduciaire privé alimenté par des « obligations pandémie », à hauteur de 300 millions $.

Visiblement, ce concept du secteur privé qui alimente un fonds fiduciaire en direction des États et sous conditions, n’est pas forcément la meilleure façon d’avancer, nous souhaiterions apporter directement nos aides aux États. Nous n’avons pas besoin de l’ingénierie financière apportée pour créer ce type de produit financier.

Parmi les enseignements à tirer de la crise actuelle, nous savons qu’il est possible d’agir directement quand on a des objectifs précis. « Une centaine de pays ont déjà identifié leurs besoins face à la crise sanitaire, il a été possible de réagir face à ces besoins, c’est bien ! »

De plus, David Malpass observe que « les pays développés souhaitent vraiment aider les pays en développement », l’argent est investi dans les infrastructures. Elles sont nécessaires : nous voyons que les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont à disposition les équipements pour faire face à la situation.

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