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African Business

L’agroécologie, une autre vision de l’agriculture

Pour expliquer la démarche de l’AFSA et de ses soutiens, les intervenants ont insisté sur le rôle des semences. En Afrique, comme partout ailleurs dans le monde, les agriculteurs plantent, conservent et échangent des semences depuis des générations. En les adaptant à leur environnement, ils permettent à l’Afrique de disposer d’importantes cultures vivrières nutritives. En Afrique, l’agriculture, souvent assumée par des femmes, couvre 80% des besoins alimentaires.

Pourtant, les agriculteurs doivent faire face aux exigences des quatre géants de l’agrochimie, qui contrôlent le marché des semences. Les gouvernements cèdent trop facilement à leurs exigences, regrette l’AFSA. Et les agriculteurs sont contraints d’acheter chaque année des semences hybrides.

L’agriculture africaine a besoin, clament les militants associatifs, de décideurs sensibles à sa cause pour inverser les politiques semencières et aider les petits agriculteurs. Il faut également une recherche moderne, qui associe tous les acteurs. Tandis que les consommateurs doivent être mieux informés.

Progressivement, ils perdent leurs compétences dans la sélection des semences. Lesquelles perdent de leur originalité et de leur vigueur, quand l’uniformisation est la règle. La résilience aux aléas climatique s’affaiblit, a déploré une agricultrice, qui a cité les sécheresses au Maroc de 2020, à titre d’exemple.

Il faut donc, militent l’ensemble des participants à cette agroécologie, revenir aux traditions des cultures et traditions paysannes. Ce n’est pas retour en arrière, se défend Million Bellay, mais systèmes semenciers locaux sont au contraire un moyen de trouver la voie d’une agroécologie durable. Les semences paysannes s’adaptent mieux à des environnements changeants.

L’agriculture africaine a besoin, clament les militants associatifs, de décideurs sensibles à sa cause pour inverser les politiques semencières et aider les petits agriculteurs. Il faut également une recherche moderne, qui associe tous les acteurs. Les consommateurs doivent être mieux informés. Les agriculteurs doivent être mieux formés à une approche fondée sur la diversité, pas sur l’uniformisation.

Tonitruante, fut l’intervention de Susan Nakacwa, du collectif international GRAIN. Lequel porte un slogan sans nuance, depuis plusieurs années : « Les supermarchés, hors d’Afrique ! Les systèmes alimentaires du continent s’en sortent très bien sans eux. » Ce collectif estime, en effet, que les grands distributeurs pénalisent les petits producteurs, l’agriculture locale, au bénéfice des biens importés et standardisés. GRAIN tente d’alerter sur les dangers des grandes enseignes – qui ne sont pas la norme, il est vrai, dans la plupart des pays d’Afrique –, et sur les moyens qu’ont les agriculteurs pour s’en prémunir.

De son côté, Laila Lokosang, conseillère pour la sécurité alimentaire auprès de l’Union africaine, a rappelé à la fois d’urgence des enjeux, face à la crise sanitaire, et le travail de fond qui doit suivre. Dans de nombreux cas de dénutrition, on constate que les gens ne connaissent pas la qualité de leur nourriture, et sur ce point « nous devons être encore plus proactifs qu’auparavant ».

Selon les promoteurs de la réunion, l’agroécologie a été reconnue par les grands organismes internationaux (ONU, FAO…) comme étant une réponse à la malnutrition. Les méthodes agroécologiques seraient-elles supérieures aux autres en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle ? Telle est la conviction des tenants de l’agroécologie.

KA

 

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