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African Business

Génération Green, un modèle inspirant

Le plan marocain Génération Green, destiné à moderniser l’agriculture, reçoit un coup de pouce de la France. Un programme de financement et d’accompagnement permettra à 100 000 agri-entrepreneurs de créer leur entreprise ou leur coopérative de services.

Par Véronique Clara-Véronne 

Le Maroc met en œuvre le plan « Génération Green 2020-2030 » afin de se doter d’une agriculture moderne et rémunératrice. À horizon 2030, le secteur doit doubler sa part dans le PIB, à environ 24%, et exporter davantage de produits à forte valeur ajoutée. De 34,7 milliards de dirhams en 2018, les exportations agricoles pourraient atteindre 6 milliards (568 millions d’euros) en 2030. Le plan prévoit l’exploitation d’un million d’hectares de terres, mobilisant quelque 350 000 nouveaux emplois.

Marketing des produits du terroir, maintenance des exploitations et des équipements agricoles, services numériques, conseil en gestion : les gisements d’emploi sont là, expliquent les promoteurs du programme soutenu par l’AFD.

C’est bien l’émergence d’une nouvelle classe moyenne agricole que vise le Maroc, avec son lot de bénéfice en matière d’assurance, d’inclusion financière, de réduction des inégalités, etc. Aujourd’hui, les régions agricoles sont les plus pauvres du pays. Le plan voulu par le roi Mohammed VI privilégie les aides à l’entrepreneuriat agricole, qui devraient bénéficier à 180 000 jeunes agriculteurs.

En outre, Génération Green prévoit de connecter les agriculteurs marocains à diverses plateformes de services digitaux. Un savoir-faire qui, sans nul doute, fera école en Afrique ; de nombreux pays, comme le Maroc, ont besoin d’une agriculture répondant aux défis des changements climatiques.

Forte de cette vision partagée, l’AFD (Agence française de développement) apporte un nouveau soutien en cet été 2021, au plan Génération Green. Le Maroc et l’AFD ont signé deux conventions de financement pour un montant total de 150,6 millions d’euros en appui à la nouvelle stratégie agricole du pays. Ce programme accompagnera 100 000 agri-entrepreneurs.

« Le secteur agricole, à l’interface d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux, sera au Maroc un secteur clé de la relance de la croissance économique et de la résilience sociale des territoires ruraux », résume Mihoub Mezouaghi, directeur de l’AFD à Rabat. Qui souligne « des effets redistributifs de revenus élevés et du potentiel entrepreneurial notamment à l’aval des chaînes de valeur ». 

Renforcer aussi le capital humain

Le programme vise à rendre les territoires ruraux plus attractifs pour les jeunes générations et plus rémunérateurs pour les petits agriculteurs. D’une part, il finance la modernisation des infrastructures de transformation et de commercialisation à l’aval des filières de production (marchés de gros, abattoirs, souks ruraux). D’autre part, il permet le renforcement du capital humain.

S’il est mené avec succès, ce programme permettra aux jeunes et aux femmes des zones rurales de créer et faire croître leur propre entreprise ou coopérative de services dans les secteurs agricoles et para-agricoles. Marketing des produits du terroir, maintenance des exploitations et des équipements agricoles, services numériques, conseil en gestion : les gisements d’emploi sont là, expliquent ses promoteurs. « Il s’agira de développer les dispositifs de formation, d’apprentissage et de conseil au bénéfice des jeunes qui désirent créer et consolider leurs exploitations ou leurs entreprises dans le secteur », précise Maëlis Borghese, responsable des programmes agriculture de l’AFD, à Rabat.

Enfin, à travers le financement de projets de conversion des exploitations familiale vers l’agroécologie ou l’agriculture biologique, le programme participera à améliorer la gestion des ressources naturelles, les sols et l’eau. Quelque 12 000 producteurs bénéficieront d’appuis pour développer des pratiques agricoles climato-intelligentes et plus de 8 000 hectares seront convertis en agriculture biologique ou agroécologiques.

Encore faut-il que les territoires ruraux s’approprient la nouvelle stratégie agricole. C’est pour y parvenir que le programme se déploie à la fois à l’échelle nationale et dans trois grandes régions agricoles : l’Oriental, Fès Meknès, et le Souss Massa, sous la tutelle des services déconcentrés du ministère de l’Agriculture.

La Banque cofinance la composante nationale du programme à hauteur de 250 millions de dollars (211 millions d’euros) et l’Union européenne soutiendra les actions les plus innovantes et l’assistance technique dans trois régions, à travers une subvention déléguée à l’AFD de 20 millions d’euros.

« L’Agriculture irrigue historiquement notre coopération bilatérale », a conclu Hélène Le Gal, ambassadrice de France au Maroc, lors de la cérémonie de signature des conventions. « Je me félicite de ce nouveau financement de l’AFD qui contribuera à régénérer notre partenariat, en mettant au centre de ses finalités la stimulation de l’entreprenariat rural, la mobilisation des acteurs locaux et la préservation des équilibres écologiques. »

VCV

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