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Tunisie : L’année de tous les défis pour les banques

Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration (6,5% des prêts aux professionnels à fin 2019), du commerce (22,5%), des transports et communications (6,3%) et de l’immobilier (11%) seront les plus touchés par le coronavirus.

De l’avis de certains banquiers, ce changement comptable ne devrait pas être sans conséquences sur l’activité de distribution de crédit, dans la mesure où les banques pourraient se montrer davantage sélectives et plus regardantes, notamment pour les dossiers les moins bien notés.

Selon les chiffres de 2019, ces secteurs affichent déjà les taux de créances litigeuses les plus élevés. La crise touchera également les industries exportatrices à cause de la récession attendue en Europe (-8.7%) principal partenaire économique de la Tunisie.

« Les banques tunisiennes les plus engagées dans ces secteurs économiques fortement touchés devraient subir les effets de la crise plus que celles qui sont plus exposées sur le segment des particuliers », commentent les experts de MAC SA.

De son côté, le gouvernement a augmenté la retenue à la source de 20% à 35% sur les placements à terme. Cette décision va impacter les ressources des banques et notamment leurs ressources stables. Ainsi, cette mesure destinée à stimuler l’investissement productif, serait-elle défavorable aux banques puisqu’elle approfondirait la crise de liquidité et pousserait les banques à rechercher d’autres ressources stables (emprunts obligataires, emprunts subordonnés, emprunts extérieurs, la pension livrée, etc.).

Enfin, un autre défi se présente devant les banques tunisiennes, c’est l’adoption des normes IFRS en 2021. Ce changement comptable fondamental est susceptible d’affecter plus particulièrement les banques en raison de la nature de leurs activités de gestion et de transformation des risques.

Il ne s’agit pas d’un simple ajustement comptable mais implique de réels enjeux tant sur le plan financier qu’organisationnel et les systèmes d’information. Le volet dépréciation est celui qui sera indéniablement le plus impactant.

Vers une « méthode douce » ?

Ce passage aux normes internationales touchera sensiblement la rentabilité des banques ainsi que leur exigence en capital, sans parler des impacts sur les systèmes d’information, le reporting, la gouvernance des risques, etc.

Au Maroc, le passage à la norme IFRS 9, en 2018, a induit une augmentation de 32% des provisions et une baisse de 9% des fonds propres pour les banques cotées. Pour ne pas trop mettre les banques sous pression, la BCT pourrait opter pour la méthode douce à l’instar de sa consœur Bank Al-Maghrib et aussi les régulateurs européens.

Pour les banques filiales de banques étrangères (UIB, UBCI, Attijaribank, etc.), l’exercice du passage aux normes IFRS est moins ardu que pour les autres banques puisqu’elles effectuent déjà, pour les besoins de la consolidation avec leurs mères, le reporting des états financiers en normes IFRS.

De l’avis de certains banquiers, ce changement comptable ne devrait pas être sans conséquences sur l’activité de distribution de crédit, dans la mesure où les banques pourraient se montrer davantage sélectives et plus regardantes, notamment pour les dossiers les moins bien notés.

ML

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