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Akinwumi Adesina : « L’avenir de l’Afrique est radieux »

Akinwumi Adesina : « L’avenir de l’Afrique est radieux »
  • Publiéjuillet 21, 2022

Une nouvelle fois, le président de la Banque africaine de développement a plaidé en faveur des investissements en Afrique. Il a vanté le bilan et les perspectives du fonds Africa50, à l’occasion de l’assemblée générale de ses actionnaires, réunis à Marrakech.

 

Par Aude Darc

« Nous investissons en Afrique parce que nous croyons en l’Afrique, et parce que nos populations méritent de vivre mieux. Avec ses vastes ressources naturelles et humaines, l’Afrique regorge d’opportunités d’investissement, avec des rendements énormes. L’avenir de l’Afrique est radieux. » Ce discours volontariste a été prononcé par Akinwumi Adesina. Le président du groupe de la BAD (Banque africaine de développement) s’exprimait en tant que président du Conseil d’administration d’Africa50, qui tenait cette semaine son assemblée annuelle à Marrakech.

Parmi les projets phares d’Africa50, figure l’usine de production d’électricité Malicounda, ainsi que le générateur Tobene Poer, au Sénégal, l’usine hydro-électrique Nachtigal, au Cameroun, une usine du même type à Madagascar, Volobe. Ainsi que l’extension de l’aéroport international de Conakry (Guinée), et le grand programme panafricain de de centre de données, PAIX.

Le président Adesina a d’ailleurs insisté sur le rôle crucial de ce fonds pour combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique. En six ans d’existence, Africa50 avait injecté 5 milliards de dollars dans seize investissements orientés vers le secteur privé.

« Je suis fier d’Africa50, a-t-il lancé. Cette institution de premier plan repousse les frontières du développement des infrastructures en Afrique, préparant les projets, les portant jusqu’à la viabilité commerciale et les finançant. »

Avis bien sûr partagé par le directeur général Alain Ebobissé : « Africa50 est un catalyseur et joue un rôle essentiel. L’investissement privé est capital pour atteindre notre objectif de doter les pays africains d’infrastructures durables. » Africa50 qui, a-t-on appris à cette occasion, s’enrichit de la présence d’un nouvel actionnaire, en l’occurrence le Cap-Vert.

Soulignant que la pandémie de la Covid-19 avait révélé la vulnérabilité de l’Afrique, Nadia Fettah Alaoui, ministre marocaine de l’Économie et des finances, a indiqué que le Maroc entend jouer un rôle dans la reprise. « La vision du Maroc est de construire un avenir meilleur. Il ne saurait y avoir de monde prospère sans une Afrique prospère. Ensemble, nous sommes plus forts et nous pouvons aller plus loin avec des fonds tels qu’Africa50 comme catalyseur de l’intégration financière. »

 

Attirer les investissements

La BAD, Africa50 et le Forum africain des investisseurs souverains (présidé par le fonds d’investissement stratégique marocain Ithmar Capital) ont signé un protocole d’accord pour collaborer au développement de projets d’infrastructures verts et résilients au changement climatique dans toute l’Afrique. Ce partenariat entend mobiliser des financements importants auprès d’investisseurs institutionnels africains en faveur de projets d’infrastructures durables.

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Selon Akinwumi Adesina, la croissance et le développement de l’Afrique dépendent de sa capacité à attirer des investissements massifs vers les infrastructures dans l’énergie, les transports, les TIC, les soins de santé, l’eau et l’assainissement. Des secteurs dans lesquels la BAD a déjà investi plus de 44 milliards $.

Toutefois, beaucoup reste à faire : « Nous devons exploiter toutes les sources de financement possibles », a déclaré le président Adesina. Telle est la vocation d’Africa50 qui réunit les investisseurs du secteur privé, les institutions de financement du développement et les développeurs d’infrastructures. « Son guichet de financement de projets fournit des financements à long terme, tandis que son guichet de développement de projets ajoute de la valeur en générant une réserve de projets viables. »

 

L’engagement des Américains

Par exemple, Africa50 est partie prenante dans le chantier du pont Kinshasa-Brazzaville et le projet d’infrastructure numérique Kigali Innovation City, qui générera plus de 50 000 emplois. Africa50 soutient la transition verte de l’Afrique vers une électricité renouvelable plus propre issue des énergies solaire, thermique et hydroélectrique, dans le cadre de l’Alliance pour des infrastructures vertes en Afrique.

D’autre part, Akinwumi Adesina et Alain Ebobissé ont présenté le principe du recyclage des actifs comme solution de mobilisation des ressources. Et d’expliquer que cette méthode aiderait les gouvernements africains à développer leurs programmes d’infrastructures respectifs – routes à péage, centrales électriques, aéroports et réseaux de fibre optique, notamment.

Centrale électrique de Malincouda (Sénégal), en voie d'achèvement.

Centrale électrique de Malincouda (Sénégal), en voie d’achèvement (source : Africa50).

 

À noter que l’assemblée générale des actionnaires d’Africa50 précède un Sommet des affaires Etats-Unis-Afrique de quatre jours au Maroc. Présente à Marrakech, la présidente de l’US Corporate Council on Africa, Florizelle Liser, a souligné l’importance de l’engagement des investisseurs américains sur le continent africain. « Les investisseurs internationaux pèsent 100 mille milliards $, or, 45 % de ce total provient des investisseurs américains », a-t-elle estimé. Bien sûr, ces investisseurs peuvent se montrer hésitants à l’idée d’investir en Afrique, « mais notre rôle est d’instaurer la confiance entre eux et les institutions africaines », a poursuivi Florizelle Liser. « C’est pourquoi nous les mettons en relation avec des banques et des institutions régionales telles que la BAD et Africa50. Je suis convaincue qu’ensemble, nous pouvons atteindre nos objectifs. »

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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