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African Business

L’avenir de l’agriculture passe aussi par les petits paysans

Les start-up innovantes développent des applications intéressantes en direction des petits agriculteurs, elles doivent être encouragées.

Andrew Kwasari est conseiller au ministère de l’Agriculture au Nigeria. Il considère que résumer la situation par le seul chiffre de 80% de « petites exploitations » réduit l’analyse. Les gouvernements peuvent faire davantage pour les paysans ; pour cela, ils doivent davantage collecter les données.

Chaque décideur doit connaître avec précision l’étendue des difficultés, les superficies, les besoins et les capacités, etc. afin de prendre les meilleures décisions. Le ministre considère que l’environnement commercial n’est pas assez favorable au fermier africain.

Les politiques menées doivent partir de cette évidence ! À l’inverse, poursuit-il, les gouvernements ne doivent pas s’immiscer dans ce qui relève de la politique de marché (intrants, vente des produits, etc.). « Les États ont un rôle de facilitateur, par une politique claire et concrète qui repose sur des données connues », résume-t-il.

En matière technologique, les petits fermiers sont certes dispersés mais ils peuvent être organisés. L’agribusiness devient Hi-tech, ce qui rend encore plus essentiel la question des données.

La technologie permet d’agréger les informations et d’apporter cette information essentielle aux fermiers (prix des intrants, des produits, par ex). « La population africaine est jeune et friande de technologie, il faut profiter de cet atout pour les attirer aussi vers une agriculture plus moderne. »

Sortir de l’agriculture de subsistance

Interrogé sur l’importance des importations, y compris de produits essentiels, le ministre ivoirien, Gaoussou Touré, reconnaît que plus de 6 millions de tonnes de riz par an sont importées par an en Afrique de l’Ouest. « En soi, cela ne change pas la logique des raisonnements : l’agriculture est une affaire, un marché. »

Bien soutenue, l’agriculture africaine a les moyens de faire face à la concurrence. Dans les dix prochaines années, « des progrès considérables seront enregistrés en Afrique, tandis que d’autres régions du monde auront davantage de difficultés, en raison des contraintes de terres ».

Certes, mais comment développer encore l’agriculture si celle-ci est toujours de subsistance ?

Andrew Kwasari reconnaît qu’un préalable au développement est la vérification stricte que dans chaque cas, le fermier peut s’élever en direction d’une agriculture de business. Pour cela, il lui faut améliorer sa productivité. Ainsi, ses revenus progresseront et il pourra étendre son activité vers une agriculture rentable, de marché.

Concernant la question des gains de productivité, Lahcen Ennahli pointe l’enjeu et la difficulté de mécaniser l’activité, en Afrique. Au-delà de la taille trop faible des exploitations et le manque d’organisation, se pose la question de l’accès au financement.

La nature du risque propre à l’agriculture n’aide pas à trouver les prêts adéquats. Mais rien n’est impossible : au Ghana, 4 000 femmes ont bénéficié d’accès à la mécanisation, grâce au recours d’une start-up.

Celle-ci ne réalise pas de miracles, elle ne fait que mettre en relation ces femmes et les grands agriculteurs ou coopératives qui ont des tracteurs ! Certains possesseurs d’outils trouvent également du travail, grâce à cette mise en liaison des besoins et des ressources. « Voilà une initiative très utile et qui ne coûte pas cher ! »

Le ministre Gaoussou Touré salue cette initiative. Pour autant, il tient à préciser, en guise de conclusion, que le développement de l’agriculture est avant tout une question de méthodes. « La sécurité alimentaire ne sera plus un souci, en Afrique, avec une bonne organisation. L’argent viendra de lui-même, si nous avons une bonne vision et une bonne perspective. »

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