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African Business

Une initiative multilatérale pour l’agroécologie

Divers acteurs de la filière agricole, publics et privés, ont signé une charte en faveur de l’agroécologie en Afrique, particulièrement au Sahel. Ils constatent que la crise sanitaire a changé la vision de l’agriculture sur le continent.

Par Aude Darc

Plusieurs initiatives et annonces sont à attendre du One Planet Summit. En marge de cet événement piloté par l’Élysée, une centaine d’acteurs européens et africains ont signé une charte d’engagement en faveur des filières agropastorales sur le continent, notamment au Sahel.

Cette initiative, baptisée International Agroecological Movement (IAM Africa) veut « redimensionner et sanctuariser » la coopération agricole entre l’Europe et l’Afrique, tout en veillant à la protection de la biodiversité.

Elle réunit divers acteurs privés et publics, qui s’engagent autour de la sanctuarisation de la biodiversité et pour le développement de filières agricoles durables.

« L’objectif des signataires est de ​participer à la promotion d’une stratégie combinant développement social, environnemental et économique au service de la prospérité́ mais aussi de la préservation de la biodiversité́ et plus généralement de la stabilité́ du continent. »

Ce sont pour la plupart des entreprises, des organisations patronales et des institutions africaines et européennes des secteurs de l’agriculture et de l’élevage. L’initiative multilatérale a été officialisée le 11 janvier 2021 en présence du président français, Emmanuel Macron, du président de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazaouani, et du prince de Galles.

La récente crise sanitaire a révélé ces derniers temps les capacités de résilience de l’agriculture africaine, observent les promoteurs de cette initiative. Qui constatent la fermeture des frontières, la baisse du pouvoir d’achat dans les zones urbaines, les fortes perturbations sur le marché international des matières premières, en raison de la crise sanitaire.

Et ce, en considération de la disponibilité de la main-d’œuvre agricole généralement non affectée par le virus et très peu impactée par les restrictions de circulation. Dans ce contexte, la forte demande de produits alimentaires des villes constitue « une formidable incitation à l’augmentation et à l’écoulement des productions locales ».

Dans ces conditions l’agriculture devrait compter, plus que jamais, parmi les principaux leviers de développement du continent. Ainsi, la modernisation de ce secteur, notamment par l’agroécologie, l’agriculture numérique et le social business, doit-elle redevenir une priorité.

Les partenaires se déclarent « conscients que l’Afrique représente un levier de croissance exceptionnel ». Ils entendent prospecter et développer conjointement des chaînes de valeurs répondant précisément aux enjeux africains.

Au cœur de la Grande muraille verte

Une part importante de ces activités incombera aux acteurs locaux, favorisant ainsi les transferts de technologies, l’appropriation des savoir-faire nécessaires à une implantation durable des filières de production agricole et d’élevage.

« L’objectif est de ​participer à la promotion d’une stratégie combinant développement social, environnemental et économique au service de la prospérité́ mais aussi de la préservation de la biodiversité́ et plus généralement de la stabilité́ du continent », précise Karim Ait Talb. Lequel est cofondateur de l’initiative et directeur général adjoint du groupe Advens-Géocoton. 

Les partenaires signataires de cette coalition s’engagent spécifiquement à participer à la réalisation des objectifs 2030 de la Grande muraille verte. La bande sahélienne est identifiée comme l’un des centres mondiaux du changement climatique.

Dans cette région, il est essentiel d’apporter des réponses aux tensions sur les ressources naturelles pour répondre aux objectifs de développement durable et préserver la biodiversité.

La structuration de chaînes de valeurs agro-élevage encourageant le déploiement des pratiques agro-écologiques. La création d’emplois dignes et durables constituera une réponse importante pour l’adaptation des populations de la région et l’atténuation des effets du changement climatique, notamment en matière de flux migratoires et défis sécuritaires.

De son côté, le CPA (Conseil présidentiel pour l’Afrique), structure qui conseille l’Élysée dans sa politique africaine, « est mobilisé depuis 2018 pour la structuration des chaînes de valeurs agricoles du Sahel », commente Wilfrid Lauriano Do Rego, son coordonnateur.

« Le CPA a réalisé plusieurs missions pour aller à la rencontre des acteurs de terrain afin de travailler sur des solutions concrètes qui ont un impact sur la nutrition, la création d’emplois décents, l’inclusion des populations vulnérables. »

Dans ce contexte, « IAM Africa est une nouvelle voie où s’engagent les entreprises françaises, africaines et internationales prêtes à investir dans des filières agro-écologiques d’avenir » poursuit Wilfrid Lauriano Do Rego. Lequel invite toutes les entreprises qui partagent ces valeurs à signer la charte disponible sur le site internet du CPA.

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